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TRAN QUANG HAI (review CD) : Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble

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Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble

Enregistrements (1995) d’Errol Mailbach et Christian Oestreicher, 1996
Trân Quang Hai
p. 345-346
Bibliographical referenceAfrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble.Enregistrements (1995) d’Errol Mailbach et Christian Oestreicher ; texte de présentation bilingue (français-anglais) de David Dargie ; photographies de Laurent Aubert, Isabelle Meister, Hélène Tobler et Blaise Kormann. 1 CD AIMP XLIV, VDE-879, 1996 (66’29’’).

Full text

1En 1984, j’ai été invité par l’Université de Cape Town en Afrique du Sud pour participer à un symposium international sur l’ethnomusicologie. J’y ai rencontré David Dargie pour la première fois. Il m’a fait écouter ses « découvertes » sur l’existence d’un style vocal avec des harmoniques chez les femmes xhosa. C’était un chant appelé umngqokolo ordinaire et un autre chant umngqokolo ngomqangi,interprétés et créés sans doute par NoWayilethi Mbizweni, la seule chanteuse xhosa qui maîtrisait parfaitement ce style vocal si singulier pouvant produire simultanément et distinctement le fondamental et les harmoniques.

  • 1  Voir notamment ses publications: « Some Recent Discoveries and Recordings in Xhosa Music », Papers (…)

2En 1995, le Ngqoko Women’s Ensemble est venu pour la deuxième fois (la première en 1986) en Europe avec un répertoire de chants très riche et de musique de danses très entraînante, et les Archives Internationales de Musique Populaire (AIMP), que dirige Laurent Aubert, ont profité de la présence de cet ensemble à Genève pour enregistrer les artistes xhosa. Le contenu de ce CD reflète merveilleusement la richesse musicale de l’ethnie Xhosa d’Afrique du Sud. Couvrant tous les aspects de la vie musicale du peuple xhosa, l’excellent texte de présentation a été rédigé par David Dargie, seule autorité de la musique des Xhosa depuis une trentaine d’années1.

3Dans ce CD, nous découvrons tout d’abord des chants avec harmoniquesumngqokolo ordinaire et umngqokolo ngomqangi inspirés par l’arc en boucheumrhubhe (plages 1 à 4). C’est une technique vocale singulière imitant l’arc en bouche umrhubhe frotté à l’aide d’une branche verte. Les deux fondamentaux (entre 110 Hz et 120 Hz) séparés d’un ton entier donnent deux séries d’harmoniques (entre harmonique 3 et harmonique 6, ne dépassant pas 1000 Hz). Comme la langue est en position de repos, la chanteuse module le dessin mélodique harmonique à l’aide de la variation de la cavité buccale, d’une façon proche du style kargiraa des Tuvins. L’emploi des syllabes weu, wou et wô détermine la hauteur de l’harmonique. Il paraît que les enfants xhosa s’amusent avec les coléoptères en faisant battre leurs ailes devant la bouche modulée pour faire sortir une mélodie harmonique. Madame Nowayilethi Mbizweni a pu transmettre cette technique vocale umngqokolo à d’autres chanteuses : No Samitingi Ntese, No Thembisile Ndlokoso et NoFirsti Lungisa.

4Dans le village de Ngqoko, les danses umtshotsho (plages 5 à 7) se pratiquent entre garçons et filles au cours des premières fêtes de danse traditionnelles du cycle de la vie. Pour les fêtes de la bière de sorgho les femmes dansent en battant les mains et marquent le rythme avec les pieds au son de l’arc en bouche uhadi (plage 8). Les danses sont à l’honneur dans toutes les festivités : chansons pour la danse des jeunes gens –Intlombe Yabafana – (plages 9 à 11), chants de groupe sur l’accompagnement de l’arc en bouche frotté umrhubhe (plages 13 à 15), chants de divination accompagnés par un tambour igubu et un tambour à friction usidiphu (plages 16 à 18), chants accompagnés par l’arc en boucheuhadi (plages 19 à 22), chants pour la danse umnqungqo pendant les rites initiatiques (plages 23 à 26). Un seul solo de l’arc en bouche frottéumrhubhe (plage 12) nous dévoile toute la richesse harmonique de l’instrument sans la présence des voix.

5Ce disque compact constitue le premier document sonore relatif aux Xhosa publié hors d’Afrique du Sud ; il nous révèle un art vocal, une polyphonie vocale et une polyrythmie d’une qualité exceptionnelle.

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Notes

1  Voir notamment ses publications: « Some Recent Discoveries and Recordings in Xhosa Music », Papers Presented at the Fifth Symposium 1984: 29-35, Grahamstown, International Library of African Music, Afrique du Sud, 1985; et:Xhosa Music: its Techniques and Instruments with a Collection of Songs, 235 pages, (ed.) David Philip Publisher Ltd, Claremont 7700, Afrique du Sud, 1988.

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References

Bibliographical reference

Trân Quang Hai, « Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble », Cahiers d’ethnomusicologie, 9 | 1996, 345-346.

Electronic reference

Trân Quang Hai, « Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble », Cahiers d’ethnomusicologie [Online], 9 | 1996, Online since 05 January 2012, connection on 29 December 2013. URL : http://ethnomusicologie.revues.org/1295

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TRAN QUANG HAI : Chant diphonique

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Chant diphonique

Le chant diphonique est une technique vocale permettant à une personne de produire un timbre vocal caractérisé par deux notes de fréquences différentes. Il s’agit donc de faire du chant polyphonique (à plusieurs voix) au moyen d’un seul organe vocal combinant d’une part divers types de voix (de gorge, de tête, etc.) et d’autre part divers positionnements de la langue ou des lèvres. La seconde voix, ou harmonique, est dans un rapport exact de fréquences avec celle de la voix de base, H1, bourdon ou encore fondamental. Elle peut être égale à deux fois la fréquence du bourdon (H2), trois fois (H3), quatre (H4), etc.

Bien que la plupart des techniques d’émissions diphoniques soient fondées sur un agencement ou un usage particulier des cavités bucco-nasales, on distingue aussi le chant de gorge ou encore chant harmonique permettant également de produire plusieurs sons à la fois : un bourdon grave est produit avec la gorge tandis que des harmoniques aiguës sont produites simultanément par résonance.

Ce type de chant est pratiqué depuis longtemps dans diverses musiques traditionnelles du monde, plus particulièrement en Haute-Asie (chez lesMongolsTouvainsKhakassesBachkirsAltaïensTibétains notamment), et de manière plus discrète parmi les Sardes d’Italie, les Rajasthanis d’Indeet les Xhosa d’Afrique du Sud.

Variétés du chant diphonique[modifier | modifier le code]

En Asie, chez les Touvains, il existe quatre techniques principales avec bourdon du plus grave au plus aigu selon les styles kargyraaborbannadyr,ezengileer et sygyt :

  • Dans le style kargyraa le fondamental a un timbre spécial (cor de chasse) avec une fréquence variant entre 55 Hz (la 0) et 65 Hz (do 1) ; les harmoniques se promènent entre H6, H7, H8, H9, H10 et H12. Chaque harmonique correspond à une voyelle déterminée.
  • Le fondamental dans le style borbannadyr (autour de 110 Hz) reste fixe, et a un timbre plus doux que celui du kargyraa. Le chanteur peut produire deux formants harmoniques au-dessus du fondamental. La parenté technique entre kargyraa et borbannadyr permet au chanteur d’alterner les deux styles dans la même pièce musicale.
  • Le style sygyt possède un fondamental plus aigu (entre 165 Hz-mi2 et 220 Hz-la 2) selon les chanteurs. La mélodie harmonique utilise les harmoniques H9, H10 et H12 (maximum jusqu’à 2 640 Hz).
  • Le style ezengileer est une variante de sygyt, caractérisé par un rythme dynamique particulier, venant de l’appui périodique des pieds du cavalier sur les étriers.

Les types de chant diphonique des Touvains sont fondés sur les mêmes principes d’émission sonore que ceux de la guimbarde. La mélodie est créée par les harmoniques d’un fondamental, engendrés par le résonateur d’Helmholtz que constitue la cavité buccale humaine dont on modifie les dimensions. Pour la guimbarde, c’est la lame vibrante qui attaque le résonateur. Pour le chant diphonique, ce sont les cordes vocales qui seront ajustées sur des hauteurs différentes, ce qui crée plusieurs fondamentaux, donc plusieurs séries d’harmoniques.

D’autres techniques secondaires ou moins connues ont été “retrouvées”, à savoir sigit moyenkargiraa de steppe ou kargyraa de montagnestil oidupa(inspiré du kargyraa et appelé d’après le nom du créateur, est considéré comme le premier style urbain).

Chez les Mongols, il existe 6 techniques différentes de chant diphonique ou xöömi : xamryn xöömi (xöömi nasal), bagalzuuryn xöömi (xöömi pharyngé), tseedznii xöömi (xöömi thoracique), kevliin xöömi (xöömi abdominal), xarkiraa xöömi (xöömi narratif avec un fondamental très grave) etisgerex (la voix de flûte dentale). Les chanteurs D. Sundui et Tserendavaa sont reconnus.

Chez les Khakasses est utilisé le style xaj. Avant la domination russe, les Khakashs avaient des styles de chant diphonique proches de ceux pratiqués par les Touvains, à savoir sygyrtyp (comme le sygyt), kuveder ou kylenge (comme le ezengileer) et kargirar (comme le kargyraa).

Chez les Altaïens on trouve un style semblable kaj pour accompagner les chants épiques en plus des styles kiomioikarkira et sibiski(respectivement ezengileerkargyraasygyt).

Chez les Bachkirs il y a le style uzlau proche du ezengileer.

Chez les Tibétains des monastères Gyuto et Gyüme, le chant des tantras et des mantras use du chant de gorge. Leur tradition remonte à un groupe de maîtres indiens, le plus connu étant le yogin Padmasambhava, qui visitèrent le Tibet au viiie siècle et, plus récemment, au fondateur de l’un des quatre courants du bouddhisme tibétain, Tsongkhapa (1357-1419) qui aurait introduit le chant diphonique et le style de méditation. Il tenait, dit on, ce type de chant de sa divinité protectrice, Maha Bhairava qui, bien qu’étant une incarnation du Bodhisattva de la compassion (Avalokiteśvara) possédait un esprit terrifiant. Le visage central de Maha Bhairava est celui d’un buffle en colère. Aujourd’hui encore, les maîtres de cette école aiment comparer leur chant au beuglement d’un taureau.

Il existe plusieurs manières de réciter les prières  : la récitation dans un registre grave avec vitesse modérée ou rapide sur des textes sacrés, les chants avec trois styles (ta chanté avec des mots clairement prononcés sur une échelle pentatonique ; gur avec un tempo lent utilisé dans les cérémonies principales et au cours des processions ; yang avec une voix extrêmement grave sur des voyelles produisant l’effet harmonique pour communiquer avec les Dieux). Les moines tibétains du monastère Gyüto sortent un bourdon extrêmement grave et un harmonique H10 correspondant à la tierce majeure au-dessus de la 3e octave du bourdon, tandis que les moines du monastère Gyüme produisent un bourdon grave et un harmonique 12 équivalant la quinte au-dessus de la 3e octave du bourdon. On dit que le chant des moines Gyutö correspond à l’élément Feu et celui des moines Gyüme exprime l’élément Eau. Ces moines obtiennent cet effet harmonique en chantant la voyelle O avec la bouche allongée et les lèvres arrondies.

Chez les Inuits on trouve le chant de gorge inuit.

À Formose (Taïwan), les Bunun, une des minorités ethniques, chantent les voyelles dans une voix très tendue et font sortir quelques harmoniques dans un chant à l’occasion de la récolte des millets (pasi but but).

En Inde, un Rajasthanais, enregistré en 1967, est arrivé à utiliser la technique du chant diphonique proche du style sygyt pour imiter la guimbarde et la flûte double satârâ. Cet enregistrement unique représente la seule trace de l’existence du phénomène du chant diphonique au Rajasthan.

En Afrique du Sud, les Xhosa pratiquent le chant diphonique (découvert en 1983), surtout les femmes. Cette technique s’appelle umngqokolo ngomqangi imitant l’arc musical umrhube. Ngomqangi est le nom d’un coléoptère. Selon une chanteuse, cette technique à double voix simultanée est inspirée du bruit du coléoptère placé devant la bouche utilisé comme bourdon en modulant la cavité buccale pour varier les harmoniques produits.

Il faut faire la distinction entre le chant diphonique (chant créant une mélodie d’harmoniques) et le chant à résonance harmonique (chant accompagné par moments par des effets harmoniques).

Dans certains types de chants où l’émission des voyelles est très résonantielle, ce qui permet aux chanteurs de créer un deuxième formant non intentionnel (le chant bouddhique japonais shōmyō, certains chants polyphoniques d’Europe de l’Est), ou intentionnel (le phénomène quintina – la 5evoix virtuelle, résultant de la fusion des 4 voix produites ensemble – des chants sacrés sardes).

En Italie, en Sardaigne, dans la région de la Barbagia, il existe deux styles de chant polyphonique. Le cuncordu est une forme de musique sacrée et emploie des voix normales. En revanche, le a tenore est une musique profane qui a des caractéristiques de chant diphonique. Le canto a tenore est pratiqué par un groupe de quatre chanteurs dont chacun a un rôle distinct.

Aspect acoustique[modifier | modifier le code]

Plusieurs techniques de chant diphonique existent, telles le kargyraa, qui consiste à faire vibrer certains tissus présents au-dessus des cordes vocales, produisant une note grave — une octave en dessous de la note chantée — évoquant certains chants sacrés tibétains ; la technique de gorge est appelée sygyt, etc

Cette voix se caractérise par l’émission conjointe de deux sons, l’un dit “son fondamental” ou bourdon, qui est tenu à la même hauteur tout le temps d’une expiration, pendant que l’autre, plus aigu, dit “son harmonique” (qui est l’un des harmoniques naturels du son fondamental constituée d’un formant qui se déplace dans le spectre pour donner une certaine mélodie) varie au gré du chanteur. Ce son harmonique a un timbre proche à celui de la flûte (voix flûtée) ou à celui de la guimbarde (voix guimbarde).

La mise en évidence du bourdon est relativement facile, grâce aux sonagrammes. Le chant classique se caractérise par un doublement de l’écartement des raies harmoniques lorsque le chant passe à l’octave. Le chant diphonique présente un écartement égal des raies (ceci est prévisible puisque le bourdon demeure constant) pendant le passage d’une octave où l’on voit le déplacement du formant. En effet, on peut mesurer avec facilité la distance entre les raies pour chaque son émis ; dans ce cas, la perception de la mélodie du chant diphonique se fait par le biais du déplacement du formant dans le spectre sonore. Ceci n’est vraiment possible que si le formant se concentre dans l’aigu. L’énergie sonore est principalement divisée entre le bourdon et la deuxième voix constituée de deux harmoniques, au plus trois harmoniques.

Il a été parfois dit qu’une troisième voix pouvait être produite avec les techniques touvines, mais il est impossible d’affirmer que la troisième voix est contrôlée. On peut établir un parallèle entre chant diphonique et guimbarde. La guimbarde produit comme le chant diphonique plusieurs “voix” différentes : le bourdon, le chant et le contre chant. Cette troisième voix ressemble à un contre chant, peut être délibéré, mais sans doute non contrôlé.

Champ de liberté[modifier | modifier le code]

Du point de vue du champ de liberté (désignant l’étendue des performances et comprenant le champ des formes musicales en intensité, en hauteur, en timbre), le chant diphonique équivaut au chant normal sauf en ce qui concerne l’ambitus. Le temps d’exécution dépend évidemment de la cage thoracique du chanteur et de sa respiration, mais également de l’intensité sonore en rapport avec le débit d’air.

Le champ de liberté concernant l’intensité est par contre relativement restreint et le niveau des harmoniques est lié au niveau du bourdon. Le chanteur a intérêt à garder un bourdon d’intensité suffisante afin de faire émerger un maximum d’harmoniques. Les harmoniques sont d’autant plus claires que le formant est étroit et intense.

Il est admis que pour une tonalité judicieuse (en fonction de l’exécutant et de la pièce musicale à interpréter), un chanteur peut moduler ou choisir entre les harmoniques 3 et 13. L’ambitus est fonction de la tonalité. Si la tonalité est en DO2, la réalisation se fait sur 14 harmoniques du 6e au 20e, ceci représentant une octave et une sixte. Si la tonalité est élevée, par exemple DO3, le choix se fait entre les harmoniques 3 et 10 soit 8 harmoniques, représentant également une octave et une sixte.

L’ambitus du chant diphonique est plus restreint que celui du chant normal. Si en théorie le chanteur choisit la tonalité qu’il veut entre DO2 et DO3, en pratique, il réalise instinctivement un compromis entre la clarté de la deuxième voix et l’ambitus de son chant. Si la tonalité est élevée, par exemple, DO3, le choix des harmoniques se trouve restreint, mais la deuxième voix est alors très claire. Dans le cas d’une tonalité en DO2, la deuxième voix est plus confuse, alors que l’ambitus atteint son maximum. La clarté des sons peut s’expliquer par le fait que dans le premier cas, le chanteur ne peut sélectionner qu’un harmonique, alors que dans le deuxième cas il peut en sélectionner presque deux. Pour la question de l’ambitus, la mise en action des résonateurs buccaux est indépendante de la tonalité des sons émis par les cordes vocales ; le chanteur sélectionne toujours les harmoniques dans la même zone du spectre que ceux-ci soient écartés ou resserrés.

Le chanteur choisit la tonalité instinctivement pour avoir à la fois l’ambitus maximum et le maximum de clarté, le meilleur compromis se trouvant entre DO2 et le LA2 : on peut ainsi produire avec les harmoniques à partir d’un son fondamental entre DO2 et LA2 une mélodie couvrant jusqu’à deux octaves.

Perception de la hauteur des sons[modifier | modifier le code]

La hauteur des sons tient plus de la psycho-acoustique que de la physique. Le Sona-Graph permet d’obtenir l’image du son étudié. Les manuels d’acoustiques disent que la hauteur des sons harmoniques, comportant un fondamental de fréquence F et une suite d’harmoniques F1,F2… multiples de F, est donnée par la fréquence du premier son fondamental. Ceci n’est pas tout à fait exact car il est possible de supprimer électroniquement ce fondamental sans pour cela changer la hauteur subjective du son perçu. Si cette théorie était exacte, une chaîne électro-acoustique ne reproduisant pas l’extrême grave changerait la hauteur des sons. Il n’en est rien car le timbre change mais pas la hauteur. Certains chercheurs proposent une autre théorie plus cohérente : la hauteur des sons est donnée par l’écartement des raies harmoniques ou la différence de fréquence entre deux raies harmoniques. Que devient la hauteur des sons dans ce cas pour les spectres sonores dit “à partiels ” (les partiels sont les harmoniques qui ne sont pas des multiples entiers du fondamental) ? Dans ce cas, l’individu perçoit une moyenne de l’écartement des raies dans la zone qui l’intéresse.

On désigne par l’expression “spectre à formant” le renforcement en intensité d’un groupe d’harmoniques constituant un formant, c’est-à-dire une zone de fréquences où l’énergie est grande. En rapport avec l’existence de ce formant, une deuxième notion de la perception de hauteur se fait jour. On s’est en effet aperçu que la position du formant dans le spectre sonore donnait la perception d’une nouvelle hauteur. Dans ce cas, il s’agit de la position du formant dans le spectre. Cette théorie doit être nuancée, car des conditions s’imposent.

La disparition du formant ne change pas la hauteur des sons. La perception de la hauteur par la position du formant n’est possible que si celui-ci est très aigu, à savoir que l’énergie du formant n’est répartie que sur 2 ou 3 harmoniques. Si la densité d’énergie du formant est grande, et que le formant est étroit, celui-ci donnera une information de hauteur en plus de la tonalité globale du morceau chanté, ouvrant la possibilité technique du chant diphonique / diplophonique / biformantique.

Mécanismes de production sonore[modifier | modifier le code]

Un résonateur est une cavité pouvant résonner dans un domaine de fréquences. Le système excitateur – le pharynx et les cordes vocales – émet un spectre harmonique, et les résonateurs amplifient celui-ci. Un bon chanteur est capable de choisir ces fréquences : lorsqu’un chanteur porte la voix pour se faire entendre dans une grande salle il adapte ses résonateurs (volume de la cavité buccale, de la section de l’ouverture de la bouche et de la position des lèvres) pour émettre le maximum d’énergie.

Pour un chant diphonique, il faut deux voix : le bourdon, la première, provient du fait que celui-ci est intense à l’émission et qu’il ne subit pas le filtrage des résonateurs. Son intensité, supérieure à celle des harmoniques, lui permet de survivre grâce à un rayonnement buccal et nasal. En fermant la cavité nasale, le bourdon diminuait en intensité : d’une part une source de rayonnement est fermée, et d’autre part le débit d’air est réduit de même que l’intensité sonore émise au niveau des cordes vocales.

L’intérêt d’avoir plusieurs cavités est primordial. Seul le couplage entre plusieurs cavités permet d’avoir un formant aigu tel que l’exige le chant diphonique. La tonalité du son monte si la bouche est grande ouverte. Pour mettre en évidence la formation d’un formant aigu, on a essayé de produire deux sortes de chant diphonique : l’un avec la langue au repos, la bouche devenant une grande et unique cavité, et l’autre avec la pointe de la langue remontant et touchant la voûte palatine, divisant ainsi la bouche en deux cavités. Dans le premier cas, les sons ne sont pas clairs. On entend très bien le bourdon mais la deuxième voix est difficile à entendre et la mélodie s’impose difficilement à l’écoute. Avec une cavité buccale unique, l’énergie du formant se disperse sur trois ou quatre harmoniques et la sensation de la deuxième voix devient beaucoup plus faible et l’effet diphonique disparaît. Par contre, quand la langue divise la bouche en deux cavités, le formant aigu et intense réapparaît.

Le chant diphonique nécessite un réseau de résonateurs sélectifs qui filtre uniquement les harmoniques désirés par le chanteur. Dans le cas d’un couplage serré entre les deux cavités, celles-ci donnent une résonance unique très aiguë. Si le couplage devient lâche, le formant a une intensité moins grande, et on étale l’énergie sonore dans le spectre. Si ces cavités se réduisent à une seule cavité, la courbe pointue devient encore plus ronde et on aboutit au premier exemple évoqué, consistant en un chant diphonique très flou (langue en position de “repos”).

Réalisation du chant diphonique[modifier | modifier le code]

On peut produire les deux sons simultanés grâce à trois méthodes distinctes :

  • avec une cavité buccale : la langue peut être à plat, en position de repos, ou la base de la langue légèrement remontée sans jamais toucher la partie molle du palais. Seules la bouche et les lèvres bougent. Par cette variation de la cavité buccale en prononçant les deux voyelles ü et i liées sans interruption (comme si l’on disait “oui” en français), on perçoit une faible mélodie des harmoniques qui ne dépasse guère l’harmonique 8.
  • avec deux cavités buccales : on chante avec la voix de gorge, on prononce la lettre “L”, dès que la pointe de la langue touche le centre de la voûte palatine, on maintient cette position, on prononce ensuite la voyelle “Ü” avec toujours la pointe de la langue collée fermement contre le point de fixation entre le palais dur et le palais mou, on contracte les muscles du cou et ceux de l’abdomen pendant le chant comme si on essayait de soulever un objet très lourd, on donne un timbre très nasalisé en l’amplifiant à travers les fosses nasales, on prononce ensuite les deux voyelles “I” et “Ü” (ou bien “O” et “A”) liées mais alternées l’une après l’autre en plusieurs fois. Ainsi sont obtenus le bourdon et les harmoniques en pente ascendante et descendante selon le désir du chanteur. On varie la position des lèvres ou celle de la langue pour moduler la mélodie des harmoniques. La forte concentration musculaire augmente la clarté harmonique.
  • avec la base de la langue remontée et mordue par les molaires supérieurs pendant que le son de gorge est produit sur les deux voyelles “I” et “Ü” liées et répétées plusieurs fois pour créer une série d’harmoniques descendants et ascendants. Cette série d’harmoniques se trouvent dans la zone entre 2KHz et 3,5 KHz. Cette méthode ne permet pas le contrôle de la mélodie formantique et n’est qu’une démonstration expérimentale sur les possibilités de timbre harmonique.

Dans les années 1980, l’analyse comparée des spectogrammes fibroscopiques, stroboscopiques, laryngoscopiques et ceux du Sona-Graph a permis de classer pour la première fois les différents styles de chant diphonique d’Asie et d’Afrique du Sud en fonction des résonateurs, des contractions musculaires et des ornementations :

  • en mettant en évidence le bourdon harmonique et la mélodie fondamentale, ce qui est le contraire du principe initial du chant diphonique traditionnel ;
  • en croisant les deux mélodies (fondamentale et harmoniques) et en explorant le chant triphonique ;
  • en mettant en évidence les trois zones harmoniques sur la base d’un même son fondamental.

Utilisation thérapeutique du chant diphonique ?[modifier | modifier le code]

Le Dr Tomatis a développé une théorie selon laquelle il existerait une relation entre harmonie et santé (mentale ou physique). Des musiciens ont voulu faire du chant diphonique un nouvel outil pour des applications thérapeutiques (Trần Quang HảiJill PurceJonathan Goldman, Dominique Bertrand, Véronique et Denis Fargeot, Philippe Barraqué, Bernard Dubreuil, Emmanuel Comte).

Le pouvoir supposé du chant dépend de la mélodie, des qualités harmoniques de la voix et de la puissance du fondamental. Les principaux objectifs du chant diphonique, quand il est utilisé avec des visées thérapeutiques, est de rétablir la concentration et l’équilibre psychologique (voir thérapie vocale).On retrouve ces objectifs dans certaines pratiques chamaniques ou dans le chant des moines tibétains[réf. souhaitée].

Jill Purce (Royaume Uni), par exemple, propose un travail fondé sur la respiration et le chant diphonique auprès de personnes qui bégaient, éprouvent des sensations de blocage dans la gorge, sont effrayées par leur propre voix ou qui souffrent d’inhibition, de troubles respiratoires, d’anxiété, de fatigue[réf. nécessaire].

Le chant diphonique a également été utilisé dans le but de diminuer la douleur physique pendant l’accouchement. Mais il n’existe aucune étude confirmant l’efficacité de cette méthode.

Aspect historique[modifier | modifier le code]

La découverte et l’étude du chant diphonique remonte au xixe siècle. M. Rollin, professeur au Conservatoire de Paris, au xixe siècle, a dit qu’à la Cour deCharles le Téméraire, un baladin chantait à deux voix simultanées, la deuxième étant à la quinte de la première. Manuel Garcia junior, dans sonMémoire sur la voix humaine présenté à l’Académie des Sciences le 16 novembre 1840, a signalé le phénomène à double voix chez les paysans russes. Plusieurs voyageurs ont rapporté dans leurs récits de voyages qu’au Tibet se pratiquait le dédoublement de la voix pendant certaines récitations de mantras. Mais cette constatation n’était pas prise au sérieux.

En 1934, des chercheurs russes enregistrèrent des disques 78 tours de chant diphonique chez les Touvains ; étudiés par Aksenov, ils sont l’objet d’un article (publié en 1964 en URSS et traduit en allemand en 1967 et en anglais en 1973) considéré comme le premier sur le chant diphonique d’une grande valeur scientifique. Depuis, de nombreux chercheurs, acousticiens, ethnomusicologues, ont essayé de “dévoiler” les mystères du chant diphonique. On peut en citer quelques-uns : Lajos Vargyas (Hongrie, 1967), Emile Leipp (France, 1971), Gilles Léothaud (France, 1971), Roberte Hamayon et Mireille Helffer (France, 1973), Suzanne Borel-Maisonny (France, 1974), Trần Quang Hải (France, 1974), Richard Walcott (États-Unis, 1974), Sumi Gunji (Japon, 1980), Roberto Laneri (1983), Lauri Harvilahti (Finlande, 1983), Alain Desjacques (France, 1984), Ted Levin (États-Unis, 1988), Carole Pegg (Grande-Bretagne, 1988), Graziano Tisato (Italie, 1988), Hugo Zemp (France, 1989), Mark Van Tongeren (Pays-Bas, 1993).

Des appellations diverses furent proposées par des chercheurs français au cours des trente dernières années : « chant diphonique » (Emile Leipp, Gilles Léothaud en 1971, Tran Quang Hai en 1974), « voix guimbarde » (Roberte Hamayon et Mireille Helffer, 1973), « chant diphonique solo » (Claudie Marcel-Dubois, 1978), « chant diplophonique » (diplo en grec signifiant “deux”, la diplophonie, terme d’origine médicale, désigne l’existence simultanée de deux sons de hauteur différente dans le larynx, Tran Quang Hai, 1993) et « chant biformantique » (chant à deux formants, Tran Quang Hai, 1994). Le terme de « chant harmonique » est plus délicat car chaque chant, quel que soit le type de voix, est créé par une série d’harmoniques renforcés différemment et sélectionnés suivant la volonté du chanteur pour créer une mélodie.

Des chanteurs ou compositeurs comme Trần Quang Hải (France, 1975), Demetrio Stratos (Italie, 1977), Roberto Laneri (Italie, 1978), David Hykes et son Harmonic Choir (États-Unis, 1983), Joan La Barbara (États-Unis, 1985), Meredith Monk (États-Unis, 1980), Michael Vetter (Allemagne, 1985), Christian Bollmann (Allemagne, 1985), Michael Reimann (Allemagne, 1986), Noah Pikes (Angleterre, 1985), Tamia (France, 1987), Quatuor Nomad (France, 1989), Valentin Clastrier (France, 1990), Bodjo Pinek (Yougoslavie, 1987), Josephine Truman (Australie, 1987), Iegor Reznikoff (France, 1989), Rollin Rachelle (Pays-Bas, 1990), Thomas Clements (France, 1990), Sarah Hopkins (Australie, 1990), Mauro Bagella (Italie, 1995), Lê Tuân Hùng (Australie, 1996),Véronique et Denis Fargeot (2003, 2008, 2013) ont introduit l’effet du chant diphonique dans les musiques actuelles (world musicNew Age, etc.) et dans la musique électro-acoustique.

Des musicothérapeutes, tels que Jill Purce (Royaume Uni), Dominique Bertrand (France), Catherine Darbord (France), Philippe Barraqué (France) ont utilisé la technique du chant diphonique comme moyen thérapeutique reprenant une tradition chamanique, parfois combiné avec la gymnastique holistique dans le but de soigner les gens par les vibrations harmoniques et les mouvements corporels.

Film[modifier | modifier le code]

Maîtres de chant diphonique (Masters of Mongolian Overtone Singing- Mongol khöömiich), un documentaire de Jean-François Castell, Les Films Du Rocher/La Curieuse, 2010 – Prix Bartok du meilleur film ethnomusicologique au 30e Festival International Jean Rouch 2011 2013 – Prix vague émeraude du Festival 7e art et science, Noirmoutier, 2012 – Prix Coup de pouce du Festival du film de chercheur, Nancy, 2011 – Prix Bartók de la Société française d’ethnomusicologie au 30e Festival Jean Rouch, Bilan du film ethnographique, 2011 – Meilleur documentaire au Festival Aux quatre coins du monde, 2010 – Sélection “Coup de cœur” au Festival Écrans de l’aventure DVD – mars 2012 : « Maitres de chant diphonique », 53 minutes (+ 30 minutes bonus), Version française, anglaise et mongole, Coproduction Les Films du Rocher / La Curieuse

Le Chant des harmoniques, coauteurs : Tran Quang Hai & Hugo Zemp, réalisateur : Hugo Zemp, CNRS Audio-visuel, film 16 mm, 38 minutes, couleur, 1989 – Grand Prix du film scientifique à Parnü (Estonie), 1990, Prix Spécial de Recherche Scientifique, Palaiseau, 1990, Grand Prix du Film scientifique, Montréal, 1991 (réédition en DVD en 2005 – version française et en DVD en 2006 – version anglaise)

Le Chant diphonique, coauteurs : Tran Quang Hai & Luc Souvet, DVD, 28 minutes, CRDP, Saint Denis, Ile de la Réunion, 2004.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jonathan Goldman, Healing Sounds: The Power of Harmonics,
  • Philippe Barraqué, À la source du chant sacré, Éditions Diamantel, 1999.
  • Véronique et Denis Fargeot, La Voix Tibétaine – Chants Harmoniques Sacrés (CD), Collection Reliance, 2003.
  • Philippe Barraqué, La guérison harmonique (techniques de chant diphonique), Éditions Jouvence, 2004.
  • Ezzu, Alberto, (2009). “Il Canto degli Armonici – Storia e tecniche del canto difonico”, Ed. Musica Practica, Torino.
  • Catherine Darbord : “Chant harmonique, résonance intérieure : Méthode d’apprentissage” (CD), Ed. Prikosnovenie (2011).
  • Cyprien Bole, 2012, Chanter seul à deux voix, méthode complète de chant diphonique, livre & CD, Éditions les 2 oreilles, p. 1-134.
  • Véronique et Denis Fargeot, Chant Harmonique – Voix Tibétaine 2 (CD), Collection Reliance, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chant_diphonique

DAVE DARGIE :“Some recent developments in Xhosa music : activities of the Ngqoko Traditional Xhoa Music Ensemble,and at the University of Fort Hare”.

Standard

 

 

 

Dave Dargie, Professor of Music, University of Fort Hare, South Africa.

Paper for ICTM, Vienna 2007.

 

The Xhosa and the Thembu Xhosa

The Xhosa of South Africa are the southernmost Bantu language people. They are part of the Southern Nguni people, as are the Zulu, the Swati and the Ndebele. Xhosa is one of the eleven official languages of South Africa. South African President Thabo Mbeki is a Xhosa, as also is ex-president Nelson Mandela, Archbishop Desmond Tutu, the singer Miriam Makeba, among many other famous Xhosas.

 

Being the southernmost means that in their long trek from the West African sources of their distant ancestors, the Xhosa probably came into contact with more other peoples than did any other Bantu language and culture group. In the stormy years of the 19th century, with the population movements caused by the wars of the Zulu King Shaka, other groups of peoples also moved into the area which is now the Eastern Cape Province of South Africa, and which has been the ancestral home of the Shosa for probably the last thousand years. Today one can distinguish about twelve groups of peoples who make up the Xhosa. One of these groups is the Thembu Xhosa. Nelson Mandela is a Thembu, as also was Walter Sisulu, who for so many years was Mandela’s fellow-prisoner on Robben Island.

When one of Shaka’s armies entered the Thembu area in 1828, it caused some of the Thembu to moves westwards across the Tsomo river for the first time. This brought them into intimate contact with Bushman people in that area. Contact with the Khoi and the Bushmen (1), who inhabited South Africa for thousands of years, profoundly influenced the Nguni peoples, but the Xhosa most of all, affecting their language, their culture and their music. Of all the Bantu language peoples of Southern Africa, the Western Thembu Xhosa had the closest contact with Bushmen, living side by side with a Bushman group for part of the 19th century, with intermarriage also taking place, until disputes over cattle caused the Thembu to drive away their Bushman neighbours around the middle of the 19th century (2).

 

Thembu Xhosa Music : instruments, singing and overtone singing.

 

The musical instruments of the Xhosa are not unique. The most important instruments are the musical bows, especiallyuhadi, a large unbraced bow using a calabash resonator and played by percussion. It is almost certain that the ancestors of the Nguni brought this bow with them down from the far north . The Zulus and the Swati calli ugubhu. The Sotho in Lesotho, who call it thomo, may have got it from the Xhosa. It is this bow which has given the Xhosa their musical scale and harmony (3). Interestingly, the Zulu play the bow differently from the Xhosa, thereby driving a differrent scale (4).

The Xhosas, unlike the Zulus, use the same scale and harmony system with all their musical bows. These includeumrhubhe, a friction mouth bow (called umhubhe in Zulu), umqangi, a mouth bow played by tapping (the same bow is called umqangala in Zulu), a mouth bow played by plucking, called inkinge (identical to the Kavango rugoma) , and a bow-type instrument called ikatari, which is made by inserting a bow into a five litre oil tin as resonator and is played by bowing the string with a small bow of fibre or animalhair (this instrument was undoubtedly derived from the Sotho of Lesotho, who call it ekatara). A lot more could be said about these instruments, the other names by which some Xhosa people call them, and the various peoples who use them, but this paper is not the place for that (5).

What is unique to the Xhosa, and possibly the Thembu Xhosa in particular, is the types of overtone singing calledumngqokolo. I gave a paper on umngqokolo overtone singing at the ICTM conference in Berlin in 1993, describing how I had the great good fortune to discover it in the Lumko district in 1980 (6). Since 1993, I have found further examples of umngqokolo, but always performed by Thembu singers. Whether any other Xhosa group practise overtone singing is not clear.

Thembu music features two further style characteristics of great sophistication. One is the use of extremely complex rhythm, the other is the use of a great number of polyphonic parts in certain songs. It is my conviction that the use of overtone singing, and the advanced uses of rhythm and polyphony all came to the Thembu through their contact with the Bushmen. The fact of the fairly prolonged contact between western Thembu and Bushmen, and the terminology for instruments and techniques, indicate this. Click consonants, and the use of the guttural consonant rh, indicate Busman or Khoi origins in the terms umngqokolo, umrhuble, umqangi and various other terms. Again, space in this paper does not permit of a detailed argument. But please see the book Dargie 1988.

 

Preservation and Development

 

In 1979, I started work running a church music department for the Catholic Lumko Institute, at that time based in theWestern Thembu area (7). To try to get into African music, I began to research the music in the area around Lumko. My Lumko colleagues warned me not to expect to find much. Lumko mission, at which the institute was situated, had been there over fifty years, and they suspected that missionary activities had effectively killed off traditional music in the surrounding area. Most fortunately, this was not the case. The area was a centre of remarkable preservation of traditional Thembu music, with instruments and techniques in wonderful use, and a host of fine songs of various types being sung lustily by old and young. I obtained many remarkable recordings and came to know a number of master musicians. In Ngqoko village, 2 kilometres from the institute, there was Mrs Nofinishi Dywili, song leader and master performer on the uhadi – the large musical bow using a calabash resonator. Her daughter Nongangekho played theumrhubhe mouth bow, using overtones of the bow to follow the melodies of the song leader and simultaneously whistling the melodies of answering singers. There was Mrs Nowayileth Mbizweni, master of umngqoko overtone singing, not only the “ordinary” umngqokolo practised at that time by many women and girls, but also of the marvellous and rare technique which she called umngqokolo ngomqangi, which imitate the umrhubhe /umqangi musical bow and produced loud and clear overtone melodies. There was Mrs Nokontoni (who later was called Nokoleji) Manisi, chief diviner and leader of divination ritual, assisted by song leader Mrs Nosomething Ntese. The was Mrs Nolineti Ntese, an excellent dancer . Mr Mpharholo Manisi recorded songs for me with uhadi. Young Mlamli Dlangamandla was a master performer on the ikatari, a type of friction bow with bow stick inserted into a five litre oil tin as resonator, at that time played mostly by herd-boys. There were many other musicians in Ngqoko, and a few kilometres down the valley in the area called Sikhwankqeni there were more. In 1981, across the mountain about ten kilometres to the west at Mackay’s Nek, I was able to record historic performances with uhadi bow of the song of Ntsikana (the first Xhosa Cristian, d.1821), and in 1983, I recorded further performances of this song with uhadi in Ngqoko as well. The whole area was a treasury of traditional music.

 

The Ngqoko Xhosa Traditional Music Group

 

Several times, the first in 1981, musicians from Ngqoko and Sikhwankqeni performed at Rhodes University in Grahamstown, where I was registered for my Ph.D. After various performances in South Africa, nine musicians from Ngqoko were invited to Paris, France, in 1989 to perform at the annual Autumn Festival. These musicians of Ngqoko, with some others, formed themselves into what they now call the Ngqoko Cultural Group, which I prefer to call more specifically the Ngqoko Xhosa Traditional Music Ensemble. The number in the group varies usually from about 10 to 12. For many years the group has had the services of local schoolteacher Mr Tsolwana Mpayipeli, who has ofter acted as research assistant for me, as their organiser and manager. He has done an excellent job. At times the only one in the group who could speak English, he is himself a fine performer of traditional songs and dances. He has seen the group safely on at least eight overseas performance tours, to various countries in Europe and once also to Reunion island, as well as to numerous performances all over South Africa .

While the group has been winning acclaim for their music, the music itself is being gradually eroded in the area around Ngqoko. Xhosa songs are of their essence tied to the rites and ceremonies for which they are used. As rites and ceremonies fall into disuse, so the songs can disappear. As radios and ghetto-blasters proliferate, so the traditional instruments are pushed out . An important factor has been the sheer cost of certain rites and ceremonies. For example, traditional wedding (uduli), with feasts lasting for days, now takes place very rarely. The form of marriage used most frequently now is umtshato, which has some traditional elements, but is based on church marriage practices, and is usually over in one day . In the past, boys initiation lasted weeks, with the boys being taught traditional men’s behaviour, and with a variety of rituals. It is now simply too costly to keep the initiands in the bush for such a long time, so certain rituals are no longer practised. The umtshilo dances from boys initiation are a thing of the past in Ngqoko. Some years ago, when I asked Tsolwana Mpayipeli, about a favourite song of mine, a boys’ stickfighting song from Ngqoko and Sikhwankqeni, he told me sadly that nobody is singing it any more. Whether the crackdown by the police on stickfighting has anything to do with this, I don’t know .

 

The Ngqoko Group and Preservation .

 

Songs and musical practices will be kept alive if there is a reason for them. If a rite falls into disuse, so do its songs. When the main home entertainment is the radio, bow playing is neglected. The process can be reversed if a new reason for the music can be created. Fortunately, in the poverty-stricken Eastern Cape, opportunities have been opening for people to earn money by performing traditional music. That was exactly the case with the Ngqoko Group. Since the late 1980s they have been earning money by their performances, in South Africa and abroad, and in them the music has been kept alive. One of the first significant adaptations they made was to arrange their music for performance into a concert format . The various sections of the concert were based either on collections of songs for certain dance rituals (boys’ and girls’ dances, young men’s dances, diviners’ dances, beer dances) or songs performed with instruments and also with overtone singing .

In March 1996, I videoed the Group performing a typical concert in Ngqoko (8). The program was as follows: Songs for the women’s umngqungqo dances at girls’ initiation, songs for the young men’s dance party (intlombe yabafana), songs with umrhubhe mouth bows, songs with the uhadi calabash bow, diviner’s dance songs, songs for the boys’ and girls’umtshotsho dances, songs with overtone sing (“ordinary” umngqokolo and umngqokolo ngomqangi.), beer dance songs, and songs with the ikatari bow type instrument. Nofinishi Dywili, doyenne of the group, was the uhadi master, Nowayilethi Mbizweni the overtone singing master. Several other women in the group could also perform the “ordinary”umngqokolo. In the beginnings of the group, the umrhubhe player was Nofinishi’s daughter Nongangekho (who later changed her name to Nothembisile Ndlokose). But by 1996 the group had discovered a more expert umrhubhe player and master of the whistling technique, Nogcinile Yekani, and with her also Nokhaya Mvotyo, who was learning from her . For the concert in 1996, two young men, relatives of group members, were persuaded to join in; one of them could play the ikatari .

The performers were as follows (all women except where indicated) : Nofinishi Dywili played the uhadi and led certainumngqungqo and beer songs;Nowayilethi Mbizweni led both types of overtone singing and played the igubu percussion drum, Nokoleji Manisi, the chief diviner of Ngqoko, led the diviner’s rituals ; Nogcinile Yekani and Nokhaya Mvotyo played umrhubhe; Nosomething (Nosamutingi) Ntese led certain songs, performed “ordinary” umngqokolo and was learning (and performed) umngqokolo ngomqangi, and Mr Sandisile Ntese played ikatari. Others performing were Nofenitshala Mvotyo (apprentice diviner, and playing umasengwane friction drum), Amelia Nosilence Matiso (retired teacher and assistant organiser of the group), Nothembisile Ndlokose (daughter of Nofinishi), Nolineti Ntese (dance specialist, body bells, and ignubu drums), Mr Sakumzi Mbizwezni and Mr Tsolwana Mpayipeli (group organiser, also dancing with body bells). There were thirteen performers in all .

From the early on I had encouraged the group members to teach and learn the specialist techniques. I had especially urges Nowayilethi to teach others the umngqokolo ngomqangi, and by March 1996 she had had some success with Nosomething. Nosomething had als made a start with uhadi, and recorded two songs near the end of the concert. Nogcinile had been helping Nokhaya improve her umrhubhe playing .

The next time I took the video camera to Ngqoko was in 1998, when I made two visits. On both occasions I videoed indoors at the homestead of Nofinishi Dywili. By 1998 the group had discovered an expert ikatari player in Ngqoko – Mr Sponono Klaas. Sponono was also able to perform another type of overtone singing called ukutshotsha (so called because in the past it was performed by boys at umtshotsho dances). Ukutshotsha is not as developed as umngqokolongomqangi. It rresembles more the “oridnary” umnqgokolo, but is somewhat different . Sponono performed for both the performances at Nofinishi’s .

The first performance at Nofinishi’s was on 27 january 1998 (9). Sadly, some of the 1996 performers had died: Nokoleji Manisi, chief diviner, Mrs Matiso, the former schoolmaster, and Nofinishi’s daughter, Nothembisile Ndolkose. Some of the group were away. Those who took part were Nofinishi Dywili, Nowayilethi Mbizweni, Nogcinile Yekani, Sponono Klass, Nosomething Ntese, Nofenitshala Mvotyo, Nolineti Ntese and Nokhya Mvotyo. Both Nowayilethi and Nogcinile had made significant progress in teaching their specialities to other group members, and this success had been further built on when I came on 5th November 1998 to record the then full group.

On 5th November 1998 it was a foul day at Ngqoko, with the wind howlong around the village and clouds of dust flying around enveloping the houses . But by then electricity had been laid on to Ngqoko, as with many rural villages as part of the new government’s program of reconstruction after South Africa’s first democratic election in 1998. So once again I videoed indoors, in one of Nofinishi’s round houses which now had a power point . With the video light now woriking on full power, I was able to get marvellous close-up material of the performers (10). The performers were eleven : Nofinishi Dywili (uhadi), Nowayilethi Mbizweni (ovetone singing specialist), Nogcinile Yekani (umrhubhe whistling technique specialist), Nolineti Ntese, Nofirst (Nofirsti) Lungisa ( a long-time member of the group who had been away in 1996 and in January 1998), Nopasile Mvotyo (a new recruit to the group), Nokhaya Mvotyo, Nofetishala Mvotyo (who after the loss of Nokoleji would lead the diviners’ rituals), Nosomething Ntese, Sponono Klass( ikatari and ukutshotsha), and Tsolwana Mpayipeli, the group organiser.

Among the many exciting aspects of this performance were that six of the women had learned umngqokolo ngomqangi from Nowailethi: Nosomething Ntese, Nofenitshala Mvotyo, Nokhaya Mvotyo, Nofirst Lungisa and Nolineti Ntese.. Each in turn demonstrated her skill for the camera. In addition, two of the women had learned the umrhubhe whistling technique from Nogcinile Yekani: Nokay Mvotyo and Nolineti Ntese. Nofenitshala Mvotyo was also learning from Nogcinile . She had learned to play using the bow overtones, but still had to learn to add the simultaneous whistling. These three too demonstrated their new skill. For one song, the remarkable Umzi kaMzwandile, which has forty or more different text lines, each with its own melody, and which can all be sung at the same time, Nokhaya and Nogcinile played two umrhubhe bows (plural = imirhubhe) in duet, while the others sang in continuous overlapping polyphony. This song has a remarkable cross-rhythm, an equalised 10-beat melody against an 8-beat clap/dance rhythm (see the example below. Nokhaya played the 10-beat pattern, and Nogcinile the 8-beat. Both bows can be seen on the video, with the players’ hands moving to the different rhythms.

Also on the video Sponono plays his ikatari and demonstrates his ukutshotsha overtone singing. This whole performance was also organised like a concert, but, being indoors, the dancing was very restrained. I stood in the middle of the performers with the camera on my shoulder, and got as close as I could in order to show the singing and bow techniques, and the use of typical Xhoa cross-rhythms.

 

Losses as well as achievements and new developments

 

The worst losses suffered by the Ngqoko Group have been through the deaths of key members. Soon after the 1998 recordings, Sponono Klaas died suddenly. The next to go was Nofinishi Dywili in 2002. I had recorded a CD with her and the group at Fort Hare University in February 2002 (11), and not long afterwards I went with the group to a performance at a school at the coastal village of Cintsa east of East London. That was the last time I saw Nofinishi. When the group was in Cape Town to give performances a few months later, she had to be admitted to hospital and died there.

Again in March 2005, I recorded the group at Fort Hare (12), Nowayilethi Mbizweni led one song (Holilo) withumngqokolo ngomqangi, but a second song with umngqokolo ngomqangi (Ixhegwazana) had to be sung by her pupils without her as her strength gave out. That was the last time I could record Nowayilethi, as she died later in the year.

The group continues to try to recruit suitable new members. Nomthandazo Ntese, a (relatively) young schoolteacher has joined them, left, and then rejoined. Before the 2005 recordings they had discovered and recruited Mr Maxanjana Mangaliso, a village headman who long ago could play the concertina in Xhosa style. (To do this, the player must change around the reeds in the instrument to follow the traditional chord patterns). Mr Mangaliso recorded with them in March 2005, and also recorded a full CD of his own solo songs with concertina (13).

For the recordings in 2005 the Ngqoko Group had been working on something new: the performance of a variety of Xhosa instruments together, something not done in traditional music. On the CD (12) they used various combinations:imirhubhe duets, isitolotolo (Jew’s harp, as used in Europe and sold by European traders) with two imirhubhe, concertina and mouth organ (also sold by European traders) , and a full “orchestra” : 3 uhadi bows (Nolinet, Nokhaya and Nosomething), umrhubhe (Nopasile), ikatari (Nofirst), igubhu bass drum (Nowayilethi or Tsolwana, when Nowayilethi’s strength gave out), umasengwane friction drum (Nogcinile) , and ikonsatina (concertina) (Mr Mangaliso). Nofirst Lungisa began working with ikatari after the loss of Sponono Klaas.Nosomething had already begun with uhadi by 1996, and by 2005 Nolineti and Nokhaya had also taken it up. When the “orchestra” performms, then unavoidably the sound tens to be dominated by the pungent tones of the concertina.

What has been, to me anyway, much more exciting has been the use of concerted umngqokolo singing. In more or less mid-1998 the huge conference of ISME (the International Society of Music Educators) took place in Pretoria, South Africa. I had the good fortune to persuade the organisers to get the Ngqoko Group to participate in the opening concert, before some 800 delegates from all over the world. The overtone singing almost stunned the conference participants. I had to spend most of my time at the conference answering questions about the group, their music and their umngqokolo. At first they used mass singing of “ordinary” umngqokolo, but since 2002 they have been using thengomqangi variety in the same way. Recordings of such performance are on CDs and DVDs in my series.

 

Successes and Struggles

 

The Ngqoko musicians have been working hard at keeping the music going. In some areas they have had significant success. But in some areas they have been less successful.

The successes focus very much on the overtone singing and the umrhubhe bow, as well as on keeping many of the old songs alive . The less successful areas are primarily with the the uhadi calabash bow. In particular, as yet no-one else has got into the wonderful bow rhythms of Nofinishi Dywili. When I first recorded Nofinishi in 1980, there were a number of uhadi players in the area around Lumko and Ngqoko/Sikhwankqeni who could play the amazing, sophisticated and often disguised rhythms which she used. Almost overnight, so it feels, those old bow players have disappeared. I most fervently hope that with the help of my recordings and transcriptions of Nofinishi and others, it will still be possible for new uhadi players to achieve the same level of skill. Here is one example of such a rhythm.

 

Example : From the Song Umagungqel’indawo

 

 

 

Unfortunately, Nofinishi did not try to develop ways of teaching the difficult aspects of her skill. Traditionally, people learned by observation and imitation, and that is sometimes very difficult and needs much time. I have been trying to encourage the new Ngqoko bow players to learn from the recordings. Let’s hope that succeed. The rhythms are hellish (or should I say heavenly) difficult. I can play them, but to keep a complex rhythm going against the cross-rhythms of the singing and dance/clapping demands fierce concentration. One of the most complex is Nofinishi’s uhadi bow rhythm for the song Umzi kaMzwandile. The main melody of the song originally had a 12-beat pattern, which is equalised to a 10-beat pattern , as shown. Across this the body rhythm is an exact 8 beats, with body rhythm cycle not beginning with the voice rhythm cycle. Because the voice rhythm is equalised, the first body rhythm falls between two voice beats. Nofinishi’s accompaniment rhythm adds to the fun by being even more complex, with internal cross-rhythms in the bow part .

 

Example : From the song Umzi kaMzwandile

 

 

Unfortunately the Ngqoko Group have also been unable to find a successor to Sponono Klaas, i.e., to play ikatari, and to sing ukutshotsha overtone singing. Nofirst Lungisa has taken up playing the ikatari – possible the first female to do so . She is doing well and bravely, but how I wish they could fine one of those boys from 1979 who could play all the marvellously funny naughty boys’ songs on the ikatari. They must be still around somewhere, probably far away trying to earn a living. I know at least one is now in a big city in another province, but he won’t easily be persuaded to return to Ngqoko. We’ll have to keep trying .

 

Development at Fort Hare

 

Ms Thandile Mandela, granddaughter of ex-president (and Thembu Xhosa) Nelson Mandela, working on her master degree in African music performance at the University of Cape Town in 2005/6, was also working on ideas to develop an African orchestra. We have been most fortunate to get her onto the staff of the University of Fort Hare music department as one of our lecturers (starting in 2006), and at Fort Hare she has continued with her orchestra project work. She has built up a performing group of our music students, using musical bows, kudu horns and marimbas, with marvellous singing. Already Ms Mandela’s Fort Hare “orchestra” has been drawing most enthusiastic support at all levels, including in the culture departments of both local and national government, to the great benefit of the music department (as can be imagined). I have been working to persuade Fort Hare students also to get into umngqokolo, with the first signs of success.

What is also showing great promise is that on occasions the Ngqoko Group have come to Fort Hare to practise with Ms Mandela’s students. Unfortunately one combined concert scheduled for Cape Town in 2006 was disrupted because the Ngqoko musicians were involved in a road accident. Fortunately no-one was badly hurt, but the vehicle was destroyed.

 

Thembu Xhosa music in Hogsback

 

Hogsback is a tourist village in the Amatola mountain range, aboutg 35 kilometres from Fort Hare University. When I went to Fort Hare in 1995, I rented a cottage in Hogsback, and there my wife and I lived until 2000, when she had to return to her home in Munich, Germany. I was then able to rent a small flat at Fort Hare itself, where I stay when I am working there. (Since the end of 2001 I work part-time only at Fort Hare).

When I first went to live in Hogsback, I went around looking for traditional musicians. Traditional music there had been much more subject to erosion than in the deep rural and traditional area around Ngqoko, which is some 160 kilometres to the north-east of Hogsback, but there were nevertheless a number of Xhosa people living around the village, and many more in the Tyhume River Valley between Hosback and the town of Alice, where Fort Hare is situated. I found at first that even many young Xhosa people did not know what was my uhadi bow, but by 1996 I began to find people who knew the old music. These were themselves mostly elderly people, and they were Thembu Xhosas. In due time I came into contact with two women who could play uhadi, and one elderly man who had been able to at one time, but could no longer because of arthritis in his hands. To my great satisfaction I was able to record two Xhosa instruments not used in Ngqoko. These were umqangi (which is the same as umrhubhe, but played by tapping and not by friction) and the plucked mouth-bow inkingeUmqangi (and also umrhubhe) was played by Mrs Evelina Mokwena, a friend of the most active uhadi player, Mrs Monica Jane Tukani, and inkinge was played by Mr Tontsi Pintshana, the same man who had once been able to play uhadi .

Mrs Tukani was a most talented musician. She not only played uhadi, but she was able to perform a type of umngqkolo. Her umngqokolo was simpler than the two forms of umngqokolo used in Ngqoko. She uses two fundamental tones, like the musical bows, but did not achieve much concentration on overtone melody, using overtone singing as a kind of drone accompaniment to songs.

These three Hogsback musicians are still alive, although now gettin on in years. Mr Pintshana is over 90. I persuaded the Hogsback musicians to form a music group to entertain tourists, which they did for some years (c.1996 to 2000). There were about 10 in the group usually (they called their group “iHogsback Club”, and on occasions they earned some good fees. Unfortunately the very capable woman who was the group organiser died unexpectedly, and with many of the others becoming very old, that largely put paid to their performances.

One wonderful surprise for me was at one traditional feast (umgidi) in Hogsback I was able to video a man performingumngqokolo of the umqangi type. He was Mr Ngodongodo Manono Mjikelo. It was the occasion when I first heard Monica Jane Tukani playing uhadi. I had taken my uhadi to the feast, and she (who no longer had one of her own) took it and began to play it. While she was playing Mr Mjikelo came forward and began to ngqokola with her , and I was able to video them both. At Ngqoko I was told that men do not – ngqokola (in the sense of overtone singing men’s and boys’umngqokolo is only a kind of rough singing). But when I spoke to him Mr Mjikelo clearly says on the video “Ndiyangqokola ! “ – “I am ngqokola-ing”. Unfortunately at such feasts the alcohol consumption is very high. When the brandy bottles were laid out in a row as the heavy drinking got under way, and at which time things were becoming too confused for further recording. I packed up the camera. Later, when I tried to track down Mr Mjikelo, who lived down in the Tyhume valley, I was told that he had suddenly died. What a loss, humanly and musically. (Incidentally, the two students at Fort Hare who have made a start with umngqokolo are both young men).

Fortunately I was able to make a number of audio-recordings, and also three DVDs, in Hogsback, at almost the last moment before elements of the old music began to disappear (14).

Conclusion

 

The problems destructive to traditional music are relatively well-known. Some come from human attitudes : traditional music is uncivilised or heathen, said the missionaries, and too many African people still believe this . Traditional music is tied to the rites and ceremonies of traditional life and traditional religion, and traditional culture is being eroded all the time. Traditional music can be blown away by the amplifiers and ghetto blasters of pop music. There’s no need to labour these points.

One can try to convince people of the value and sophistication of their traditional music, but what works better is to find a way that people can earn something by their music. Let us hope that what people like the Ngqoko Group have achieved, and what is being done at business. There is too much poverty altogether in the Eastern Cape and other rural areas of South Africa. Fortunately traditional musicians have begun performing for tourists in various places: hotels, game reserves and so on .

Some of the unsual problems facing traditiona musicians can be illustrated by the following story about Nowayilethi Mbizweni. By 1998 Nowayilethi had started to complain about her teeth. I had discussed possibilities with her several times. She could go to the hospital near Ngqoko to get the bad teeth removed, we could try to find money for false teeth for her if possible. Things came to a head when the Ngqoko Group came to Pretoria to perform at the ISME 1998 conference. They gave other performances besides at the opening concert of the conference. Before one of these performances, they were sitting outside in the sunshine, Nofinishi sitting on the ground smoking her pipe, Nowayilethi sitting on a low wall, speaking to Tsolwana. I must mention that , when I first met Nowayilethi in 1983, she was a diviner’s apprentice. She wore leg rattles of reeds woven around her ankles, and the plan was that one day she would become a diviner. However, she did not go throught with this.

Well, Tsolwana came to me and told me, Nowayilethi’s trouble with the teeth was getting too much for her. I said, maybe it was time to have them removed. He went back and spoke to her, then returned to me. If she had them out, she had told him, maybe she would no longer be able to sing the overtones. OK, I said, then we would have to find funds to enable her to get false teeth. He went back to her, and further discussion took place . Again he came to me. The problem facing her was “ Very well, suppose she had the teeth removed, that would end the pain. She would then get new false teeth, so she could eat properly and still sing the overtones. But: she had been supposed to become a diviner, and she had given that up. Maybe the problem with her teeth was the ancestors’ way of punishing her for deciding not to become a diviner. If she had the teeth out and got false teeth, maybe they would find a much worse punishment for her . I had to think quickly. Tell her, I said, that the ancestors would not do that to her. She had done great things for her people and for the ancestors by singing umngqokolo ngomqangi, and by teaching some of the others also to sing it. They would certainly have forgiven her giving up the original plan, because she had now served them in a new and special way. She thought things over, and then said she would let me know if she came to a decision.

Fortunately, she did indeed come to the decision to have the teeth out. I was able to get a quote for false teeth for her at a reasonable price from a dentist in Queenstown, about 60km from Ngqoko, and then I also had the good fortune to obtain donations from contacts in Germany for helping students and others in need. So Nowayilethi hot her new teeth, and continued to sing and teach umngqokolo ngomqangi until her death in mid-2005.

The Ngqoko Group, the students at Fort Hare, and many, many other traditional and neo-traditional musicians will continue to need support in many, many ways. Let us hope and trust that local and national governments, universities, bodies like ICTM and all others who are convinced about the value and beauty of traditional music will be able to help to do something about it .

 

Dave Dargie 21 June 2007

 

Notes

(1) These peoples are often called the “KhoiSan” with “San” indicating the Bushman peoples, but the term “San” has been found to have pejorative connotations.

(2) Cf Dargie, 1988, chapter 1.

(3) For discussion on the Xhosa bows see Dargie 1988, and the CDs , DVDs and booklets of the Dargie Series.

(4) Cf Dargie 2007, also Rycroft 1975/6

(5) Cf Kirby 1968, and also the materials in the Dargie Series

(6) See the conference paper Dargie 1993 below, and also : Umngqokolo, CD with accompanying booklet (theBerlin conference paper), in the Dargie Series.

(7) From 1979 to 1989 I worked as church musicologist for the Catholic Lumko pastoral institute. Until 1985 the institute was based opposite the village of Ngqoko 12 kilometres south of the town of Lady Frere, itself 48km east of the town of Queenstown in the Easter Cape province of South Africa .

(8) Cf the DVD (with accompanying booklet) Concert at Ngqoko (Dargie Series)

(9) This performance is on the DVD Xhosa Music, Part 2 (Dargie Series)

(10) Cf the DVD Performance at the Home of Nofinishi Dywili, 5 Nov 1998 (Dargie Series)

(11) The CD Ezona Ngoma zeNgqoko (Dargie Series)

(12) The CD New Sounds from Ngqoko 2005 (Dargie Series)

(13) The CD Zadeki (Dargie Series)

(14) The three DVDs are Two Imigidi at Hogsback (with Mr Mjikelo’s umngqokolo), Isiphuthumo at Hogsback, and Xhosa Music in Hogsback 1996-1998. Some audio recordings from Hogsback are on the CD Emva ekhaya (CD and DVDs are in the Dargie Series)

 

References : and some reading, audio and video Material

 

P.R. Kirby : The Musical Instruments of the Native Races of South Africa, Witwatersrand University Press,Johannesburg, 1968.

D. Rycroft : “The Zulu bow songs of Princess Magogo”, African Music (ILAM, vol.5, no.4, 1975/6, pp. 41-97.

D. Dargie: Techniques of Xhosa Music – A Study based on the Music of the Lumko District: Ph.D. thesis, RhodesUniversity, Grahamstown, South Africa, 1987, on which the following is based :

D. Dargie : Xhosa Music, publ. David Philip, Cape Town, 1988.

D. Dargie : “Umngqokolo : Xhosa overtone singing”, in African Music (ILAM International Libray of African Music),Grahamstown, South Africa, vol.7, no.1, 1991.

D. Dargie : “Umakhweyane : a musical bow and its contribution to Zulu music”, due out in the next issue of African Music (ILAM) , 2007.

The paper “Thembu Xhosa umngqokolo overtone singing : the use of the human voice as a type of “musical bow” (by D.Dargie) was presented at the ICTM conference in Berlin, June 1993. This paper, with accompanying CD, is now part of the Dargie Series (see below), both CD and booklet being entitled “Umnqokolo”

The “Dargie Series” is a collection (to date) of 40 CDs, 19 booklets and 8 DVDs, with recordings drawn from the research recordings of D.Dargie, 1979 to present, with booklets and texts by D.Dargie. In this series the music of the Lumko district (including the Ngqoko group) is documented in 11 CDs, and 5 DVDs. The music of the Thembu musicians in Hogsback is also on certain CDs, and on three DVDs. A list of the whole series may be obtained from the author, and all the materials in the series may be obtained from him. In 2008 the International Library of African Music (ILAM) in Grahamstown, South Africa, intends to take over publication of the series, and also to begin digitalisation of all the Dargie field recordings, including those not yet included in the series itself .

Prof.Dr. Dave Dargie, University of Fort Hare, Alice 5700, South Africa.

Residential address: Ostpreussenstr.81, D-81927 München, Germany

Tel/fax: ** 49-89-49-16-92 (in Germany : 089-49-16-92)

OVERTONE SINGING UMNGQOKOLO by Xhosa women from SOUTH AFRICA

Video

Published on May 16, 2012
Prof.Dr. Dave DARGIE made the best video recordings from 1985 to 1998 in South Africa with Xhosa female singers .
To obtain more information about Umngqokolo – Thembu Xhosa – Overtone singing, please contact Prof.Dr Dave Dargie,Ostpreussenstr 81, D-81927 München, GERMANY or write to him :
email: dave.dargie@t-online.de

UMNGQOKOLO – Thembu Xhosa – OVERTONE SINGING filmed 1985-1998 in South Africa

Video

Published on May 17, 2012
All these video recordings were made by Prof.Dr. Dave Dargie in South Africa from 1985 and 1998 among the Xhosa tribe .
Mrs. Nowxayilethi Mbizweni sings the song “the Nondel’ekhaya with “ordinary” umnqokolo, umngqokolo ngomqangi and normal voice .
The trio perform Nondel’ekhaya with “ordinary” umngqokolo (Nowayilethi tried ngomqangi, but was battling with “flu”)
Concert at Ngqoko, 22 march 1996 . Nowayilethi and Nosomething lead the Ngqoko group with umngqokolo etc…..
Contact : Prof.Dr. Dave Dargie,
Email: dave.dargie@t-online.de