Category Archives: Tran Quang Hai

tran quang hai uses the software Overtone Analyzer to show it with spectrum

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tran quang hai uses the software Overtone Analyzer to show it with spectrum

20 viewsDec 2, 20211DislikeShareSaveQuangHai Tran 7.12K subscribers

This is the spectrum of the clip Tran Quang Hai sings the undertone throat voice

TRAN QUANG HAI sings the undertone throat voice (new experiment)

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TRAN QUANG HAI sings the undertone throat voice (new experiment)

30 viewsDec 2, 20211DislikeShareSaveQuangHai Tran 7.12K subscribers

tran quang hai tries the new method of undertone bass voice . The result will be known later when he masters this technique. First recording on December 2nd, 2021; this is the spectral analyse of this deep voice

Harmonic kiss 01 02 2009 by BACH YEN & TRAN QUANG HAI

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Harmonic kiss 01 02 2009

1,060 viewsFeb 1, 200961ShareSaveQuangHai Tran 7.09K subscribers Bạch Yến & Trần Quang Hải practise the harmonic kiss . It is the 3rd time they have done it. Limeil Brevannes, Sunday February 1st, 2009

This is one of the exercice of musictherapy I have proposed to the people who work with me . I don’t sing any sound . I play the role of external resonator while the other person sings one note with one pitch . I try to catch her sound in my mouth and I modify the mouth cavity in order to change the volume of space and thus to vary overtones. The 2 persons have no right to touch the lips . This harmonic kiss is a fake kiss and it has nothing to create the weird aspect .

Beautiful HARMONIC KISS by BACH YEN & TRAN QUANG HAI

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Beautiful HARMONIC KISS by BACH YEN & TRAN QUANG HAI

250,578 viewsMay 23, 200952093ShareSaveQuangHai Tran 7.09K subscribers Tran Quang Hai & Bach Yen have improved the loudness of overtones with the harmonic kiss . You can hear harmonics loudly . Jukin Media Verified (Original) * For licensing / permission to use: Contact – licensing(at)jukinmediadotcom Filmed in Limeil Brevannes, France, on Saturday 23 May 2009

QuangHai Tran 9 years ago @Yrusama This is one of the exercice of musictherapy I have proposed to the people who work with me . I don’t sing any sound . I play the role of external resonator while the other person sings one note with one pitch . I try to catch her sound in my mouth and I modify the mouth cavity in order to change the volume of space and thus to vary overtones. The 2 persons have no right to touch the lips . This harmonic kiss is a fake kiss and it has nothing to create the weird aspect .

JOHANNI CURTET & TRAN QUANG HAI , l’expérimentateur de l’oralité

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https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/3654#article-3654

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Migrants musiciens
Entretien

Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité

Johanni Curtet et Quang Hải Trần p. 247-267 Texte | Bibliographie | Notes | Illustrations | Citation | Auteurs

Texte intégral

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1Présenter Trần Quang Hải le temps d’un entretien n’est pas un exercice facile, tant les facettes de cet étonnant personnage sont nombreuses. Je n’aborderai pas ici sa carrière de musicien, avec ses quelques 3000 concerts ; ni celle de compositeur, avec plus de 200 chansons vietnamiennes. Je ne m’attarderai pas non plus sur les raisons de son succès reconnu par des distinctions telles que la médaille de Cristal du CNRS (1995), le Prix Spécial du khöömii à Kyzyl en République de Touva (1995), le Prix du meilleur joueur de guimbardes de Molln en Autriche (1998) et la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur (2002). Je souhaiterais insister davantage sur la période qui a construit l’ethnomusicologue et musicien que nous connaissons, né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam.

2Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans une démonstration basée sur la mélodie de l’Hymne à la Joie de la 9e Symphonie de Beethoven. Fasciné par ce son, je l’appris en autodidacte, sans me préoccuper de savoir comment cela se nommait, ni d’où cela venait. Des années plus tard en 2003, après être entré à l’Université Rennes 2, et au moment de préparer une recherche pour le Master, je réalisai que mon nouveau tuteur, Trần Quang Hải, n’était autre que cette personne « vue à la télé ». Ce fut le début de nos rendez-vous réguliers au Musée de l’Homme, autour du sonagraphe, mais aussi des enregistrements d’archives dont il s’occupait. Depuis nos premières rencontres, par imprégnation, j’ai suivi son sillon. Si sa pensée ethnomusicologique m’a séduit, j’ai retenu de lui un esprit d’écoute et d’ouverture, un besoin de partager et diffuser son savoir ethnomusicologique le plus largement possible, la nécessité de transmettre de la façon la plus simple et accessible qu’il soit, et la capacité à utiliser le matériau « traditionnel » subtilement dans les processus de création. Même si mon contact intensif avec la Mongolie m’a forgé, la présence de Hai dans ma démarche est permanente. Et pour tout cela, je le remercie infiniment. Au moment où paraissent aux Etats-Unis deux ouvrages rétrospectifs sur ses principaux travaux (2018a et 2018b), puisse cet entretien lui rendre hommage à un tournant de sa vie.

J.C.

Comment es-tu arrivé à la musique ?

  • 1 Lire à son sujet l’entretien de François Picard (Picard 1989).

J’ai eu la chance de naître dans une famille de musiciens traditionnels. Je représente la cinquième génération dans ma famille. Depuis mon arrière arrière-grand-père, il y a une évolution. Il était un musicien de cour. Mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient des musiciens amateurs dans le sud du Viêt Nam. Mon père, Trần văn Khê1, a couvert tout le Viêt Nam, est allé à l’étranger, et est devenu le plus grand spécialiste de la musique vietnamienne et asiatique de sa génération. Et moi, le cinquième, j’ai eu plus de chance que lui, car je suis parti d’ici avec un bagage de musique classique occidentale, étant sorti diplômé du conservatoire de Saïgon.

J’étais violoniste et j’ai joué du violon pendant dix ans. Après l’accord de Genève en 1954, le Viêt Nam est devenu plus indépendant. On a créé le premier conservatoire de musique en 1955, en faisant revenir au pays des musiciens qui s’étaient formés en France, en Amérique, etc., pour constituer un noyau de professeurs. J’en ai été le tout premier élève ! Le directeur était un ami de mon père en France. En revenant, il m’a proposé de devenir élève. Comme mon père n’était pas là et que ma mère s’intéressait beaucoup à la musique classique occidentale, elle m’a forcé à suivre cet apprentissage. J’ai appris le violon car c’était facile à transporter. Mon père m’avait envoyé un tout petit instrument. Je l’ai travaillé de 1955 à 1961.

Sorti du conservatoire, je suis venu en France fin 1961 retrouver mon père qui m’a accueilli après treize ans de séparation. Il avait quitté le Viêt Nam en 1949. Je lui ai dit que j’aimerais bien devenir violoniste. Mon père, qui ne voulait pas me forcer, a organisé une rencontre avec son ami Yehudi Menuhin. Après m’avoir entendu jouer, celui-ci me dit : « Tu ne joues pas mal. Mais on n’a pas besoin d’un violoniste vietnamien en Europe. On a besoin d’un maître de musique vietnamienne ! Or tu as un père illustre, détenteur de la tradition vietnamienne ! Pourquoi n’irais-tu pas travailler avec lui ? »

Je ne connaissais rien de la musique vietnamienne. Mon père nous avait quittés quand j’avais cinq ans. Je n’avais rien entendu de cette musique auparavant. Ma mère m’achetait des disques de musique classique : Beethoven, Schubert, Mozart… Et elle me donnait de l’argent pour assister à des concerts. Je détestais la musique vietnamienne ! Après cette rencontre, j’étais très triste et je suis rentré à la maison. Pendant quelques semaines, j’ai beaucoup réfléchis et finalement, un jour, j’ai frappé à la porte de la chambre de mon père pour lui demander de m’accepter comme disciple.

Après dix années à suivre ses cours, il a créé le Centre d’Etudes de Musique Orientale (CEMO) à Paris. Il en était le directeur et il y enseignait la musique vietnamienne. Il y avait des cours de musique d’Inde du Sud avec Nageswara Rao à la vina, de musique iranienne avec Djamchid Chemirani au zarb, et de musique chinoise avec Cheng Shui Cheng à la vièle nan hu. Pendant une année, je n’ai appris que la musique d’lnde. Pendant une autre année, c’était la musique iranienne. J’ai appris le zarb.

  • 2 Trần Quang Hải passera notamment trois années auprès du compositeur Nguyễn Văn Tuòng dans le stud (…)

Pour moi, afin de devenir un bon musicien, il faut connaître à la fois la théorie et la pratique. La théorie permet d’avoir l’idée de ce qui se passe dans la tradition, et la pratique est là pour sentir. Quand on te dit que c’est tel mode, avec telle nuance, tu le sens. Tu dois écouter, jouer, et comme ça tu mets ton âme dans la musique. Il ne s’agit pas d’écouter avec la tête, mais de vibrer avec le cœur ! C’est très important. Quand on devient ethnomusicologue, on laisse souvent tomber la pratique musicale. Moi j’ai eu la chance de faire les deux, mais aussi de découvrir la musique électro-acoustique2 et de m’adonner à la création. Pour moi la tradition n’existait pas. En tout cas, je ne la respectais pas. Avec la musique vietnamienne, j’ai bien appris la tradition, mais je voulais faire autre chose. J’étais trop jeune pour comprendre l’importance de la conserver.

J’ai appris et travaillé très vite. Je n’avais pas beaucoup de temps à la maison. Je travaillais dans le métro, par mémorisation. Quand je jouais le tambour j’en reprenais les gestes. Pareil pour la musique vietnamienne, je n’avais pas d’instrument avec moi, alors j’apprenais par cœur la mélodie avec les noms des notes en vietnamien, et je la retrouvais sur l’instrument ensuite. Je me suis imprégné ainsi de la théorie.

Certaines personnes te connaissent plus en tant que musicien, comme joueur de guimbarde, d’autres pour ta participation à des musiques de films, ou encore à travers la voix de Nono le robot dans le dessin animé Ulysse 31. Faisais-tu cela pour gagner de l’argent dans un contexte où tu devais trouver des solutions pour vivre à ton arrivée en France ? Je suppose que tout cela n’est pas arrivé par hasard.

Mon père travaillait à mi-temps au CNRS. Il ne gagnait pas beaucoup. Il travaillait le soir comme animateur dans les cabarets et restaurants vietnamiens. Il était acteur et doublait aussi les films. Un jour, il m’amena avec lui. On cherchait quelqu’un pour dire quelques mots avec un accent asiatique. Alors j’ai fait un essai. A l’époque on gagnait 100 francs par phrase. Je restais parfois toute la journée pour dire une seule phrase !

J’ai commencé à doubler des comédiens. J’ai rencontré des compositeurs. Je savais jouer des instruments asiatiques. Mais on me demandait de jouer avec mes instruments vietnamiens pour illustrer des films sur le Japon, la Chine, alors je réajustais ma cithare đàn tranh. J’ai rencontré et travaillé ainsi avec Philipe Sarde, Vladimir Cosma, Maurice Jarre, Jean-Claude Petit… Dans le film Banzaï avec Coluche (1983), Le Grand Blond avec une chaussure noire (1972), Le Distrait (1970)… En utilisant le monocorde, la cithare, les cuillères, la guimbarde, le chant diphonique… J’ai participé à une vingtaine de films.

En 1970, mon père m’a demandé de devenir assistant répétiteur au CEMO. Je donnais des cours et, pendant ce temps, je commençais à apprendre d’autres traditions. C’est le mélange de plusieurs traditions qui m’a donné ensuite l’idée de faire de la musique électro-acoustique.

À cette époque du CEMO, ton père t’avait conseillé de consacrer une année entière pour apprendre chaque tradition musicale qui y était enseignée. En dehors des contextes du violon et du Viêt Nam qui t’étaient familiers, quelles leçons as-tu tirées de ces contacts avec d’autres cultures ?

3Sur le plan musical, c’est Yehudi Menuhin qui m’a complètement réorienté en m’incitant à retourner aux sources et à devenir le successeur de ma famille dans la musique traditionnelle vietnamienne.

A Paris, je profitais du passage des musiciens indiens, comme Ravi Shankar, qui était un ami de mon père. Je l’appelais « tonton ». Il y a eu aussi Ali Akbar Khan et les frères Dagar…

Une fois, Ravi Shankar est venu sans joueur de tampura et m’a demandé de venir en jouer derrière lui. Là aussi, il faut connaître leur musique, sinon tu déranges les musiciens. C’était avant d’enter au CNRS, en 1965-66. J’ai été aussi avec Bismillah Khan le joueur de hautbois shehnai, Chatur Lal au tabla, Sharan Rani la joueuse de sarod. Dans les années 1960 on ne trouvait personne pour jouer du tampura. Sharan Rani m’a demandé de l’accompagner une dizaine de fois en tournée. Il faut porter le costume indien, rester calme, assis, derrière. Il faut apprendre les gestes, c’est très important.

Et après l’Inde ?

  • 3 L’impératrice d’Iran.

En 1967, mon père m’a acheté un zarb et j’ai appris avec son élève Djamchid Chemirani. Je voulais apprendre pour comprendre, pas pour devenir musicien. C’est impossible, car en jouant beaucoup d’instruments, on ne peut pas devenir un très bon musicien. Ensuite, j’ai étudié la musique instrumentale iranienne en écoutant les disques. Puis, j’ai rencontré tous les grands maîtres de musique de l’époque : Faramarz Payvar au santur, Hassan Nahid au ney, Hossein Tehrani au zarb, le maître de Chemirani, qui m’a considéré comme son fils… C’est grâce à cela que je suis allé avec mon père au festival de Chiraz en 1970, jouer devant la Shabanou3. J’ai pu visiter l’Iran à cette époque. J’étais vacataire au CNRS, j’avais du temps.

Fig. 1. Trần Quang Hải et son père Trần văn Khê, Festival des arts Chiraz-Persepolis, Iran, 1970.AgrandirOriginal (jpeg, 292k)

Photo D.R., archive personnelle T.Q.H.

Après ça a été la Chine, en 1967. Cheng Shui Cheng est arrivé en France et a demandé à mon père d’être le répétiteur de musique chinoise au CEMO. Il jouait de la vièle erhu et du luth pipa… Il voulait aussi faire une thèse avec mon père. Je me suis inscrit à son cours car je connaissais la vièle vietnamienne đàn cò et je voulais connaître le jeu de la vièle chinoise. Ensuite, j’ai commencé à travailler au Musée de l’Homme et j’ai appris le gamelan en parallèle. L’ambassade d’Indonésie était située non loin de là, dans le 16e arrondissement. Il y avait deux jeux de gamelan sur place, et un bon musicien l’enseignait lors de ses passages en France. J’ai suivi quelques mois de cours. Puis j’ai travaillé avec Geneviève Dournon pour apprendre la musique javanaise et ses règles de base.

J’ai découvert la guimbarde en 1965. Je ne la connaissais pas et ne l’avais jamais vue au Viêt Nam. Tous les mardis après-midi, il y avait une réunion du GAM (Groupe d’Acoustique Musicale) chez Emile Leipp. J’ai pu assister à une présentation de John Wright sur les harmoniques de la guimbarde. Je lui ai demandé de m’expliquer comment jouer. Après cinq minutes, le son sortait ! Il m’a donné ma première guimbarde, une ordinaire, que l’on trouve dans toutes les boutiques.

En 1968, j’ai rencontré le joueur de cuillères Roger Mason. J’en jouais déjà au Viêt Nam. Chaque semaine à la Vieille Grille à Paris, il y avait quatre musiciens qui jouaient : Mason, Wright, Steve Waring et moi. On recevait 10 francs pour les quatre, de quoi acheter nos tickets de métro. On se retrouvait et on commençait à travailler les cuillères en duo.

En 1969, John Wright et Catherine Perrier ont créé le folk club Le Bourdon et lancé le folk revival. Pendant plusieurs années, tous les lundis soirs, on organisait une soirée. On y a vu les sœurs Goadec, les frères Morvan, entendu de la vielle à roue, etc. On y faisait le bœuf.

Je voudrais une précision sur le Centre d’Etudes de Musique Orientale. En dehors de la pratique, je suppose qu’il y avait aussi une activité de recherche.

De temps en temps il y avait un séminaire d’une journée entre les professeurs et les élèves. Si, après quelques mois de pratique, on avait des questions, c’était l’occasion de demander aux maîtres, et mon père dirigeait tout cela. Le CEMO était financé, rattaché à l’Institut de musicologie, et le professeur Jacques Chailley en était le président d’honneur. Il y avait une équipe de patronage avec les grandes personnalités du monde artistique et politique du moment. Les élèves suivaient les cours gratuitement. Mon père était déjà salarié. Chemirani était étudiant, comme d’autres… On faisait cela entre nous. Si certains voulaient des cours privés, alors ils payaient.

Ton contact avec la tradition s’est fait avec ton père.Quel était ton rapport à la tradition ? Et, depuis le Viêt Nam, comment les musiciens percevaient-ils cela ?

Mon premier contact était avec la musique occidentale. Je n’avais pas de connaissances solides. Mais j’ai fréquenté plusieurs courants musicaux : l’Inde, l’Iran, la Chine, la musique moderne, le folk, le contemporain… J’avais appris le théâtre traditionnel avec la voix de fausset, les voix de récitants japonais de gidayu bushi dans le théâtre de marionnettes bunraku,la voix rauque, la voix de nez… Tout cela m’a donné envie de faire une sorte de musique bizarre, improvisée et aléatoire. Je ne faisais jamais la même chose à chaque représentation. La tradition n’était pas conservée et mon père m’a critiqué, car selon lui, il fallait respecter la tradition. Chaque fois que je jouais avec lui, je m’y pliais. Mais quand je jouais avec d’autres, je sortais de la tradition.

Fig. 2. Trần Quang Hải en duo avec sa femme Bạch Yến, Chamber Music Festival, Kuhmo, Finlande, 1982.AgrandirOriginal (jpeg, 332k)

Photo D.R., archive personnelle T.Q.H.

  • 4 Avec le disque Viêt Nam/Tran Quang Hai & Bach Yen.

Plus tard, j’ai fait du free jazz avec des cris, des hurlements. Mon père avait amené un grand professeur vietnamien écouter un concert… Ils sont partis après l’entracte ! Mon père a dit au Viêt Nam que j’étais fou, que je n’étais plus dans la tradition, que je l’avais trahie. Pour lui, j’étais un cheval égaré dans la nature. Alors petit à petit, je suis retourné à la tradition. Je l’ai retrouvée en 1978 avec la rencontre de Bạch Yến, qui est devenue mon épouse. Je commençais à lui donner des cours. Elle était très connue dans la musique de variétés. Elle était depuis douze ans en Amérique, et venait passer ses vacances en France. Je l’ai introduite dans mes tournées, on a joué dans le monde entier. Elle était très expérimentée dans la mise en scène. A l’époque, je portais des jeans et des sabots suédois, comme tous les folkeux. C’est elle qui m’a dit de porter la tunique vietnamienne et de faire le salut traditionnel sur scène… On a donné plus de 1500 concerts scolaires dans le monde. A partir de là, j’ai commencé à faire des disques de musique traditionnelle. En 1983, nous avons obtenu le grand prix du disque de l’Académie Charles Cros4.

Fig. 3. Trần Quang Hải jouant de la guimbarde, département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme, Paris, janvier 2009.AgrandirOriginal (jpeg, 400k)

Photo Bernard Dupaigne

Tes rencontres musicales à Paris t’ont permis de toucher à des expérimentations surprenantes pour l’époque, jusqu’à l’avant-garde. Dans le développement de ta pratique musicale, qu’est ce que tout cela t’a apporté ?

  • 5 Cf. le disque La guimbarde de John Wright (1971). Invité sur ce disque, Trần Quang Hải joue un acco (…)

Tout ce que j’ai appris a pu être intégré dans des pratiques différentes. Aux cuillères par exemple, je me suis inspiré des roulements du zarb pour créer un effet identique. A partir de la guimbarde, j’ai repris l’utilisation de la bouche comme résonateur pour en faire de même avec les cuillères. A la cithare vietnamienne, j’ai inventé la manière de jouer des harmoniques. Cela existait au monocorde mais ne se faisait pas sur la cithare. De même à la guimbarde, j’ai été le premier à introduire le rythme5. Toutes les choses actuellement sont axées sur le rythme, tous les joueurs de guimbarde le font. J’ai aussi introduit la guimbarde vietnamienne đàn môi qui n’était pas encore connue, en y intégrant des techniques inédites.

Comment es-tu arrivé à l’ethnomusicologie ?

Quand je suis arrivé en France fin 1961, je me suis inscrit en musicologie à la Sorbonne. Il y avait une affiche sur l’Ecole des Hautes Etudes présentant l’ethnomusicologie. Mon père et moi nous sommes inscrits chez Claudie Marcel-Dubois. Mon père était déjà professeur de musicologie orientale à la Sorbonne. Il avait soutenu sa thèse en musicologie en 1958 sous la direction de Jacques Chailley. Tout en enseignant les musiques asiatiques, il s’était formé à l’ethnomusicologie. Il y avait aussi Lucie Rault, Hugo Zemp… J’ai commencé à étudier l’ethnomusicologie en 1963. Plus tard, j’ai fait partie des fondateurs de la SFE en 1983.

  • 6 Trần Quang Hải a été rattaché au Musée des Arts et Traditions Populaires de 1968 à 1987.

En 1965, Gilbert Rouget a remplacé André Schaeffner au Musée de l’Homme et créé une équipe de recherche. J’y suis entré en 1968 car j’étais son étudiant. Je suivais son cours de méthodologie. Un jour, alors qu’il cherchait quelqu’un pour s’occuper des archives sonores, il s’est tourné vers mon père, qui m’a recommandé car je cherchais du travail. Il m’a pris en tant que vacataire. Après trois mois d’essai, il m’engagea et je devins collaborateur technique, comme Bernard Lortat-Jacob qui faisait la même chose chez Claudie Marcel-Dubois. Il me confia donc les archives et me demanda d’en établir l’inventaire. Le mardi, j’aidais Claudie Marcel-Dubois en enregistrant ses cours au Musée des ATP. Elle me demanda aussi d’animer des séances d’écoutes à partir des nouveaux disques parus6.

Comment s’est passé ce rapport avec l’équipe du Musée de l’Homme ? Avais-tu la liberté de faire tes propres recherches ?

Quand j’avais fini de m’occuper des archives sonores, je pouvais faire ce que je voulais. Je montais des exemples sonores pour les cours de Mireille Helffer, Miriam Rovsing Olsen ou Pierre Sallée. Quand Rouget a pris connaissance de mon premier article sur le chant diphonique (1980), il m’a testé en me demandant de faire des transcriptions pour Un roi africain et sa musique de cour (Rouget 1996). Pendant douze ans, j’ai travaillé avec Rouget : deux heures de transcription par jour pour ce livre ! Après quatorze ans, le livre est sorti et a obtenu le grand prix de l’Académie Charles Cros en littérature musicale.

Ta position en France a-t-elle influencé la musique et la recherche au Viêt Nam ?

J’ai trois élèves en guimbarde au Viêt Nam. Ils jouent mieux que moi maintenant. Il y a d’autres joueurs, mais cela n’est pas considéré au pays. C’est moi qui ai fait revivre cette pratique. J’ai demandé à l’Institut vietnamien de musicologie d’organiser un mini-festival de guimbarde avec des rencontres et une dizaine de joueurs internationaux. J’ai invité un groupe techno pour montrer l’évolution de la tradition, ce qui répondait aux souhaits des jeunes.

  • 7 Ces deux émissions intitulées « Tran Quang Hai in Hanoi » et « Tran Quang Hai in Saigon », tirées d (…)

En 2002, la BBC m’a contacté pour faire deux programmes d’une heure sur la situation de la musique au Viêt Nam, alors que je n’avais pas vu mon pays depuis quarante ans. J’étais indésirable au Viêt Nam, car j’avais aidé les boat-people. Même si la BBC était bien vue par l’Ambassade du Viêt Nam, on refusa de me délivrer un visa. Alors la BBC a voulu annuler l’émission. L’Ambassade a écrit au Ministère de l’Intérieur. Le Ministre de l’Intérieur a fini par envoyer un visa exceptionnel pour moi. Nous sommes donc allés là-bas. Le pays y voyait son intérêt7.

J’ai soutenu de jeunes chercheurs vietnamiens pour les faire entrer à l’ICTM en tant que membres. J’assurais aussi leur traduction pour la partie discussion lors des congrès. Aujourd’hui, après quinze ans, ces jeunes commencent à bien parler l’anglais et sont autonomes. Désormais, cinq personnes de l’Institut de musicologie du Viêt Nam sont membres de l’ICTM. En 2010, ils ont organisé pour la première fois au Viêt Nam la réunion de deux Study Groups, sur les musiques et les minorités et sur l’ethnomusicologie appliquée. Ils font beaucoup de films et d’articles et ils ont maintenant un site internet en anglais et en vietnamien.

  • 8 Sa carrière d’ingénieur au CNRS s’étend de 1968 à 2009, année de sa retraite. En parallèle il a été (…)

Je voudrais que tu expliques pourquoi et comment tu as choisi d’étudier le chant diphonique dans tes premières années au CNRS8. Est-ce que tu t’intéressais déjà aux voix d’Asie, ou cela est-il venu d’une fascination pour cette technique vocale à la première écoute ?

J’avais déjà travaillé le chant dhrupad de l’Inde en 1964, puis la voix de fausset dans le théâtre traditionnel vietnamien. J’ai rencontré un maître japonais pour le théâtre de marionnettes bunraku. J’avais travaillé aussi la voix de gorge et la voix tibétaine.

Roberte Hamayon a déposé ses enregistrements au Musée de l’Homme en 1969. Je les ai écoutés. Elle est revenue deux semaines plus tard et m’a demandé si j’avais remarqué quelque chose de particulier dans la musique vocale. Elle m’expliqua qu’il y avait une personne qui chantait avec deux voix en même temps. Je n’avais jamais entendu cela. Nous réécoutions ensemble et je n’entendais que « ou » (un bourdon) et ensuite quelqu’un qui sifflait. Elle me dit que c’était une seule personne qui produisait ces deux sons simultanément. Je ne la croyais pas ! J’ai réécouté et copié cet extrait, et je l’ai écouté des dizaines de fois sans n’y rien comprendre. J’ai ramené cet extrait à Emile Leipp pour lui demander si c’était bien vrai, qu’une seule personne puisse produire deux sons en même temps. Il m’a dit : « C’est formidable ! ». En regardant au sonagraphe, il voyait qu’une seule personne réalisait un bourdon et une mélodie d’harmoniques.

Un jour que je rentrais chez moi, dans un embouteillage sur le périphérique, je chantais pour me calmer. J’ai entendu un sifflement dans la voiture et compris qu’il provenait de la position de ma langue dans ma bouche, mais je n’y ai pas prêté attention. J’ai gardé ma langue dans la même position pendant tout le trajet. En rentrant à la maison, ma femme m’a vu avec la langue collée au palais… C’est ainsi que je produisais les harmoniques. Nous avons alors pris une cassette pour enregistrer.

Le lendemain, je suis allé voir Leipp et lui ai fait écouter cette cassette. Lorsqu’à sa demande, j’ai essayé de reproduire cet effet, je n’y arrivais plus. Je retrouvais le son, mais sans arriver à moduler.

  • 9 Il s’agit d’un exercice de modulation des lèvres passant du « o » au « u » puis au « i » permettant (…)

J’ai passé encore deux ou trois mois à travailler sur l’exercice de prononciation « o-u-i »9, tout en commençant à me documenter sur le sujet. Des gens avaient déjà écrit sur le chant de gorge. Au département, on a acheté un sonagraphe. J’ai pu produire des traces, et en 1975, j’ai écrit un article dans le Bulletin du Centre d’Etudes de Musique Orientale. Puis en 1977, un Japonais est venu et m’a demandé d’écrire un article sur le chant mongol pour un festival qu’il organisait. J’ai demandé à Denis Guillou, l’ingénieur du son du Musée des ATP, d’expliquer les choses techniquement. Ensuite, nous sommes allés voir Michèle Castellengo, qui a fait des mesures sur le sonagraphe. Puis, nous avons écrit un article sur les recherches expérimentales sur le chant diphonique, publié dans le livre Musical Voices of Asia en 1980. C’était mon premier article de recherche important. Dix ans plus tard, en 1989, sortait le film Le Chant des Harmoniques. A partir de là, j’ai été fortement sollicité pour participer à des congrès et donner des ateliers. Des phoniatres m’ont également proposé de faire des nasofibroscopies, etc.

En 1987, Hugo Zemp, après avoir écouté ce que je faisais depuis des années, m’a proposé de tourner un film avec lui. On commença à se voir et à définir ce qu’il fallait faire. D’abord, on envisageait un film pédagogique : un premier volet sur l’origine, la pratique, puis l’analyse spectrale. Mais tout le monde nous reprochait de préparer une sorte de collage. Et Hugo a refait le scénario. On y a travaillé jour et nuit et le film a été achevé début juillet 1989 et présenté le 12 du mois à l’ICTM. Ce film a reçu un accueil exceptionnel, à tel point qu’il a même pu être rentabilisé !10.

Par la suite, le Laboratoire d’ethnomusicologie a eu pour projet le coffret Les Voix du Monde en trois CDs (1996). On m’a demandé d’en faire la sélection musicale. J’y ai passé des mois. Au départ j’avais 20 heures de sélection, puis on a réduit à 10 heures, puis 5 heures, puis 3 heures et 30 minutes au final. Le livret a été rédigé par Gilles Léothaud, Bernard Lortat-Jacob et Hugo Zemp ; c’est Jean Schwarz qui a réalisé le travail technique, et moi l’analyse spectrale. On a fait un livret de 190 pages et une sélection de documents très importants. C’est Le Chant du Monde qui a conservé les originaux. Aujourd’hui, le disque est épuisé, mais est accessible en ligne sur la base d’archives du CNRS11.

Fig. 4. Le diphoneur Ganbold Taravjav et Trần Quang Hải, lors du tournage du film « Le chant des harmoniques » et de la programmation « Musiques rares de Mongolie », Maison des cultures du monde, Paris, 1988.AgrandirOriginal (jpeg, 368k)

Photo D.R.

Fig. 5. Trần Quang Hải et le sonagraphe au département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme, au cœur des archives sonores, Paris, 2007.AgrandirOriginal (jpeg, 468k)

Photo Trân Quang Ha

Tu fais des interventions sur le chant diphonique et la musique du Viêt Nam pour des publics très divers. Tu as contribué à diffuser à très grande échelle l’image d’une ethnomusicologie qui se situe entre recherche, pratique et médiation scientifique. Cela vient-il d’un héritage de la vision de ton père sur la discipline ? Ou l’as-tu développée par toi-même en découvrant au fur et à mesure ce qu’était pour toi l’ethnomusicologie ?

Je dois beaucoup à mon père pour la connaissance, la transmission et la communication. Il m’a dit que si je pouvais me faire comprendre des enfants, je réussirais. C’est mon père qui m’a enseigné la musique et la théorie. J’ai appris cela de lui : si l’on veut connaître la tradition, il faut connaître la théorie et la pratique, mais sans chercher à innover. Personnellement, je vois les choses différemment. On ne peut plus faire comme si l’on vivait il y a 100 ou 200 ans… Il faut développer la musique, la moderniser, sans trahir la tradition. Et pour cela, il faut bien la connaître. La musique vietnamienne est monodique. Si tu y mets de la polyphonie, ce n’est plus de la musique vietnamienne. C’est comme si tu faisais un plat vietnamien en mettant du beurre dans la sauce… On perd le goût ! Ce n’est pas ça. Il vaut donc mieux emprunter dans les cultures voisines. Tu peux par exemple chercher des idées dans la musique indienne car, comme dans la musique vietnamienne, on y retrouve le prélude improvisé. Tu dois bien connaître l’échelle, les ornements spécifiques. Tu peux changer les phrases mais tout en restant dans le mode, sans sortir de l’échelle. Là, ça marche ! Dans ce cas, tu ne trahis pas ! Si tu enrichis la tradition avec discernement, c’est très bien. Et là tu peux intéresser les jeunes. Car ils s’intéressent beaucoup à l’improvisation.

Je comprends que ton rapport à la tradition est une manière de concilier les approches orientale et occidentale. Cela se retrouve dans tes activités de recherche, de pratique et de médiation. Comment résumerais-tu ta méthode ?

Ma méthode, c’est que tout dépend du public. Tu présenteras la même chose mais de différentes manières selon ses réactions et son degré de compétence. Pour les enfants par exemple, je prendrai des choses simples et je choisirai des choses plus compliquées pour les adultes.

L’apport de l’Occident est très important. En Orient on écoute le maître : c’est la tradition orale, mais cela prend du temps. En Occident, on ne peut pas consacrer trois ou quatre ans pour l’apprentissage, alors on a recours à des partitions. Elles donnent une ossature, elles constituent un aide-mémoire. J’en donne à chaque élève comme base. Ensuite, je demande à chacun de faire des variations à partir de cela. Comment imaginer et créer des mélodies sur la base de ce leitmotiv ? Ce qui est important, c’est d’aider.

Le but de l’échange est d’enrichir, pas d’appauvrir. On peut faire des choses intéressantes. Dans un jardin, on dit que la rose est la plus belle des fleurs. Mais, pour faire ce jardin, il faut aussi des lotus, des herbes sauvages et d’autres variétés.

  • 12 Professeur invité par les universités et musées dans plus de cinquante pays.

Tu as été reconnu pour une large diffusion de ta recherche12. Sur le plan international, il y a aussi ton implication active au bureau de l’ICTM ?

J’en suis membre depuis 1977. J’ai été douze ans membre du bureau et pendant quatorze ans agent de liaison, jusqu’en 2004, soit vingt six ans au total. En 2005, en Angleterre, je me suis présenté comme membre du bureau car depuis Marcel-Dubois, qui avait été vice-présidente pendant dix ans, la France n’y avait pas de représentant. J’ai été élu de 2005 jusqu’à 2011. J’ai renouvelé ma candidature et suis resté au bureau jusqu’en 2017.

Lors des congrès de l’ICTM, j’ai fait beaucoup de workshops destinés aux chercheurs pour leur faire découvrir le chant diphonique par l’apprentissage. A chaque fois, trente à quarante personnes les suivaient. Tout le monde chantait !

Fig. 6. Rencontre avec les maîtres mongols au cours des répétitions pour la tournée de sortie du disque Une Anthologie du khöömii mongol.AgrandirOriginal (jpeg, 556k)

De gauche à droite : Amartüvshin Baasandorj, les mains de Sengedorj Nanjid, Tserendavaa Dashdorj, le manager Otgonbaatar-Tsend-Ochir, Johanni Curtet, Trần Quang Hải, Davaajav Rentsen, Odsüren Baatar. Le Mans, La Fonderie, 2016.

Photogramme de Jean-François Castell, tiré des rushes du film Voyage en Diphonie.

Tu as grandement contribué à diffuser la connaissance et éveiller la curiosité autour du chant diphonique au niveau international. Personne d’autre n’a fait ce que tu as fait à cette échelle. Au point que je rencontre parfois des personnes qui pensent que les Viêt Namiens pratiquent aussi le chant diphonique traditionnellement, même si tu l’as toujours démenti. En tant que chercheur, tu as émis des hypothèses sur d’éventuelles applications thérapeutiques, en lien avec le chamanisme, etc. C’était des questionnements de chercheur, mais le courant new age a pris cela pour argent comptant. Tu as conscience de ce phénomène et tu le critiques. Quand on est passeur d’une recherche et d’une tradition, comment veiller à ce que les choses puissent être transmises dans le respect de la culture ? Et avec le recul, quel est ton regard sur la diffusion de cette technique vocale dans le monde ?

  • 13 Pratique de chant diphonique profond et rauque à double bourdon.

Il y a de bonnes et de mauvaises choses. Les bonnes choses : beaucoup de gens s’y intéressent pour l’utiliser dans des créations contemporaines. Les mauvaises choses sont l’application du chant diphonique dans les recherches ésotériques. Les Mongols et les Touvas n’ont jamais eu cette idée de faire une thérapie ou un massage sonore avec cette technique vocale ! Tout cela a été inventé par les Occidentaux, qui y ajoutent le didgeridoo, le bol tibétain, et font vibrer tout cela avec des harmoniques sur le corps des gens. Ils disent qu’il y a des relations entre les harmoniques et la voix tibétaine par exemple, mais ils n’ont pas compris comment cela est produit et ignorent d’où cela vient précisément. De même, entre la voix grave du bouddhisme et le kargyraa13 des Touvas, c’est différent. Depuis 1969, j’ai été parmi les premiers à mettre en ordre les écrits sur le sujet, sans entrer dans le détail des aspects ethnologiques, mais sur la production du son, car je n’ai jamais eu un apprentissage comme toi. Quand tu le fais, c’est avec la vraie tradition. Moi je ne chante pas la vraie tradition, je ne fais que ce que je sais faire.

Je ne peux pas refuser d’aider les gens qui me sollicitent. J’ai la clef, mais c’est à eux d’ouvrir les portes. Certains travaillent sur la résonance dans le corps, et ensuite ils font n’importe quoi. Ils doivent être responsables de ce qu’ils font. Un stagiaire m’a même demandé comment devenir chamane en Mongolie ou à Touva. Il ne savait pas que les chamanes sont sélectionnés en fonction de leurs qualités et qu’ils suivent ensuite un apprentissage très dur. Tu ne peux pas passer trois ou quatre mois là-bas et dire que tu es chamane ! Dans ce genre de cas, je ne peux pas intervenir, chacun a la liberté de faire ce qu’il veut. Mais en tant que scientifique, je ne veux pas devenir gourou, je suis très bien au CNRS !

Je voudrais revenir sur ton activité de pédagogue. Peux-tu me parler de tes différentes expériences ?

Pour la transmission sur le plan pédagogique, j’ai commencé par des mini-concerts. Je me suis demandé : comment faire comprendre avec des mots simples ce que je fais. Il n’y a que les enfants pour cela ! Comment, en 40 minutes, peut-on expliquer les instruments, le chant, mélanger avec des jeux pour faire rire et expliquer la technique ? J’ai contacté les Jeunesses Musicales de France. Et j’ai travaillé avec cet organisme pendant douze ans, avec environ 600 concerts scolaires. Je suis aussi allé chaque année deux à trois semaines en Norvège pendant trente ans pour des interventions du même type.

  • 14 Musiques du monde (1993). Lire le compte-rendu de Laurent Aubert dans les Cahiers d’ethnomusicologi (…)

Suite à cela, Michel Asselineau m’a contacté pour travailler avec les éditions Fuzeau. Il avait un projet de livre sur les instruments du monde14 et me proposait de faire la partie organologique. J’ai sélectionné les instruments, les ai décrits et choisi les enregistrements et lui se chargeait de la partie historique. Le projet n’a pu se faire avec Le Chant du monde, pour des raisons économiques. Pourtant, une grande partie des enregistrements provenait de la collection du Musée de l’Homme et du CNRS. Nous nous sommes alors tournés vers le label Playasound, mais cette solution était moins bonne. J’ai pu sélectionner 78 exemples sonores. Le livre a reçu le soutien du ministère de l’Education nationale et a été diffusé dans toutes les écoles. Il a été traduit en anglais, en allemand et en espagnol.

Tu as donné de nombreux stages de chant diphonique ou de guimbarde et de cuillères. Selon toi, qu’est-ce qui est le plus important à transmettre ?

Tout dépend de l’objectif de chaque stage : à chaque fois l’approche change selon que le stage est pour débutants ou avancés. Je corrige chaque personne et tout le monde doit travailler plus tard. Cela ne sert à rien de suivre des cours sans fournir de travail personnel. Seules comptent la persévérances et la passion ! Si l’on ne travaille pas, même avec le meilleur maître du monde, on n’y arrive pas !

Tu as toujours transmis avec beaucoup d’enthousiasme, ce qui donne envie d’aller vers l’ethnomusicologie. C’est ce qui s’est passé pour moi quand je t’ai vu en concert avec ta femme à Rennes en 2003, et plus tard en stage. Quels conseils donnerais-tu à un futur apprenti ethnomusicologue ?

Jusqu’à présent, quand tu commences à étudier l’ethnomusicologie, il y a deux directions que tu peux prendre : l’étude interne et l’étude externe.

Externe : tu fais comme les musicologues, tu es en dehors de la tradition, tu es observateur. Tu viens, tu vois, tu écoutes, tu enregistres, et tu rentres chez toi, au laboratoire, pour analyser selon tes connaissances théoriques. Tu publies sur cette musique, sans entrer dans le détail, car tu ne connais pas la langue. Cela ne t’intéresse pas. Tu ne défends pas la tradition.

Interne : tu choisis le terrain, tu apprends la langue, tu restes pendant un an ou plus, tu fais comme les gens, et en rentrant ici, tu défends cette tradition. Tu deviens un spécialiste.

Moi je suis une troisième voie : celle des recherches appliquées. J’étudie une tradition et je vais tenter de la comprendre et la transmettre en pratique plus largement. Cette tendance se développe de plus en plus et donne des résultats intéressants. Je ne le fais pas pour moi. Souvent, les chercheurs gardent jalousement leurs connaissances de terrain : c’est « mon » peuple, « mon » ethnie. Il ne faut pas marcher sur leur territoire. Cela crée des jalousies quand on travaille sur le même terrain. Je fais une sorte de vulgarisation de la recherche et de la musique, pour rendre les choses disponibles pour tout le monde. J’accepte de participer à plusieurs congrès qui ne sont pas de notre discipline : en médecine, en création, composition, avec des gens qui n’ont rien à voir avec l’ethnomusicologie. Chacun me pose des questions et je cherche dans ma tradition des questions sur lesquelles on pourrait discuter et échanger. Ainsi, j’ai suivi une année d’anatomie de la voix pour mieux comprendre et communiquer avec des phoniatres qui m’interrogeaient. D’autre part, pendant une année scolaire, tous les samedis matin, j’ai suivi le cours d’analyse acoustique de Leipp. Il a même fait un bulletin du GAM sur moi en 1971, et c’est là qu’il a inventé le terme de « chant diphonique », repris par la suite par Gilles Léothaud et moi-même.

Pour devenir un bon ethnomusicologue, tout d’abord, il faut que tu soies musicien. Pas dans le but de devenir professionnel, mais d’apprendre à jouer un instrument, pour le sentir. D’autre part, il faut connaître la langue, en plus de l’anglais.

Fig. 7. Portrait, lors de mon entretien chez Trần Quang Hải, Limeil-Brévannes, 17/01/19.AgrandirOriginal (jpeg, 444k)

Photo Johanni Curtet.

J’ai beaucoup d’élèves, et j’ai réalisé tout ce que j’ai rêvé de faire quand j’étais enfant : écrire dans le dictionnaire, jouer dans les films, faire des films, recevoir des distinctions. Si je survis, c’est la récompense de Dieu. Après soixante ans, au Viêt Nam, on passe un cycle de vie. J’ai donc quinze ans de bonus pour l’instant ! Je n’ai pas de tristesse ni d’angoisses. Si je donne des cours ou des spectacles, je donne toute ma force. C’est là que j’oublie la maladie. Mais ce n’est pas la fin !Haut de page

Bibliographie

AUBERT Laurent, 1994, « Michel ASSELINEAU, Eugène BEREL et TRAN QUANG Haï, Musiques du monde », Cahiers d’ethnomusicologie 7 : 249-250, en ligne : <https://journals.openedition.org/ethnomusicologie/1441>.

CASTELL Jean-François, 2018, Voyage en Diphonie. Paris : Les Films du rocher, A Propos productions, film 73’.

CURTET Johanni, 2017, (avec Nomindari Shagdarsuren) Une Anthologie du khöömii mongol. Paris : Buda Musique, Routes Nomades, coll. « Musiques du monde ».

DURAN Lucy, 2002, « Tran Quang Hai in Hanoi » et « Tran Quang Hai in Saigon », sujets de l’émission World Routes pour la radio BBC 3, en ligne : <www.bbc.co.uk/programmes/p005xjph>.

LEIPP Emile, 1971, Bulletin du Groupe d’Acoustique Musicale 58 : La musique religieuse au Tibet. Le problème acoustique du chant diphonique.

PICARD François, 1989, « Tràn Van Khê », Cahiers d’ethnomusicologie 2 : 235-242, en ligne : <http://journals.openedition.org/ethnomusicologie/2346>.

ROUGET Gilbert, 1996, Un roi africain et sa musique de cour. Chants et danses du palais à Porto-Novo sous le règne de Gbèfa (1948-1976). Paris : CNRS éditions.

SCHAEFFNER André, 1994 [1936], Origine des instruments de musique : introduction ethnologique à l’histoire de la musique instrumentale. Paris : éditions EHESS.

WRIGHT John, 1971, La guimbarde. Paris : Le Chant du Monde, coll. « Spécial instrumental », 1 LP LDX 74434.

ZEMP Hugo, Bernard LORTAT-JACOB & Gilles LÉOTHAUD, dirs, 1996, Les Voix du monde. Une anthologie des expressions vocales. Paris : CNRS/Musée de l’Homme, coll. « Le chant du monde ».

Bibliographie, discographie, filmographie et webographie sélective

Livres

1987 (avec Trần văn Khê) Tran Van Khê et le Viet Nam. Paris : Revue Musicale 402-404.

1989 Âm nhc Vit Nam biên kho (Études sur la musique vietnamienne). Paris : Bắc Đấu.

1993 (avec Michel Asselineau et Eugène Berel) Musiques du Monde. Courlay : J. M. Fuzeau ; traduit chez le même éditeur en anglais (Musics of the World 1994), allemand (Musik aus aller Welt 1996), et espagnol (Músicas del Mundo 1998).

1995 (avec Michel Asselineau, Eugène Berel, Claudine Chapgier-Laboissière) Musiques et Danses Traditionnelles d’Europe. Courlay : J. M. Fuzeau.

2018a 50 Years of Research in Viêt Namese Traditional Music and Overtone Singing. États-Unis : T Sách Khai Trí.

2018b 50 năm nghiên cúu nhc Dân tc Vit (50 ans de recherches en musique traditionnelle vietnamienne et chant diphonique). États-Unis : T Sách Khai Trí.

Chapitres d’ouvrages

1980 (avec Denis Guillou) « Original research and acoustical analysis in connection with the xöömij style of biphonic singing », Musical Voices of Asia. Tokyo : The Japan Foundation : 162-173.

1983 « Note à propos du chant diphonique mongol », Mongolie-Mongolie, traditions de la steppe (catalogue de l’exposition). Paris : Musée de l’Homme, AFAA : 57.

1987 « Improvisation et variations dans la musique vietnamienne », in Bernard Lortat-Jacob, éd. : L’improvisation dans les musiques de tradition orale. Paris : Selaf : 203-207.

1990 « Les musiques vocales », in Jean-Marc Alby, Catherine Alès & Patrick Sansoy, dir. : L’Esprit des voix. Études sur la fonction vocale. Grenoble : La Pensée sauvage, coll. « Corps et psychisme » : 43-52.

1991 « Les différents styles de chant diphonique », Actes de l’Universon. Narbonne : 45‑52.

1992 « Instruments traditionnels et musiques à bourdon : la voix diphonique », Actes du II  e colloque départemental d’éducation musicale en Seine et Marne, Autour de l’instrument de musique. Melun : 15‑21.

1995a « Le chant diphonique : description, historique, styles, aspect acoustique et spectral ». EM, Annuario degli Archivi di Etnomusicologia dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia 2 : 123-150.

1995b « Survey of overtone singing style », in Dokumentation 1994, actes du congrès de l’European Voice Teachers Association (Detmold, 1994). Detmold : EVTA : 49-62.

1997a « Recherches introspectives sur le chant diphonique et leurs applications », in Gérard Dessons, dir., Penser La Voix. Poitiers : La Licorne : 195-210.

1997b « Overtones in Central Asia and in South Africa (Xhosa vocal styles) », Proceedings of the First South African music and dance conference and 15th Symposium on ethnomusicology, Confluences : cross-cultural fusions in music and dance. University of Cape Town : 422‑432.

1998 « Survey of overtone singing style », in Horst Gunderman, éd. : Die Ausdruckswelt der Stimme, Stuttgarter Stimmtage. Hüthig : 77-83.

1999 « Overtones used in Tibetan Buddhist Chanting and in Tuvin Shamanism », Ritual and Music. Vilnius : Lithuanian Academy of Music, Department of Ethnomusicology : 129-136.

2000 « Some experimental and introspective research on Xöömij overtone singing », Proceedings WESTPRAC VII. Université de Kumamoto : 593‑598.

2002a « À la découverte du chant diphonique », in Guy Cornut, dir. : Moyens d’investigation et pédagogie de la voix chantée. Lyon : Symétrie : 117-132.

2002b « New experiments on overtone singing », in Hellmut K. Geissner, dir. : Stimmkulturen 3, Stuttgarter Stimmtage 2000. St. Ingbert : Röhrig Universitätsverlag : 65-70.

2003 « Polyphony in one Throat », Proceedings of the First International Symposium on Traditional Polyphony. Tbilisi : 274‑287.

2012 (avec Nicholas Bannan) « Vocal Traditions of the World : Towards an Evolutionary Account of Voice Production in Music », in Nicholas Bannan, éd., Music, Language & Human Evolution. Oxford : Oxford University Press : 142-172.

Articles

1975 « Technique de la voix chantée mongole : Xöömij », Bulletin du Centre d’Études de Musique Orientale 14-15 : 32-36.

1976 « Viêt Namese Traditional Music », Oriental Music : 46-49.

1979 « Un regard sur les disques de musique traditionnelle », Bulletin du Centre d’Études de Musique Orientale 22-23 : 54-76.

1980 « Discographie sélective. Asie », Bulletin du Centre d’Études de Musique Orientale 24-25 : 45-57.

1984 « Le chant diphonique : à propos du chant Xöömij », Cahiers de l’animation musicale 31: 67-69.

1985 « La musique du Viêt Nam », Musique et Culture (30) 8 : 20 p.

1987 « La musique et les réfugiés », Revue musicale 402-403-404 : 125-133.

1988 « Une dynastie de musiciens vietnamiens », Cahiers de musiques traditionnelles 1 : 140-143.

1989 « Réalisation du chant diphonique », Le Chant diphonique,dossier 1. Limoges : Institut de la Voix : 15-16.

1991a (avec Hugo Zemp) « Recherches expérimentales sur le chant diphonique », Cahiers de Musiques traditionnelles 4 : 27-68.

1991b « New experimental about the Overtone Singing style », Nouvelles Voies de la Voix 1re partie, Bulletin d’audiophonologie 7 : 607‑618.

2000 « I numeri nella musica asiatica », Matematica e cultura : 285-292.

2001a « Chant Diphonique », Science et conscience 2 : 42‑44.

2001b « Viêt Namese Music in Exile since 1975 and Musical Life in Viêt Nam since Perestroika », The World of Music 43, 2/3 : Folk Music in Public Performance : 103-112.

2006 (avec Bạch Yến) « Ca Trù on the acoustical point of view », Bulletin Thông báo khoa h18 : 71-79.

Entrées de dictionnaires et encyclopédies

Nombreux articles sur les musiques du Viêt Nam et d’Asie dans New Grove Dictionary of Music and Musicians (1e édition, 1980 et 2e édition, 2001), New Grove Dictionary of Musical Instruments (1984), Algemeine Muziekencyclopedia (1982), Encyclopaedia Universalis (1984, 1986, 1988, 1990, 1991).

Recensions

94 recensions de disques et ouvrages dans les revues Asian Music, Yearbook for Traditional Music, The World of Music, Yearbook of the International Folk Music Council, Revue de Musicologie, Ethnomusicology, Cahiers de musiques traditionnelles.

Filmographie

2004 (avec Luc Souvet) Le chant diphonique, réalisé par Christian Béguinet. Saint-Denis de la Réunion, CRDP de la Réunion, DVD, vidéo, 27’.

2005 [1989] (avec Hugo Zemp) Le Chant des Harmoniques, réalisé par Hugo Zemp. Paris, CNRS Audiovisuel, Musée de l’Homme, Société française d’ethnomusicologie, DVD et 16 mm, 38’.

2005 Hai : parcours d’un musicien vietnamien, réalisé par Pierre Ravach, Bruxelles, 52’.

2006 La Voix, réalisé par Patrick Kersalé, avec la collaboration de Tràn Quang Hài. Lyon : Éditions musicales Lugdivine, coll. « Thèm’Axe », DVD, vidéo, 140’.

2012 Mystères des voix du monde, réalisée par Patrick Kersalé, avec la collaboration de Tràn Quang Hài, 24’53.

Discographie

1971 Cithare Viêt Namienne (Le Dan Tranh). Paris : Le Chant du Monde, 1 LP LDX 74454, coll. « Special Instrumental ».

1973 (avec Truong Tăng) Le Chant de la Rivière des Parfums. Paris : PES, 1 LP 528 003.

1976a Viêt Nam : Nouvelle Musique Traditionnelle. Paris : Ocora, 1 LP 558 012.

1976b (avec Hoàng Mộng Thúy) Musique du Viêt Nam : Tradition du Sud. Anthologie de la musique des Peuples. Paris : AMP, 1 LP 72903.

1976c (avec Hoàng Mộng Thúy) Musique Traditionnelle du Viêt Nam. Paris : Aide à l’Enfance du Viêt Nam, 1 LP AEV 01.

1977 Viêt Nam : Tran Quang Hai et Bach Yen. Paris : Playasound, coll. « Musiques de l’Asie traditionnelle », vol.10, 1 LP PS 33514.

1978 Musica del Viêt Nam. Milan : Albatros Records, 1 LP VPA 8396.

1979 (avec Bạch Yến) Cithare et Chansons Populaires du Viêt Nam. Paris : Aide à l’Enfance du Viêt Nam, 1 LP AEV 02.

1980 (avec Hoàng Mộng Thúy) Music of Viêt Nam. New York : Lyrichord 1 LP LLST 7337.

1983a Viêt Nam / Tran Quang Hai & Bach Yen. Paris : Studio SM, 1 LP 3311.97 (Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros).

1983b Viêt Namese Dan Tranh Music. New York : Lyrichord, 1 LP LLST 7375.

1988 (avec Bạch Yến) Viêt Nam : Dreams and Reality. Paris : Playasound, 1 CD PS 65020.

1993 Cithare vietnamienne. Paris : Playasound, 1 CD PS 65103.

1996 (avec Bạch Yến) Fêtes traditionnelles vietnamiennes. Paris : Studio SM, 1 CD D-2504.

1996 Landscape of the Highlands. North Carolina : Latitudes, 1 CD LAT 50612.

1997a Guimbardes du Monde. Paris : Playasound, 1 CD PS 66009.

1997b That’s All Folk ! Paris : Le Chant du Monde, 2 CDs CML 5741015.16.

Webographie

http://tranquanghai.com

http://tranquanghai.info

http://tranquanghai1944.com

http://tranvankhe-tranquanghai.com

http://haidiphonie.com

http://tranquanghaisworldthroatsinging.com

http://tranquanghaidanmoivn.wordpress.com

Chaîne YouTube : www.youtube.com/user/tranquanghai

Le Chant Diphonique avec Tran Quang Hai / Clé d’Écoute multimédia du CREM-CNRS : http://ehess.modelisationsavoirs.fr/ethnomus/diphonique/hai1.htmlHaut de page

Notes

1 Lire à son sujet l’entretien de François Picard (Picard 1989).

2 Trần Quang Hải passera notamment trois années auprès du compositeur Nguyễn Văn Tuòng dans le studio de l’ORTF de Pierre Schaeffer pour préparer la création de l’œuvre Retour aux sources, donnée en février 1975 au musée Guimet.

3 L’impératrice d’Iran.

4 Avec le disque Viêt Nam/Tran Quang Hai & Bach Yen.

5 Cf. le disque La guimbarde de John Wright (1971). Invité sur ce disque, Trần Quang Hải joue un accompagnement instrumental rythmique derrière les mélodies jouées par John Wright.

6 Trần Quang Hải a été rattaché au Musée des Arts et Traditions Populaires de 1968 à 1987.

7 Ces deux émissions intitulées « Tran Quang Hai in Hanoi » et « Tran Quang Hai in Saigon », tirées du programme World Routes, ont été réalisées par Lucy Duran et sont encore disponibles en podcast : www.bbc.co.uk/programmes/p005xjph.

8 Sa carrière d’ingénieur au CNRS s’étend de 1968 à 2009, année de sa retraite. En parallèle il a été chargé de cours à l’Université de Paris X-Nanterre de 1987 à 1991.

9 Il s’agit d’un exercice de modulation des lèvres passant du « o » au « u » puis au « i » permettant de contrôler des harmoniques.

10 Le Chant des Harmoniques peut être visionné en accès libre : https://videotheque.cnrs.fr/doc=606.

11 https://archives.crem-cnrs.fr/archives/collections/CNRSMH_E_1996_013_001/.

12 Professeur invité par les universités et musées dans plus de cinquante pays.

13 Pratique de chant diphonique profond et rauque à double bourdon.

14 Musiques du monde (1993). Lire le compte-rendu de Laurent Aubert dans les Cahiers d’ethnomusicologie (1994).Haut de page

Table des illustrations

TitreFig. 1. Trần Quang Hải et son père Trần văn Khê, Festival des arts Chiraz-Persepolis, Iran, 1970.
CréditsPhoto D.R., archive personnelle T.Q.H.
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-1.jpg
Fichierimage/jpeg, 292k
TitreFig. 2. Trần Quang Hải en duo avec sa femme Bạch Yến, Chamber Music Festival, Kuhmo, Finlande, 1982.
CréditsPhoto D.R., archive personnelle T.Q.H.
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-2.jpg
Fichierimage/jpeg, 332k
TitreFig. 3. Trần Quang Hải jouant de la guimbarde, département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme, Paris, janvier 2009.
CréditsPhoto Bernard Dupaigne
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-3.jpg
Fichierimage/jpeg, 400k
TitreFig. 4. Le diphoneur Ganbold Taravjav et Trần Quang Hải, lors du tournage du film « Le chant des harmoniques » et de la programmation « Musiques rares de Mongolie », Maison des cultures du monde, Paris, 1988.
CréditsPhoto D.R.
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-4.jpg
Fichierimage/jpeg, 368k
TitreFig. 5. Trần Quang Hải et le sonagraphe au département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme, au cœur des archives sonores, Paris, 2007.
CréditsPhoto Trân Quang Ha
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-5.jpg
Fichierimage/jpeg, 468k
TitreFig. 6. Rencontre avec les maîtres mongols au cours des répétitions pour la tournée de sortie du disque Une Anthologie du khöömii mongol.
LégendeDe gauche à droite : Amartüvshin Baasandorj, les mains de Sengedorj Nanjid, Tserendavaa Dashdorj, le manager Otgonbaatar-Tsend-Ochir, Johanni Curtet, Trần Quang Hải, Davaajav Rentsen, Odsüren Baatar. Le Mans, La Fonderie, 2016.
CréditsPhotogramme de Jean-François Castell, tiré des rushes du film Voyage en Diphonie.
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-6.jpg
Fichierimage/jpeg, 556k
TitreFig. 7. Portrait, lors de mon entretien chez Trần Quang Hải, Limeil-Brévannes, 17/01/19.
CréditsPhoto Johanni Curtet.
URLhttp://journals.openedition.org/ethnomusicologie/docannexe/image/3654/img-7.jpg
Fichierimage/jpeg, 444k

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Pour citer cet article

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Johanni Curtet et Quang Hải Trần, « Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité », Cahiers d’ethnomusicologie, 32 | 2019, 247-267.

Référence électronique

Johanni Curtet et Quang Hải Trần, « Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité », Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 32 | 2019, mis en ligne le 01 octobre 2021, consulté le 10 novembre 2021. URL : http://journals.openedition.org/ethnomusicologie/3654Haut de page

Auteurs

Johanni Curtet

Johanni CURTET, docteur en musicologie, est chercheur associé à l’EA Histoire et critique des arts, Université Rennes 2. Ethnomusicologue spécialiste du khöömii (chant diphonique mongol) et de la Mongolie, ses recherches portent notamment sur la transmission, l’histoire, le timbre vocal, la spectacularisation, l’institutionnalisation, la patrimonialisation et le processus compositionnel dans cette tradition. Il est aussi enseignant du chant diphonique (Cité de la musique, Université Rennes 2, etc.) musicien, producteur, et directeur artistique de Routes Nomades.

Quang Hải Trần

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Johanni Curtet et Quang Hải Trần: Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité

Standard

Anciennement Cahiers de musiques traditionnellesSommaire32 | 2019
Migrants musiciens
Entretien

Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité

Johanni Curtet et Quang Hải Trần p. 247-267 Extrait du texte | Citation | Auteurs

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Ce document sera publié en ligne en texte intégral en octobre 2021.

Aperçu du texte

Présenter Trần Quang Hải le temps d’un entretien n’est pas un exercice facile, tant les facettes de cet étonnant personnage sont nombreuses. Je n’aborderai pas ici sa carrière de musicien, avec ses quelques 3000 concerts ; ni celle de compositeur, avec plus de 200 chansons vietnamiennes. Je ne m’attarderai pas non plus sur les raisons de son succès reconnu par des distinctions telles que la médaille de Cristal du CNRS (1995), le Prix Spécial du khöömii à Kyzyl en République de Touva (1995), le Prix du meilleur joueur de guimbardes de Molln en Autriche (1998) et la médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur (2002). Je souhaiterais insister davantage sur la période qui a construit l’ethnomusicologue et musicien que nous connaissons, né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam.

Au début des années 1990, alors que je menais des expériences vocales adolescentes, je suis tombé sur un reportage à la télévision dans lequel un homme, asiatique, présentait une technique vocale étrange dans …Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Johanni Curtet et Quang Hải Trần, « Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité », Cahiers d’ethnomusicologie, 32 | 2019, 247-267.

Référence électronique

Johanni Curtet et Quang Hải Trần, « Trần Quang Hải, expérimentateur de l’oralité », Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 32 | 2019, mis en ligne le 01 octobre 2021, consulté le 11 février 2020. URL : http://journals.openedition.org/ethnomusicologie/3654Haut de page

Auteurs

Johanni !curtet & tran quang hai

Johanni Curtet

Johanni CURTET, docteur en musicologie, est chercheur associé à l’EA Histoire et critique des arts, Université Rennes 2. Ethnomusicologue spécialiste du khöömii (chant diphonique mongol) et de la Mongolie, ses recherches portent notamment sur la transmission, l’histoire, le timbre vocal, la spectacularisation, l’institutionnalisation, la patrimonialisation et le processus compositionnel dans cette tradition. Il est aussi enseignant du chant diphonique (Cité de la musique, Université Rennes 2, etc.) musicien, producteur, et directeur artistique de Routes Nomades.

Quang Hải Trần

Tran Quang Hai , né le 13 mai 1944 à Linh Dong Xa au Viêt Nam, est un ethnomusicologue dont le domaine de recherche est la musique vietnamienne, la musique asiatique, et le chant diphonique sibérien. Il a été ethnomusicologue au Centre de recherche en ethnomusicologie (CNRS) de 1968 á 2009 et a pris sa retraite en mai 2009.

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MARK VAN TONGEREN : CATCHING UP WITH TRAN QUANG HAI

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Fusica

Fusica © 2002 – 2021

[ Colophon ]

Catching up with Tran Quang Hai

Overtone Singing, People, Publications, Throat Singing, Writings, 中文Bach Yen, dan moi, jew’s harp, mouthharp, Overtone Singing, Tran Quang Hai, Vietnamese music

The most prolific researcher in the field of overtone singing is a man with many faces. His name is Tran Quang Hai and you can call him (and all options are correct): Vietnamese or French; a professional musician or a professional musicologist; an instrumentalist or a singer; an improviser or a composer; a traditional, a popular or an experimental musician (all three will do); an expert in Vietnamese traditional musics and an astute chronicler of its year-to-year development in the past decades.* Tran Quang Hai has a new book out celebrating his 50 years of music research in many different areas. We recently met in Paris, where he shared some interesting facts about the Vietnamese Jew’s harp (dan moi) I did not know before. On the trip back to Amsterdam I read most of the articles in his book that I had not seen before, so more on that too. Before talking about our meeting, his book and the origin of the word dan moi (Jew’s harp), some historical background. Since Hai is Tran Quang Hai’s first name I will refer to him as Hai.

I learned of Hai’s work on overtone singing in the early 1990s. When I got to know him personally, I was astounded and (I will admit) a bit intimidated by his unbridled energy. He loves to share what he does, and he is in fact overflowing with enthusiasm: for overtone singing, for Vietnamese music, for playing the Jew’s harp and spoons, for ethnomusicology, for his constant travels as a performer and teacher. After my visits I was usually exhilirated (about all the new things I had learned or shared with him) and at the same time exhausted (feeling my life was a mess with no progress at all).

In fact, going to Paris has been almost synonymous with visiting Hai and his lovely wife Bach Yen (whose singing carreer goes way way back). And these visits became almost synonymous with absolutely great Vietnamese food. Bach Yen often spent hours and hours to buy fine ingredients like all kinds of fresh leaves, vegetables, seafood and meat and prepare them the Vietnamese way. We would have excellent diners, drank nice wine, as the couple made an annual ‘pilgrimage’ to different regions in France to stock up on boxes of quality wine to share with friends at home.

After moving to Taiwan, my encounters with Tran Quang Hai were scarce, and visits to both of them even more. In 2019, it has been around ten years since we last met in Paris. So I was delighted to see them again some weeks ago. Tran Quang Hai retired a decade ago from the ethnomusicology department at the Musée de L’Homme in Paris, but has remained an active performer and workshop leader for all these years. Bach Yen is a famous singer of popular songs and entertainment music, as well as a singer of many different genres of traditional music. Together they have given hundreds of concerts in Europe and elsewhere, and they continue to do so. Here is a photo of their appearance in Genoa, Italy, a week or so after I met them.

Late August, when I walked down the platform of Gare de Lyon, Hai and Bach Yen were waiting for me. Once again I was overwhelmed to be in their buzzing, energetic presence. The first thing they did, was to get out their cameras and make many photos together. Then we strolled to their car, and their warm hands and arms embraced my arms. I sometimes think of myself as someone who easily touches people, but this time I thought I am quite distant compared to them. It was really (excusez le mot) touching to stroll down the platform chatting and to be ‘wrapped’ by their tender hands and arms on both sides. Hai told me once about using his hands to heal people and showed me some methods. But it seems the couple just radiates warmth and energy naturally, even without using a special method.

For our Vietnamese food, this time we drove to a place called Pho Bida, pronounced Fo Beeyaa. Pho is the famous Vietnamese noodle soup, but what about Bida? It turns out to be derived from ‘billiard’, as the former location of this restaurant housed a popular billiard room as well. The place is not very spacious but we were early and could chose any seat. By the time we left lots of people waited outside. The food was great and loved by Vietnamese and non-Vietnamese alike: highly recommended! (Pho Bida Vietnam, 36 rue Nationale, 75013 Paris)

Tran Quang Hai’s New Book

When we sat down, Hai gave me his new book, a thick volume with many of his articles and listst of all his achievements, titles, appearances, etc. organized in a single volume. Some articles I have known for a long time. So I particularly enjoyed reading those things I did not know in detail.

First, an article about Vietnamese music and its historical background, very helpful for understanding the relationship to Chinese music and culture. It also covers many of the recent developments in Vietnamese music, making it in effect a kind of encyclopaedic entry into Vietnam and all its music. With this work Hai most clearly follows in the footsteps of his late father Tran Van Khe, also a well-known musician and musicologist.

“Tran Quang Hai. 50 Years of Research in Vietnamese Traditional Music and Overtone Singing.”

Second, an article that accompanied a double CD issued in France in 1997, dedicated to the absolutely fascinating world of mountain tribe musics in Vietnam. There is a dazzling array of types of instruments and ways of playing, and these liner notes give a good overview of this field.

If you are interested in overtone singing and still love printed matter, as I do myself, then this is a good way to get your (physical) hands on several key articles on this technique by Dr. Tran Quang Hai and understand the background of his research. (Note for academic readers: for research purposes it is better to consult online pdfs of the articles in their original format). Available here.

Tran Quang Hai and the Dan Moi

During our lunch I also learned where the common name of the Vietnamese brass Jew’s harp comes from. It is usually referred to as dan moi, which is a Vietnamese word (compare for example dan tranh/đàn tranh, the plucked zither, or the unique one-string zither dan bau/đàn bầu). However, the thin, finely crafted Jew’s harp, probably smaller than any other type of Jew’s harp, originates from the mountain tribes who live close to Yunnan in South China. The Hmong’s native language and culture has little to do with that of the dominant Viet or Kinh ethnic group, who are historically tied to China. When travelling in the mountains in North Vietnam (around Sapa), I encountered the Hmong people who play this instrument and managed to get one made locally by their craftsmen. They referred to it as gya, phonetically speaking, though in writing it is referred to as djam. A personal note from Tran Quang Hai shortly after publishing this post: the Hmong name of the Jew’s harp is ncas (pronounced ncha).

The djam I bought in Sapa from girls who played the instrument along the mountain road. (photo by the author).

So I asked Hai how the name dan moi came about. He explained: there is no Jew’s harp in the music of the ethnic Vietnamese. So when he learned about the traditions of the mountain people around 50 years ago, he had to make up a new name himself in order to accommodate the minorities’ instrument in the system and language of Vietnam. To use ‘dan’ (meaning ‘instrument’) was an obvious beginning point. Hai decided to add ‘moi’ for lips, to designate it is played between the lips. Most brass or metal Jew’s harps are held against the teeth, with the lamella vibrating between the teeth; the dan moi is held between the lips and vibrates there. In this sense it is more like a type of wooden or bamboo Jew’s harp, particularly the ones vibrated by a string attached to one side.

A Hmong girl playing the djam for me in 2003 (photo by the author).

The dan moi went on to become a very popular instrument around the world once non-Vietnamese musicians discovered them, at the turn of the millenium. Many people asked me for it when I brought them back in 2003. I remember giving one to Tuvan throat singer Sainkho around 2004. She immediately fell for its bright sound and expressive qualities, and asked for more several times after (and so did other people). At the same time, a German company saw the potential of this cheap instrument to reach a huge audience and set up (web)shop, calling it www.danmoi.com. It has a become a one-stop shop to buy all kinds of Jew’s harps. So dan moi, Hai’s new name for the djham, a minority instrument, and for Jew’s harps in general, now has become sort of a symbol of 21st century global Jew’s harp culture. And it seems to be growing year by year: here in Taiwan I have seen many new Jew’s harp enthusiasts taking the stages recently, often sporting a collection of world Jew’s harps, including, of course, the dan moi.

Here is a video where you see the movement of the dan moi lamella in slow motion, played by Hai’s student Dang Khai Nguyen. https://www.youtube.com/embed/K_hf_u_LrtM

Learn more about Tran Quang Hai

Hai is still actively teaching, find out where his next workshops are by going to his blog:

https://tranquanghaisworldthroatsinging.com

(the blog itself amounts to a ‘wikipedia’ of sorts for throat/overtone singing, where you will find a huge amount o copies of scientific and popular articles, videos, and indeed copies of wikipedia entries, as well as some original posts about Hai’s workshops and travels).

Go here to find more entries in English and in Vietnamese:

https://tranquanghai1944.com

https://tranvankhe-tranquanghai.com

And for more news from Fusica and Mark van Tongeren subscribe to these blogposts here.

Finally, back to some Asian flavour, but East-Asian instead of the South-East Asian of Hai’s origins. Here is a hilarious video from the time Hai was flown into Japan to demonstrate overtone/throat singing in a hypertheatrical popular entertainment program. https://www.youtube.com/embed/cKuT4fy84oA?start=27
TRAN QUANG HAI on JAPANESE TELEVISION, part 2, December 26, 2012

* OK, for this one I have no way to tell if it is true, but Hai does mention in his new book (page  32) that he wrote “more than 500 articles in Vietnamese for 30 Vietnamese magazines in America, Europe, Asia and Australia.”

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TRAN QUANG HAI : Throat Singing vs. Overtone Singing / Tradition vs. Experiment : A Case of Harmonic Singing

Standard

TRAN QUANG HAI : Throat Singing vs. Overtone Singing / Tradition vs. Experiment : A Case of Harmonic Singing

Throat Singing vs. Overtone Singing / Tradition vs. Experiment : A Case of Harmonic Singing

Tran Quang Hai

Department of Ethnomusicology
Musee de l’Homme, Paris
tranqhai@mnhn.fr

Abstract
The Western world discovered overtones during the 60’s in Tibetan chanting of the Gyuto monks. Stockhausen, the first ‘German composer, used overtones in his compostion « Stimmung » in 1968. Mongolian throat voice with 6 different styles in the 70’s and Tuvan throat voice with 5 main styles in the 80’s amazed Western singers, composers and researchers in many fields (acoustics, ethnomusicology, phoniatrics).
Throat Singing from Central Asia (Tuva, Mongolia, Bashkiria, Altai, Khakassia) is characterized by soft fundamental (contraction of vocal folds), loud overtones (suppression of undesired harmonics), and numerous specific styles, while overtone singing from the Western world (Europe / America) is focused on strong fundamental (relaxation of vocal folds), soft overtones (presence of many undesired harmonics) , and only one style.
In Central Asia, throat singing is sung by one person (mostly male) or sometimes a quartet without or with an accompaniment of an instrument (lute, fiddle, flute, drum), and sung melodic overtones in oral tradition. In Western world, overtone singing is sung by one person (male or female very often for healing voice) or by an ensemble ( the Harmonic Choir with David Hykes in New York created in 1975, and the Oberton-Chor Dusseldorf with Christian Bollmann in Germany founded in 1985), without or with an accompaniment of an instrument (Indian lute tampura, Australian trump didjeridu, Tibetan bowls), and polyphonic fundamentals and overtones in written tradition. In South Africa, Xhosa women have the throat singing discovered in 1980 . In New Guinea, the Dani tribe possesses throat singing with three simultaneous levels. Experimental overtone research carried out for 30 years by the author of this paper will show new aspects of overtones and undertones never heard before.
Spectral analyses , sound documents and live demonstration of different experimental examples of overtones/undertones will accompany this paper .

Introduction

The Western world discovered overtones during the 60’s in Tibetan chanting of the Gyuto monks. K.Stockhausen, the first German composer, used overtones in his composition “Stimmung” in 1968.
Mongolian throat voice with 6 different styles in the 70’s and Tuvan throat voice with 5 main styles in the 80’s amazed Western singers, composers, and researchers in many fields (acoustics, ethnomusicology, phoniatrics, contemporary music).

Khomei Styles

KHOMEI comprises three major Thorat singing styles called Khomei, Kargyraa and Sygyt, two main sub styles called Borgangnadyr and Ezengileer and other sub styles
Khomei means “throat” or “pharynx” is a general term for throat singing and also a particular style of singing. Khomei is the easiest technique to learn and the most practised in the West. It produces clear and mild harmonics with a fundamental usually within the medium range of the singer’s voice. Technically the stomach remains relaxed and there is a low level tension on larynx and ventricular bands. The tongue remains seated flatly between the lower teeth as in the single cavity technique or raises and moves as in the two cavities technique . The selection of the wanted harmonics is the result of a combination of different lips, tongue and throat movements .
SYGYT means “whistle” and sounds like a flute . This style creates strong harmonics .Sygyt is sung with the tip of the tongue under the middle of the roof of the palate . Either the the tongue moves under the roof and is fixed while the lips move to change harmonic pitches .To produce a flute like overtones, one must learn how to filter out the fundamental and lower harmonic components. A very strong pressure from the abdomen acting as a bellows to push the air through the throat . Significant tension is required in the throat as well, to bring the arytenoids near the root of the epiglottis. The fundamental and the lower harmonics are consequently attenuated to be softly audible .
KARGYRAA (means “hoars voice”) style emits a very low fundamental; Overtones are amplified by varying the shape of the mouth cavity and is linked to vowel productions. The supraglottal structures begin to vibrate with the vocal folds, but at a half rate . The arytenoids also can vibrate touching the root of the epiglottis , hiding the vocal folds and formoing a second “glottic” source . The perceived pitch is one octave lower than normal, but also one octave and a 5th lower . In my voice’s case, the fibroendoscopy reveals the vibration and the strong constriction of the arytenoids that hide completely the vocal folds
Tibetan Buddhist prayer of Yang style (Gyuto and Gyume schools of Gelugpa monastery) is produced with the vocal folds relaxed completely, and without any supraglottal vibration .The men’s voices are pitched so low that one wonders if this can really be human beings singing. In terms of the Western scale, the pitches sung by the performers fall within the range of an octave with the lowest note situated at A two octaves and a third below middle C. In the Western bel canto tradition, the lowest pitch in the bass tessitura is generally considered to be the E an octave and a sixth below middle C. However, the lowest pitch sung out so resplendently by these Tibetan monks is a full fifth below this. The technique of singing at such subterranean pitches is not one acquired overnight. The monks undergo rigorous vocal training which involves going down to the banks of surging river and producing extremely loud sounds which can be heard above the roar of the water..The use of vowell O is very important. It enables the monks to produce the harmonic 10 The research of harmonic10 (major third of 3 octaves higher than the fundamental) is intentional. Only the vowell O can get the harmonic.Only the monks of the Gyuto and Gyume monasteries could practise the overtones in their prayers.
Borbangnadyr and Ezengileer are a combination of effects applied to one of the three styles mentioned above .

Recent Researches in the West

In the recent years, some researches have been carried out on the analyses of Khomei and more on Overtone Singing. The focus on these researches has been on the effort to discover exactly how overtone melodies are produced. Hypotheses as to the mechanics of Overtone singing range from ideas as to the necessary physical stance and posture used by the singer during a performance, to the actual physical formation of the mouth cavity in producing the overtones .
Acoustically, a vowel is distinctive because of its formant structure. In Overtone Singing, the diphonic formant is reduced to one or a few harmonics, often with surrounding harmonics attenuated as much as possible (filtered vocal style).
In the Western world, the Overtone singing style has suddenly become very popular starting with new ideas in contemporary compositions and later on with meditation, relaxation, music therapy, voice healing. Karlheinz Stockhausen was the first in the West using simple overtones in his composition “Stimmung” (1968), followed by the EVTE (Extended Vocal Techniques Ensemble) group at the San Diego University in 1972, Roberto Laneri and his Prima Materia group in 1973, Tran Quang Hai with his electro-acoustical composition (1975) “Vê Nguôn” (Return to the Sources, in collaboration with Nguyen Van Tuong), Michael Vetter in 1976, Demetrio Stratos in 1977, Meredith Monk in 1980, David Hykes and his Harmonic Choir in 1983 with the famous LP “A
l’ecoute du vent solaire” (Hearing the Solar Wind) in 1983, Joan La Barbara in 1985, Christian Bollman in 1985, Noah Pikes in 1985, Michael Reimann in 1986, Tamia in 1987, Bodjo Pinek in 1987, Josephine Truman in 1987, Quatuor Nomad in 1989, Iegor Reznikoff in 1989, Valentin Clastrier in 1990, Rollin Rachelle in 1990, Thomas Clements in 1990, Sarah Hopkins in 1990, Bernard Dubreuil in 1990, Steve Sklar in 1995, Mark Van Tongeren in 1995, Leo Tadagawa in 1995, Todoriki Masahiko in 1996, Les Voix Diphoniques in 1997 .The most renowned overtone singer of this type of singing is David Hykes . He experimented with numerous innovations including changing the fundamental (moveable drone) and keeping fixed the diphonic formant , introducing text, glissando effects, in many musical works with his Harmonic Choir .
Western overtone singers often use soft overtones with combination of polyphonic system, and additional musical instruments (tempura, didjeridu, Jew’s harp, Tibetan bowls) with different purposes (relaxation, meditation, healing, contemporary musical creations) while traditional Siberian singers exploit the filtered overtone voice with strong pressure at abdomen and throat in order to pruduce strong ,crystalized and flute like harmonics

Personal Experimental Research

My experimental research on overtone/undertone productions has lead me to create new possibilities
1. To use one harmonic as a drone and to create a melody with fundamentals
The fundamentals can be sung from 110 Hz to 220 Hz in the diatonic scale while keeping the same pitch of the selected overtone at 1320 Hz. In order to obtain this result, the tip of the tongue strongly touches the meeting point of the hard palate and the soft palate or velum under the roof of the palate and should not make any movement . In that case, the two buccal cavities obtained by the position of the tongue inside of the mouth have the same volume and get the same overtone pitch in spite of the changing pitch of the fundamentals .
2. To create a parallel between fundamentals and overtones
The overtones are always 3 octaves higher than the fundamentals while singing the ascending and descending diatonic scale with the fundamentals . If the fundamental is at 110 Hz , the overtone will be heard at 880 Hz. If the fundamental is moved up to 220 Hz , the overtone will be at 1760 Hz . For this experiment,, not only the tip of the tongue is hardly pressed against the roof of the palate and moves from the velum to the hard palate when the fundamentals moves from A2 (110 Hz) to A3 (220 Hz) in order to create the same pitched distance of 3 octaves in parallel .
3. To create the opposite direction between overtones and fundamentals
In this experiment , when the fundamental is sung at A2 (110 Hz) the overtone is at H16 (4 octaves above the fundamental). When the fundamental goes up to A3 (220 Hz) , the overtone goes down to H4 (2 octaves above the fundamental). Thus, this creates the opposite movement of fundamentals and overtones . To obtain this result, the position of the tip of the tongue touches near the teeth under the roof of the palate (H16 will be heard) and moves back slowly to the velum (H4) while the fundamentals start with low pitch (A2) and ends with high pitch (A3) of the A tonality
1. To write words with overtones (such words like MINIMUM, WIN )
A certain number of words can be written with overtones . With the same pitch of the fundamental , the written words can be obtained by various overtones at three levels (under 1,000 Hz, 2,000 Hz, and 3,000 Hz)
2. To create UNDERTONES (F-2, F-3, F-4 while singing a melody)
Some traditional throat voices like Tuvan Kargyraa, Xhosa Umngqokolo from South Africa, the Tenore voice of the Sardinian Quintina (the fusion of 4 main voices creates the virtual fifth overtone voice) use the undertone going down one octave lower than the real fundamental . Leonardo Fuks from Brazil arrived to go down to F-5 (2 octaves and a major third below the fundamental) but he could not sing a tune with that way . I have succeeded in dividing the fundamental pitch into 2, 3, and 4 . With the use of arytenoids inside of my throat , I could sing one octave lower (F-2), one octave and a fifth lower (F-3) and two octaves lower (F-4) than the real fundamental pitch (between 110 Hz and 150 Hz) . It is not possible to create the undertones above 220 Hz .
3. To combine OVERTONES and UNDERTONES while singing a melody
In Tuvan kargyraa, and Xhosa umngqokolo from South Africa, the combination of overtones (melody) and undertones (real fundamental split into two – F-2) can be produced simultaneously . With my experiment, I could sing an overtone melody with the fundamental divided into 3 (F-3) simultaneously . The perception is consequently not the same
4. To create overtones corresponding to 7 chakras in Yoga
In Yoga, there exist 7 chakras corresponding to 7 vowels, 7 sounds or pitches, 7 overtones and 7 points of the human body. I carried out experimen-tal research in the presence of overtones in Yoga. The result of my three-year study was presented at the International Congress of Yoga in France in 2002 .
According to my research, the fundamental of voice should be at 150Hz .
1 Mulâdhâra coccyx H n° 4 U 600Hz
2 Svâdhishthâna genitals H n° 5 O 750Hz
3 Manipûra navel H n° 6 Ö 900Hz
4 Anâhata heart H n° 8 A 1200Hz
5 Vishuddha throat H n° 9 E 1350Hz
6 Ajnâ between eyebrows H n°10 AE 1500Hz
7 Sahasrâra top of head H n°12 I 1800Hz

Conclusion
The phenomenon “overtones/undertones” has been studied by researchers, acousticians, used by music therapists, composers for contemporary music, at meditation lessons. More and more recordings have been made during the last 10 years all over the world . All musical sounds contain overtones that resonate in fixed relationships above a fundamental frequency. These overtones create tone color, and enable us to understand the sounds of this peculiar vocal style which is KHOMEI or throat singing or overtone singing . This short presentation cannot be considered as an exhausted study, but as a beginning of the new approach of how to develop overtone/undertone research in general. This is what I intend to show you here about my new attempts in research on experimental aspect of throat singing .
Selective Bibligraphy

Adachi, S., Yamada, M. 1999: “An Acoustical Study of Sound Production in Biphonic Singing, Xöömij”, Journal of the Acoustical Society of America 105: 2920-2932, USA.
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Filmography

1990 Le chant des harmoniques (The Song of Harmonics), film 16mm and video cassette , 38 minutes, directed by H.Zemp, co-authors (Tran Quang Hai and Hugo Zemp), CNRS Audio Visuel (prod), France . Contact: Tran Quang Hai, email: tranqhai@mnhn.fr or tranquanghai@hotmail.com

2003 Le chant diphonique (the Diphonic Song), DVD , 27 minutes, directed by C.Beguinet, co-authors (Tran Quang Hai and Luc Souvet), Centre Regional de Documentation Pedagogique (CRDP), Saint Denis, Isle of the Reunion, contact: Luc Souvet, email : luc.souvet@wanadoo.fr

Weborama

www.tranquanghaisworldthroatsinging.com
www.tranquanghai.info
www.tranvankhe-tranquanghai.com
http://www.khoomei.com
http://www.oberton.org
www.google.com (type each of these words : overtone singing , throat singing , biphonic singing, diphonic singing, canto difonico, oberton, khoomei, sygyt, kargyraa, harmonic singing,)

Tran Quang Hai sings overtones in Campo Grande, BRAZIL.

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Tran Quang Hai sings overtones in Campo Grande, BRAZIL.

399 viewsMay 23, 201030ShareSaveQuangHai Tran 6.89K subscribers Tran Quang Hai sings the Ode to Joy with overtones and some other vocal techniques at the Music department, University of Campo Grande, Brazil, Filmed by Mirian Suzuki, 21 may 2010, in Campo Grande, Brazil.