Category Archives: article

HUGO ZEMP & TRAN QUANG HAI : RECHERCHES EXPERIMENTALES SUR LE CHANT DIPHONIQUE, dossier VOIX 4, année 1991

Standard
Dossier : Voix

Recherches expérimentales sur le chant diphonique1

Hugo Zemp et Trân Quang Hai
Hugo Zemp
hugo-zemp
Trân Quang Hai
c5-2-tran-quang-hai-chant-de-gorge-2013
p. 27-68

Texte intégral

  • 1 Ces recherches ont été effectuées dans le cadre de l’Unité Propre de Recherche nº 165 du CNRS, au D (…)

1La dénomination « chant diphonique » désigne une technique vocale singulière selon laquelle une seule personne chante à deux voix : un bourdon constitué par le son fondamental, et une mélodie superposée formée par des harmoniques.

  • 2 Les détails de la réalisation de ce film – dont la première a eu lieu le 27 juillet 1989 lors du Con (…)
  • 3 Recherche menée en étroite collaboration par les deux co-auteurs qui chacun ont apporté – en plus d (…)

2Cet article est issu de deux approches complémentaires : une recherche pragmatique par l’apprentissage et l’exercice du chant diphonique que Trân Quang Hai mène depuis 1971, et une recherche de visualisation conduite sur le plan physiologique et acoustique pour la préparation et la production du film Le chant des harmoniques, réalisé par Hugo Zemp en 1988-89. Dans ce film, Trân Quang Hai est l’acteur principal, tour à tour chanteur et ethnomusicologue : enseignant le chant diphonique lors d’un atelier, interviewant des chanteurs mongols, se prêtant à la radiocinématographie avec traitement informatique de l’image, et chantant dans le microphone du spectrographe pour analyser ensuite sa propre technique vocale2. Les images spectrographiques que nous avons découvertes pratiquement en même temps que nous les filmions – le dernier modèle de Sona-Graph permettant l’analyse du spectre sonore en temps réel et son synchrone était arrivé au Département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme quelques jours avant le tournage – nous ont encouragés à poursuivre ces investigations et à les conduire dans une direction que nous n’aurions probablement pas envisagée sans la réalisation du film3.

  • 4 Paru dans une nouvelle publication : le Dossier nº 1 de l’Institut de la Voix, Limoges. Outre deux (…)

3L’utilisation des outils spectrographiques pour l’analyse des chants diphoniques n’est pas nouvelle : Leipp (1971), Hamayon (1973), Walcott (1974), Borel-Maisonny et Castellengo (1976), Trân Quang Hai et Guillou (1980), Gunji (1980), Harvilahti (1983), Harvilahti et Kaskinen (1983), Desjacques (1988), Léothaud (1989). Il n’est pas question, dans le cadre de cet article, d’évaluer ces travaux, d’en résumer les résultats ou d’en faire l’historique. Dans l’étude la plus récente, G. Léothaud (1989 : 20-21)4 résume excellemment ce qu’il appelle la « genèse acoustique du chant diphonique » :

L’appareil phonatoire, comme tout instrument de musique, se compose d’un système excitateur, ici le larynx, et d’un corps vibrant chargé de transformer l’énergie reçue en rayonnement acoustique, le conduit pharyngo-buccal.
Le larynx délivre un spectre harmonique, le son laryngé primaire, déterminé en fréquence, d’allure homogène, c’est-à-dire dénué de formants notables – donc de couleur vocalique – et dont la richesse en harmoniques varie essentiellement en fonction de la structure vibratoire des cordes vocales […].
Cette fourniture primaire traverse les cavités pharyngo-buccales, y subissant d’importantes distorsions : le pharynx et la bouche se comportent donc comme des résonateurs de Helmholtz, et cela pour toutes les fréquences dont la longueur d’onde est supérieure à la plus grande dimension de ces cavités. […]
Les paramètres déterminant la fréquence propre des cavités phonatoires peuvent varier dans des proportions considérables grâce au système articulateur, notamment par la mobilité de la mâchoire, l’ouverture de la bouche et la position de la langue. Celle-ci, surtout, peut diviser la cavité buccale en deux résonateurs de plus petit volume, donc de fréquence propre plus élevée. En d’autres termes, les cavités buccales peuvent continuer à se comporter en résonateurs de Helmholtz même pour des harmoniques très aigus du spectre laryngé, ceux dont la longueur d’onde est petite, et en tout cas inférieure à la longueur du conduit pharyngo-buccal.
L’émission diphonique consiste pour le chanteur à émettre un spectre riche en harmoniques, puis à accorder très finement une cavité phonatoire sur l’un des composants de ce spectre, dont l’amplitude augmente ainsi fortement par résonance ; par déplacement de la langue, le volume buccal peut varier, donc la fréquence propre, et sélectionner de cette façon différents harmoniques.

4Il propose une grille d’analyse, axée sur quatre niveaux et douze critères pertinents. Caractéristiques du spectre vocal ; Nature du formant diphonique ; Caractéristiques de la mélodie d’harmoniques ; Champ de liberté de la fluctuation diphonique. L’application de cette grille permet d’approfondir et de systématiser l’analyse spectrale du chant diphonique qui peut maintenant s’appuyer sur de nombreux nouveaux documents sonores publiés récemment sur des disques, s’ajoutant aux anciens bien connus. Cependant, tel n’est pas notre but.

  • 5 La translittération change selon les auteurs xöömij, khöömii, chöömij, ho-mi.

5Nous nous proposons d’examiner comment les différents styles ou variantes stylistiques du chant diphonique – appelé chez les Mongols khöömii5 (« pharynx, gorge ») et chez les Tuva de l’URSS khomei (du terme mongol) – sont produits sur le plan physiologique. Dans ce domaine, les descriptions sont rares et peu détaillées, alors qu’on connaît depuis de nombreuses années les noms vernaculaires désignant ces styles chez les Tuva dont Aksenov (1973 : 12) pense qu’ils forment le centre de la culture turco-mongole du chant diphonique, puisqu’ils ne pratiquent pas seulement une mais quatre variantes stylistiques (kargiraa, borbannadir, sigit, ezengileer ; un cinquième nom, khomei qui est en même temps le nom générique du chant diphonique, remplaçant dans certains lieux le terme borbannadir). Implicitement, les peuples voisins qu’il cite – Mongols, Oirats, Kharkass, Gorno-Altaïs et Bashkirs – n’en connaîtraient qu’un seul style. En tout cas, pour les Mongols et pour les Altaï de l’URSS, montagnards habitant la chaîne du même nom, cela n’est pas exact. Les derniers utilisent trois styles nommés sur la notice d’un disque sibiski, karkira, kiomioi (Petrov et Tikhonurov). Le chanteur diphonique le plus connu en Mongolie et à l’étranger, D. Sundui, a énuméré cinq styles lors du festival Musical Voices of Asia au Japon : xarkiraa xöömij (xöömij narratif), xamrijn xöömij (xöömij de nez), bagalzuurijn xöömij (xöömij de gorge), tseedznii xöömij (xöömij de poitrine), kevliin xöömij (xöömij de ventre), les deux derniers n’étant généralement pas différenciés (Emmert et Minegishi 1980 : 48). Dans l’interview du film Le chant des harmoniques, T. Ganbold indique les même cinq noms. Il présente brièvement les quatres premiers styles, en ajoutant qu’il ne sait pas faire le « khöömii de ventre », le distinguant par là du « khöömii de poitrine ». Mais il n’explique pas comment il produit ces différents styles. Il est vrai que l’interview avait dû être réalisé en très peu de temps, en économisant de la pellicule, et avec l’aide d’un traducteur, fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères de Mongolie, probablement peu familier avec les subtilités du chant. T. Ganbold et G. Iavgaan avaient également dirigé plusieurs ateliers à la Maison des cultures du monde à Paris ; cette fois-ci la traduction était assurée par un ethnomusicologue, Alain Desjacques, mais les deux chanteurs n’en étaient pas plus explicites. Quant à D. Sundui, à qui un musicologue japonais demandait comment faire pour apprendre le chant diphonique, il répondait simplement qu’il fallait savoir tenir son souffle aussi longtemps que possible, l’utiliser efficacement, puis écouter des enregistrements sonores et essayer (Emmert et Minegushi 1980 : 49).

6Malgré le fait que son pays d’origine (le Vietnam) et son pays d’accueil (la France) ne connaissent pas traditionnellement le chant diphonique – ou peut-être grâce à cela – Trân Quang Hai réussit à reproduire différents styles ou variantes stylistiques, ou du moins à s’en approcher. Ayant appris sans recevoir d’instructions ou de conseils de chanteurs chevronnés, et sans pouvoir s’appuyer sur des descriptions publiées, il a été obligé de procéder par tâtonnement. Cette recherche empirique, mais néanmoins systématique, lui a permis de prendre conscience de ce qui se passe au niveau de la cavité buccale. Conduire depuis de nombreuses années des ateliers d’introduction au chant diphonique l’a amené à savoir l’expliciter.

7L’originalité des nouvelles recherches présentées ici consiste en 3 points :

  1. Trân Quang Hai essaie d’imiter le mieux possible des chants reproduits sur les enregistrements sonores dont nous disposons. Pour cela, il s’appuie à la fois sur la perception auditive et visuelle, en essayant d’obtenir, sur le moniteur du Sona-Graph, des tracés de spectres semblables à ceux de chanteurs originaires de Mongolie, de Sibérie, du Rajasthan et d’Afrique du Sud.

  2. Il décrit subjectivement ce qu’il fait et ressent sur le plan physiologique, quand il obtient ces tracés.

  3. Afin de mieux comprendre le mécanisme des différents styles et d’en explorer toutes les possibilités – même si elles ne sont pas exploitées dans les chants diphoniques traditionnels –, il effectue des expériences que nul n’a probablement jamais tentées.

8Cette recherche ne pouvait être effectuée avec des spectrographes de facture ancienne utilisés jusqu’en 1989 par les auteurs mentionnés plus haut. Il fallait pour cela un appareil capable de restituer le spectre sonore en temps réel et son synchrone, le DSP Sona-Graph Model 5500 que notre équipe de recherche acquit en décembre 1988. Si l’on change, en chantant, les paramètres de l’émission vocale, on voit immédiatement se modifier le tracé des harmoniques. Grâce au feed-back du nouveau tracé, l’émission vocale peut de nouveau être modifiée. Ainsi, la recherche est proprement expérimentale.

9Dans la première étude sur l’acoustique du chant diphonique, E. Leipp reproduit un schéma théorique de l’appareil phonatoire, figurant cinq cavités principales comme résonateurs : la cavité pharyngienne ; la cavité buccale postérieure ; la cavité buccale antérieure, la pointe de la langue dirigée vers le palais séparant les cavités 2 et 3 ; 4º la cavité située entre les dents et les lèvres ; la cavité nasale (Leipp 1971). Le rôle exact de ces différentes cavités semble difficile à définir.

10Grâce à son expérience pragmatique de chanteur et de pédagogue, Trân Quang Hai a été amené à distinguer deux techniques de base utilisant essentiellement une cavité buccale ou deux cavités buccales (Trân et Guillou 1980 : 171), les deux techniques pouvant être plus ou moins nasalisées. Dans la technique à une cavité, la pointe de la langue reste en bas, comme lorsqu’on prononce des voyelles. Trân Quang Hai a trouvé cette technique parfaite pour mieux faire sentir aux débutants la modification du volume buccal avec la prononciation des voyelles. Il dit aux stagiaires qu’il faut « laisser la langue en position de repos » (cf. le film Le chant des harmoniques). Les images radiologiques du film montrent cependant que l’arrière de la langue se lève pendant la prononciation successive des voyelles o, ɔ, a (ceci n’est pas lié au chant diphonique). Le radiologiste F. Besse parle de « l’ascension de la langue ». La métaphore du « repos de la langue » reste pourtant valable dans le sens où la pointe de la langue reste en bas. L’image radiologique montre que dans cette technique, il y a un contact entre le voile du palais et la partie postérieure de la langue, séparant la cavité buccale de la zone pharyngienne.

11Dans la technique à deux cavités, la pointe de la langue est appliquée contre la voûte du palais, divisant ainsi le volume buccal en une cavité antérieure et une cavité postérieure. Ici, il n’y a pas de contact entre l’arrière de la langue et le voile du palais ; la cavité buccale postérieure et la cavité pharyngienne étant reliées par un large passage. La sélection des différents harmoniques pour créer une mélodie peut se faire de deux manières : a) la pointe de la langue se déplace de l’arrière à l’avant, l’harmonique le plus aigu étant obtenu dans la position le plus en avant ; la cavité buccale antérieure est alors réduite au maximum (cf. les images radiologiques du film Le chant des harmoniques) ; b) la pointe de la langue reste collée au palais sans se déplacer, les harmoniques étant sélectionnés en fonction de l’ouverture plus ou moins grande des lèvres : de l’ouverture la plus petite quand on prononce la voyelle o (harmonique grave) jusqu’à l’ouverture la plus grande quand on prononce la voyelle i (harmonique aigu). Cette deuxième manière ne semble pas être utilisée par les chanteurs mongols que nous avons pu observer, et Trân Quang Hai ne l’emploie que pour son intérêt pédagogique (comparaison avec la technique à une cavité) lors de ses ateliers d’initiation.

12Afin d’explorer toutes les possibilités des deux techniques principales, Hai a chanté des échelles d’harmoniques à partir de différentes hauteurs du fondamental. Pour la technique à une cavité, on s’aperçoit sur la figure 1 que les harmoniques utilisables pour créer une mélodie ne dépassent que de peu la limite supérieure de 1000 Hz, quel que soit le fondamental. Mais plus le fondamental est grave, plus les harmoniques sont nombreux. Ainsi, pour le fondamental le plus grave (90 Hz, approximativement un fa1) de la fig. 1, les harmoniques exploitables sont H4 (360 Hz), 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12 (1080 Hz), ce qui donne l’échelle (transposée) do, mi, sol, si ♭ -, do, re, mi, fa#-, sol. Pour le fondamental le plus aigu (180 Hz) de la fig. 1, seuls les harmoniques 3, 4, 5 et 6 sont exploitables, et l’échelle résultante, sol, do, mi, sol, est beaucoup plus pauvre en possibilités mélodiques.

13Avec la technique à deux cavités (fig. 2), et le fondamental le plus grave (110 Hz = La1), Trân Quang Hai arrive à faire ressortir les harmoniques entre H6 (660 Hz) et H20 (2200 Hz). Pour créer une mélodie dans la zone la plus aiguë, il faut sélectionner des harmoniques pairs ou impairs (cf. plus loin fig. 11 et 12), puisque les harmoniques sont trop rapprochés pour une échelle musicale. L’émission du fondamental le plus aigu (220 Hz) de la fig. 2 permet de sélectionner de H4 (880 Hz) à H10 (2200 Hz).

14Un rapide coup d’œil permet de constater qu’en fait, les harmoniques obtenus par la technique à une cavité se situent essentiellement dans une zone jusqu’à 1 KHz, alors que les harmoniques obtenus par la technique à deux cavités sont placés surtout dans la zone de 1 à 2 KHz.

  • 6 Elle avait dix-sept ans quand cet enregistrement fut fait, mais son père lui avait enseigné le chan (…)

15Dans la tradition, les femmes mongoles et tuva ne pratiquaient pas le chant diphonique. Selon le chanteur D. Sundui, cette pratique nécessiterait trop de force, mais il n’y aurait pas d’interdit à ce sujet chez les Mongols (Emmert et Minegushi 1980 : 48). Chez les Tuva de l’Union soviétique, le chant diphonique serait presque exclusivement réservé aux hommes ; un tabou basé sur la croyance qu’il causerait l’infertilité à la femme qui le pratiquerait serait progressivement abandonné, et quelques jeunes filles l’apprendraient maintenant (Alekseev, Kirgiz et Levin 1990). Ces auteurs disent encore que « les femmes sont capables de produire les même sons, bien qu’à des hauteurs plus élevés », ce qui n’est que partiellement vrai. C’est vrai si on parle « des sons » du bourdon qui sont plus élevés pour une voix de femme que pour une voix d’homme, mais c’est faux en ce qui concerne la mélodie d’harmoniques qui ne peut monter plus haut que chez les hommes. On peut déjà le déduire en examinant les fig. 1 et 2 où la limite supérieure des harmoniques obtenus à partir des fondamentaux les plus aigus (180 et 220 Hz) n’est pas plus élevée que la limite supérieure des harmoniques obtenus à partir du fondamental le plus grave, une octave plus bas (90 et 110 Hz). On peut trouver la confirmation en examinant les fig. 3 et 4, reproduisant la voix de Minh-Tâm, la fille de Trân Quang Hai6. Avec la technique à une cavité et un fondamental de 240 Hz, le nombre d’harmoniques est très restreint H3 à H5 (1200 Hz). Avec la technique à deux cavités et un fondamental à 270 Hz, les harmoniques 4 (1080 Hz) à 8 (2160 Hz) peuvent être utilisés pour créer une mélodie, ce qui donne une échelle plus riche (transposée do, mi, sol, si♭ -, do). Il s’en suit qu’une voix aiguë de femme ne permet pas de créer des mélodies selon la technique à une cavité. La femme xhosa d’Afrique du Sud enregistrée par le R.P. Dargie, qui utilise cependant cette technique (comme le montrent les fig. 7 et 8), a une voix grave, dans le registre des voix d’hommes (100 et 110 Hz = Sol1 et La1).

16Si les conclusions que nous avons tirées de ces expérimentations (fig. 1 à 4) sont justes – et nous pensons qu’elles le sont – on devrait pouvoir en déduire que les styles du chant diphonique dont les sonagrammes présentent une mélodie d’harmoniques ne dépassant pas pour l’essentiel 1 KHz sont obtenus selon la technique à une cavité, alors que ceux dont la mélodie d’harmoniques se situe essentiellement entre 1 et 2 KHz sont obtenus selon la technique à deux cavités. Les expériences faites par Trân Quang Hai, en essayant d’imiter les différentes variantes stylistiques, le confirment. Dans les lignes qui suivent, nous allons examiner les caractéristiques physiologiques des différentes variantes stylistiques du chant diphonique, en dégageant trois critères : le(s) résonateur(s) ; les contractions musculaires ; les procédés d’ornementation.

G. YAVGAAN. Photogramme extrait du film « Le chant des harmoniques » de H. Zemp.

G. YAVGAAN. Photogramme extrait du film « Le chant des harmoniques » de H. Zemp.

T. GANBOLD. Photogramme extrait du film « Le chant des harmoniques » de H. Zemp.

T. GANBOLD. Photogramme extrait du film « Le chant des harmoniques » de H. Zemp.

Le(s) résonateur(s)

  • 7 Selon Alekseev, Kirgiz et Levin (1990), la pièce que nous avons représentée dans les fig. 9 et 10 es (…)
  • 8 Les harmoniques de cette deuxième zone enrichissent sans doute le timbre, mais ils ne sont pas perç (…)
  • 9 Folkways/Smithsonian nº 1, 8, 9, 17, 18. Melodia, face A, plage 9. Le Chant du Monde, face A, plage (…)

17Selon Aksenov, le style kargiraa des Tuva se caractérise par un fondamental grave situé sur l’un des quatre degrés les plus bas de la grande octave, et pouvant descendre une tierce mineure pendant un court instant. Le changement mélodique d’un harmonique à l’autre est accompagné d’un changement de voyelles (Aksenov 1973 : 13). Les deux chants reproduits ici (fig. 5, 9 et 10) ont des fondamentaux de 62 Hz et 67 Hz (momentanément 57 Hz). La mélodie d’harmoniques atteint dans le premier cas 750 Hz (H12), dans le second cas 804 Hz (H12)7. Au dessus de la mélodie d’harmoniques on aperçoit une deuxième zone, à l’octave quand les voyelles postérieures sont prononcées (fig. 5 et 9), ou plus haut avec les voyelles antérieures (fig. 10)8. En imitant le tracé de la fig. 5, Trân Quang Hai utilise la technique à une cavité, la bouche semi-ouverte ; à la différence des chants tuva, la mélodie d’harmoniques est à bande large, et H1 est très marqué (fig. 6). Tous les sept enregistrements identifiés sur les notices des disques comme faisant partie du style kargiraa chez les Tuva et karkira chez les Altaï ont été vérifiés au Sona-Graph9. La fréquence du fondamental se situe entre 62 et 95 Hz ; les mélodies d’harmoniques de toutes les pièces sans exception se situent en dessous de 1 KHz.

18Ce n’est que depuis les travaux récents concernant la musique du peuple xhosa d’Afrique du Sud effectués par le R.P. Dargie (1989), et les enregistrements qu’il avait confiés en 1984 à Trân Quang Hai pour les archives sonores du Musée de l’Homme, que l’on connaît l’existence du chant diphonique pratiqué loin d’Asie centrale. La pièce chantée par une femme xhosa (fig. 7), caractérisée par l’alternance de deux fondamentaux de 100 et 110 Hz et d’une mélodie d’harmoniques ne dépassant pas 600 Hz, est sans doute faite selon la technique à une cavité, comme le montre l’imitation de Trân Quang Hai aussi imparfaite qu’elle soit (fig. 8).

  • 10 La dénomination xaarkiraa xöömij est « traduite » dans Emmert et Minegushi (1980 48) par « narrat (…)
  • 11 Cela semble être un phénomène récent. Selon Alekseev, Kirgiz et Levin (1990), les chanteurs tuva ét (…)

19Qu’en est-il du style kargiraa khöömii10 du chanteur mongol T. Ganbold (fig. 11), dont nous avons placé le sonagramme à dessein en face d’un kargiraa tuva (fig. 9 et 10) ? Le fondamental est grave (85 Hz) et peu marqué comme dans les pièces tuva, mais la mélodie d’harmoniques se situe dans la zone de 1 à 2 KHz et non pas au-dessous de 1 KHz. Pour obtenir un tracé semblable, Trân Quang Hai a dû employer la technique à deux cavités. Comment expliquer cette différence par rapport au style équivalent chez les Tuva ? A l’arrivée de l’Ensemble de Danses et de Chants de la R.P. de Mongolie à Paris, l’Ambassade de Mongolie a organisé une réception à laquelle nous avons eu l’honneur et le plaisir d’assister. Comme d’autres artistes de la troupe, T. Ganbold y faisait une démonstration de son art, et nous avons pensé qu’il serait intéressant d’inclure dans notre film la pièce qu’il avait composée, « Liaisons de khöömii », pour présenter au public trois variantes stylistiques du chant diphonique11. La pièce ne figurait pas dans le programme des concerts à la Maison des Cultures du Monde, parce que T. Ganbold, l’ayant composée récemment, ne la maîtrisait pas encore complètement. En accord avec le directeur de la troupe, il a néanmoins accepté de la chanter sur scène hors concert pour le tournage du film, puis lors d’un concert, en bis (afin que nous puissions filmer son entrée sur scène ainsi que les applaudissements), et de faire une courte démonstration des différents styles lors de l’interview. En l’absence d’enregistrements d’autres chanteurs mongols, on ne peut dire si T. Ganbold s’est trompé de technique, ou si en Mongolie il est considéré comme juste de chanter le style khöömi kargiraa selon la technique à deux cavités. On peut aussi considérér que les frontières entre les différents styles ne sont pas rigides, que les chanteurs utilisent les possibilités techniques comme ils veulent (ou peuvent), qu’ils emploient les dénominations avec plus ou moins de rigueur. Chez les Tuva aussi, nous le verrons dans le paragraphe suivant, une même dénomination de style peut désigner des chants exécutés selon les deux techniques différentes.

  • 12 Folkways/Smithsonian, nº 11 et 14.
  • 13 Melodia, face 1, plage 5. Folkways/Smithsonian, nº 12 et 13.

20Selon Aksenov, le style borbannadir tuva se caractérise par un fondamental un peu plus élevé que celui du kargiraa, utilisant l’un des trois degrés au milieu de la grande octave. Les lèvres sont presque complètement fermées, le son en serait plus doux (soft) et résonnant. Le style borbannadir serait considéré par les Tuva comme techniquement similaire au style kargiraa, ce qui permettrait un changement subit de l’un à l’autre au sein d’une même pièce (1973 : 14). L’examen des cinq pièces identifiées sur les notices de disques comme faisant partie du style borbannadir montre que dans deux pièces, le fondamental est à 75 et à 95 Hz, et la mélodie d’harmoniques au-dessous de 1 KHz12 (cf.fig. 13). Ces deux pièces sont donc effectivement très proches du style kargiraa, chanté selon la technique à une cavité. Les trois autres enregistrements de borbannadir ont un fondamental plus aigu (120, 170 et 180 Hz) et une mélodie d’harmoniques au-dessus de 1 KHz, donc obtenue par la technique à deux cavités13. Nous en reproduisons un exemple (fig. 15), et son imitation par Hai (fig. 16).

21L’analyse sonagraphique montre (mais la simple écoute aussi) que dans un enregistrement dénommé borbannadir par les auteurs de la notice du disque, et dont nous avons déjà parlé brièvement (fig. 13), trois styles sont chantés en alternance. L’extrait à gauche présente toutes les caractéristiques du style kargiraa, qui est suivi manifestement, après une interruption d’une seconde, par le style borbannadir avec le même fondamental et la mélodie d’harmoniques au-dessous de 1 KHz. Le sonagramme de la fig. 14, montrant un autre extrait du même enregistrement, présente également à gauche le style kargiraa, suivi cette fois-ci sans interruption par un très court fragment (2 secondes) de borbannadir avec le même fondamental. Puis, après une courte interruption, le fondamental fait un saut d’octave de 95 Hz à 190 Hz, et la mélodie d’harmoniques est située au-dessus de 1 KHz, dépassant même à certains endroits les 2 KHz (cf. aussi les imitations de Hai, fig. 16 et 17). A l’écoute et sur le tracé du sonagramme, cette dernière partie ressemble beaucoup au style « khöömi de ventre » du chanteur mongol D. Sundui (fig. 20), et il n’est pas douteux qu’elle soit chantée selon la technique à deux cavités.

  • 14 Folkways/Smithsonian, nº 7.
  • 15 Folkways/Smithsonian, nº 5, 6, 8. Le Chant du Monde, face A, plage 4.

22D’après Aksenov, dans certains lieux tuva, le nom de khomei remplace le nom de borbannadir. Parmi les six exemples de khomei tuva (dans le sens restreint) et le seul exemple de kiomioi altaï que nous connaissons, l’un a un fondamental grave de 90 Hz et des harmoniques ne dépassant pas 1 KHz14, les quatre autres ont des fondamentaux entre 113 Hz et 185 Hz15 (fig. 18, et l’imitation fig. 19) et sont proches du borbannadir à fondamental aigu (cf. fig. 15 et 22) chanté selon la technique à deux cavités.

23Le style ezengileer – dont un seul enregistrement est connu (fig. 21) – semble également proche du borbannadir à fondamental aigu (fig. 15 et 22).

24Tous les enregistrements de borbannadir, khomei et ezengileer tuva que nous avons pu examiner ont en commun une pulsation rythmique que nous examinerons plus loin sous la rubrique des procédés d’ornementation. Il semble donc que pour le borbannadir, l’usage actuel permette deux variantes : un fondamental relativement grave (75 à 95 Hz) et une mélodie d’harmoniques au-dessous de 1KHz, donc chantée selon la technique à une cavité, et un fondamental plus aigu (120 à 190 Hz) avec une mélodie d’harmoniques au-dessus de 1 KHz, chantée selon la technique à deux cavités, le trait commun étant la pulsation rythmique.

25Le style tuva qui s’oppose le plus clairement au kargiraa et au borbannadir (à fondamental grave) est le sigit. Selon Aksenov, il se caractérise par un fondamental plus tendu et plus élevé, la hauteur se situant au milieu de la petite octave. Le fondamental peut changer à l’intérieur d’une pièce et peut constituer la voix mélodique sans mélodie d’harmoniques au début des vers. A la différence des autres styles tuva, la voix supérieure ne constitue pas une mélodie bien caractérisée, mais reste longtemps sur une seule hauteur avec des ornements rythmiques (Aksenov 1973 : 15-16). Cf. infra notre analyse des procédés d’ornementation.

  • 16 Folkways/Smithsonian, nº 2, 3, 4, 8, 16, 17. Melodia, face A, plages 1, 2, 6, 7, 8. Le Chant du Mon (…)

26Dans les onze enregistrements de sigit tuva et le seul exemple de sibiski altaï que nous connaissons, le fondamental se situe entre 160 et 210 Hz16. Nous avons choisi d’en reproduire trois sonagrammes (fig. 23, 24 et un bref extrait fig. 18). Pour l’imitation (fig. 26), Trân Quang Hai emploie la technique à deux cavités.

  • 17 Tangent TGS 126, face B, plage 1 Tangent TGS 127, face B, plage 3. Victor, face A, plages 5, 6 et 7

27De nombreux chants mongols connus par des enregistrements ont une sonorité proche de celle du sigit. Le tracé des harmoniques est semblable, mais le style musical est différent en ce que les harmoniques font une véritable mélodie. C’est le cas des chants de D. Sundui (fig. 25), le spécialiste du chant diphonique mongol apparaissant probablement le plus souvent sur des disques17. Les notices de ces différents disques n’indiquent que le terme général (khöömii), mais on sait par ailleurs qu’il chante surtout le kevliin khöömii (« khöömii de ventre ») ; ce dernier style et le tseedznii khöomii (« khöömii de poitrine ») étant pour lui « en général la même chose » (Emmert et Minegushi 1980 : 48).

  • 18 Selon Alain Desjacques qui a assumé la traduction, le terme kholgoï est synonyme de bagalzuuliin.
  • 19 Cf. la notice du CD Maison des cultures du monde, nº 4 et 6.
  • 20 Un autre chanteur mongol a indiqué le nom de khooloin khöömii (« khöömii de gorge ») pour une p (…)
  • 21 Vogue, face B, plage 3. Hungaroton, face A, plage 5, et face B, plage 7. ORSTOM-SELAF, face B, plag (…)

28Dans l’interview du film Le chant des harmoniques, T. Ganbold appelle son style favori, dont un court exemple est reproduit en fig. 29, kholgoï khöömii (« khöömii de gorge »)18 ; alors que pour l’enregistrement d’un disque effectué trois jours auparavant, il a nommé ce même style tseedznii khöömii (« khöömii de poitrine »)19. S’est-il trompé lors de l’enregistrement du disque ou lors du tournage du film ? Quoi qu’il en soit, le fait de se tromper confirme ce que nous avons déjà suggéré plus haut, à savoir que l’attribution d’une dénomination à un style ou à une technique ne semble pas être une préoccupation majeure pour certains chanteurs20. Cependant, T. Ganbold ayant été un élève de D. Sundui qui pratique le « khöömii de ventre » (ou de poitrine), nous sommes enclin à penser que « khöömii de poitrine » est le terme juste. L’examen des différences relatives aux contractions musculaires confirme cette hypothèse (cf. infra). Les autres enregistrements publiés de chant diphonique mongol, dont nous ne reproduisons pas ici des sonagrammes parce que le style n’est pas nommé sur les notices des disques, apparaissent appartenir à ce même style que D. Sundui appelle (rappellons-le) « khöömii de ventre », et qui semble être le plus répandu en Mongolie21.

29Très proche du sonagramme du chant de D. Sundui est le tracé de l’enregistrement que John Levy a effectué en 1967 au Rajasthan (fig. 27). Aucune documentation concernant le lieu exact, le nom du chanteur et les circonstances de l’enregistrement n’accompagnant la bande magnétique déposée aux archives sonores du Musée de l’Homme, on en est réduit aux conjectures. Il est troublant qu’aucun enregistrement d’un autre chanteur du Rajasthan ne soit connu et qu’aucune publication ne mentionne le chant diphonique dans cette région. Lors de sa visite au Musée de l’Homme en 1979, Komal Kothari, directeur du Rajasthan Institute of Folklore, affirma à Trân Quang Hai qu’il avait entendu parler de ce phénomène vocal sans avoir pu l’écouter lui-même.

30L’unique exemple de « khöömii de nez » dont nous disposons est un très court fragment de six secondes enregistré lors de l’interview avec T. Ganbold. La seule différence avec le « khöömii de poitrine » ( ?) (cf. fig. 29 et 31) tient au fait que le chanteur ferme complètement la bouche ; la mélodie d’harmoniques est alors moins marquée, « noyée » en quelque sorte dans les harmoniques présents sur toute l’étendue du spectre (fig. 30 et 32).

31Un dernier style reste à examiner le « khöömii de gorge » (nous corrigeons la dénomination, cf. supra) chanté par T. Ganbold (fig. 33, et son imitation par Trân Quang Hai, fig. 34). Il fait clairement partie des styles utilisant la technique à deux cavités. Nous en reparlerons sous la rubrique des contractions musculaires.

32Le tableau 1 classe les différents styles selon les résonateurs.

Tableau 1 : Classement des styles en fonction des résonateurs.

1 cavité

kargiraa (tuva)

khargyraa khöömii (mongol)

karkira (altaï)

umngqokolo ngomqangi (xhosa)

chants bouddhiques tibétains (monastère Gyüto)

borbannadir et khomei grave (tuva)

2 cavités

sigit (tuva)

sibiski (altaï)

chant du Rajasthan

khöömii de poitrine (mongol)

khöömii de ventre (mongol)

khöömii de nez (mongol)

khöömii de gorge (mongol)

borbannadir et khomei aigu (tuva)

kiomioi (altaï)

ezengileer (tuva)

Contractions musculaires

33Lors des tournées européennes de chanteurs diphoniques mongols et tuva, Trân Quang Hai a souvent assisté aux concerts dans les coulisses ou rejoint les artistes dans les vestiaires. Il a pu constater que ceux-ci revenaient essoufflés et fatigués, le visage marqué par l’afflux du sang. Ce n’est certainement pas sans raisons que les pièces sont très courtes, et qu’un même chanteur n’interprète généralement pas plus de deux ou trois chants diphoniques lors d’un même programme.

34En essayant de reproduire la sonorité des chants ainsi que le tracé des sonagrammes des différents styles du chant diphonique, Trân Quang Hai a remarqué qu’il devait employer différents degrés de contraction des muscles abdominaux et sterno-cléido-mastoïdiens (muscles du cou), et plus particulièrement au niveau du pharynx.

  • 22 Trân Quang Hai était directeur artistique pour la section de musique asiatique au festival de musiq (…)

35Dans le style kargiraa tuva et mongol, les muscles abdominaux et le pharynx sont relaxés (fig. 6 et 12). A première vue, cela n’a rien d’étonnant, puisque le kargiraa est le style dans lequel le fondamental est le plus grave (entre 57 et 95 Hz), et pour produire un son grave il semble plus naturel de relâcher les muscles que de les contracter. Cependant, pour imiter le mieux possible le chant xhosa d’Afrique du Sud qui utilise également un fondamental grave (100 et 110 Hz), Trân Quang Hai a dû contracter très fortement les muscles abdominaux et le pharynx (fig. 8). Pour les chants mongols et tuva caractérisés par des fondamentaux plus aigus (entre 160 et 220 Hz), l’expérience montre des degrés variables de la tension musculaire. Ainsi, la plus forte contraction apparaît dans le style sigit tuva (fig. 26), avec un conduit d’air étroit. En sont très proches le chant du Rajasthan (fig. 28), le style « khöömii de poitrine » ( ?) mongol de T. Ganbold (fig. 29) et le « khöömii de ventre » de D. Sundui (fig. 25). Ce dernier, lors d’un festival de musique asiatique en Finlande22, a pris la main de Trân Quang Hai pour la poser successivement sur son ventre et sur sa gorge, afin de lui faire ressentir les différences de contraction. Pour le khargiraa khöömii, les muscles abdominaux étaient relâchés ; pour le « khöömii de ventre » (la spécialité de D. Sundui), le ventre était dur comme de la pierre. Est-ce la raison de cette dénomination ? Si, comme dit D. Sundui, « khöömii de ventre » et « khöömii de poitrine » sont en général la même chose (op. cit.), comment expliquer les deux expressions ? Quand Trân Quang Hai imite ce style, il ressent une vibration en haut de la poitrine, au niveau du sternum. La dénomination « khöömii de ventre » se référerait alors à la très grande tension des muscles abdominaux ; la dénomination « khöömii de poitrine » indiquerait plutôt la vibration que le chanteur ressent au niveau du sternum. L’autre style utilisé par T. Ganbold, dont il faudrait alors corriger l’appellation en « khöömii de gorge » (et non pas « de poitrine » comme il dit dans le film), est caractérisé par une mélodie d’harmoniques beaucoup moins marquée, « noyée » en quelque sorte dans les harmoniques couvrant toute l’étendue du spectre (fig. 33). En essayant de l’imiter (fig. 34), Trân Quang Hai contracte moins les muscles abdominaux et le pharynx, et quand on pose les doigts sur la gorge au-dessus du cartilage thyroïde (pomme d’Adam), on perçoit effectivement une vibration plus forte à ce niveau-là.

36Dans le borbannadir à fondamental aigu (fig. 20) et le khomei (fig. 19), les contractions musculaires semblent plus faibles que dans le sigit, mais plus fortes que dans le kargiraa.

  • 23 Nous devons cette question à Gilles Léothaud qui l’a posée au séminaire de notre équipe de recherch (…)

37La contraction musculaire est-elle un facteur déterminant du style ou de la manière de chanter d’un individu23 ? Trân Quang Hai réussit à imiter les caractéristiques stylistiques du sigit tuva ou du « khöömii de ventre » mongol sans contraction abdominale et pharyngienne excessive, mais la puissance de la mélodie d’harmoniques est nettement moindre et la sonorité plus matte (fig. 37). Pour produire une plus grande puissance et un son ressemblant aux enregistrements des chanteurs tuva et mongols, il contracte à l’extrême les muscles abdominaux et sterno-cléido-mastoïdiens du cou. En bloquant le pharynx pour obtenir un conduit d’air très resserré, il obtient une mélodie d’harmoniques plus « détachée » des autres harmoniques du spectre (fig. 35). En contractant un peu moins le pharynx et en laissant un conduit d’air plus large, il a l’impression d’avoir davantage de résonance dans les cavités buccales ; le résultat est une mélodie d’harmoniques plus large et un tracé plus foncé de l’ensemble des harmoniques (fig. 36). A titre comparatif, nous avons reproduit un sonagramme montrant l’émission diphonique à bouche fermée (fig. 38).

38Le premier à avoir suggéré une relation entre la tension de certaines parties corporelles et la brillance des sons harmoniques dans le chant diphonique est S. Gunji. S’appuyant sur un texte de l’acousticien allemand F. Winckel, il rappelle que les parois intérieures des cavités corporelles sont molles et peuvent être modifiées par tension ; si la tension est élevée, les hautes fréquences ne seront pas absorbées et le son sera très brillant, et le contraire survient si le degré de tension est bas (Gunji 1980 : 136). Il faudrait poursuivre les recherches dans ce domaine – y compris avec des chanteurs d’opéra qui obtiennent de la puissance et des sons brillants apparemment sans tension musculaire excessive – avant de pouvoir tirer des conclusions définitives.

39Le tableau 2 classe les styles en fonction de leur contraction musculaire.

Tableau 2 : Classement des styles en fonction de la contraction musculaire.

Relaxation pharyngienne et abdominale

kargiraa (fig. 5, 9, 10, imitation 6)

kargiraa khöömii (Ganbold, fig. 11, imitation fig. 12) karkira (altaï)

chant bouddhique tibétain (monastère Gyütö)

borbannadir grave (fig. 13, imitation fig. 16).

borbannadir aigu (fig. 15 et 22, imitation fig. 20)

khomei (fig. 18, imitation fig. 19) khöömii de gorge ( ?) Ganbold, fig. 33, imitation fig. 34)

Contraction pharyngienne et abdominale

sigit (fig. 23 et 24, imitation fig. 26)

sibiski (altaï)

khöömii de poitrine ( ?) (Ganbold fig. 29)

khöömii de ventre (fig. 25)

khöömii de nez (fig. 30)

umngqokolo ngomqangi (fig. 7, imitation fig. 8)

Procédés d’ornementation

40Les enregistrements sonores dont nous disposons présentent plusieurs procédés d’ornementation qui enrichissent la texture rythmique et harmonique du chant diphonique. La réduction du format des sonagrammes – nécessaire pour cette publication – rend la lecture des ornements difficile. Nous avons choisi de reproduire à une plus grande échelle huit extraits de chants déjà analysés : cette fois-ci l’analyse de la fréquence est limitée à 2 KHz (et non pas à 4 KHz), et l’axe temporel est deux fois plus grand (fig. 39 à 42).

  • 24 « an ornamented trilling and punctuating rhythm principally on two pitches (the ninth and tenth par (…)

411) Dans le style sigit tuva et sibiski altaï, il ne s’agit pas d’une ornementation ajoutée à la mélodie, mais de l’élément principal du style musical. Comme le dit Aksenov, à la différence des autres styles tuva, la voix supérieure du sigit ne constitue pas une mélodie bien caractérisée mais plutôt un rythme ponctué principalement sur deux hauteurs, le 9e et le 10e harmoniques des deux fondamentaux24 (Aksenov 1973 : 15-16). Ces ponctuations se succèdent à un rythme régulier une fois par seconde ou un peu plus rapproché (fig. 23, 24 et 39).

42Logiquement, pour obtenir une ponctuation sur l’harmonique immédiatement supérieur à la ligne mélodique principale, il faut diminuer le volume de la cavité buccale antérieure en avançant la pointe de la langue. Avancer très rapidement et reculer une fois par seconde la pointe de la langue, qui est dirigée verticalement contre le palais, est assez inconfortable. Hai a trouvé une autre possibilité en aplatissant légèrement la pointe de la langue contre le palais, la cavité buccale antérieure est également raccourcie, et en revenant rapidement dans la position initiale, le mouvement de la langue est plus confortable (fig. 26). On ne sait pas comment les chanteurs du sigit procèdent, si c’est la première ou la deuxième solution qu’ils adoptent, mais selon la loi du moindre effort, on peut supposer qu’ils utilisent le second procédé. Sur le sonagramme, cette ponctuation est le très marquée sur l’harmonique immédiatement supérieur de la ligne mélodique, et plus faiblement sur le deuxième et le troisième harmoniques au dessus, mais pas sur les harmoniques inférieurs, notamment ceux du bourdon.

  • 25 GREM, nº 2.

432) Un autre procédé de pulsation rythmique est effectué sans aucun doute par des coups de langue dirigés verticalement contre le palais. Nous en connaissons deux exemples, l’un provenant de Mongolie25, l’autre du Rajasthan (fig. 27 et 40). Cette fois-ci, l’accentuation est visible sur toute l’étendue du spectre sonore, et en particulier sur H2 et 3 par des traits verticaux. La langue n’est pas avancée horizontalement ou aplatie contre le palais comme dans le sigit, mais elle fait un mouvement de va-et-vient vertical (imitation fig. 28).

44Le tracé de la partie droite de la fig. 15, représentant un borbannadir, montre sur H13 une ponctuation rythmique proche de celle du sigit, et une accentuation sur les harmoniques inférieurs, notamment sur H3, ce qui laisse supposer qu’elle est faite par des coups de langue (fig. 20) comme dans le cas du chant du Rajasthan.

  • 26 In the broken singing of this style the intoning of v is interrupted by the full closing of the lip (…)
  • 27 Les trois auteurs écrivent que la mélodie d’harmoniques est produite par de rapides vibrations de l (…)

453) Selon Aksenov, dans le style ezengileer, caractérisé par des accents irréguliers (agogic), on entend dans la mélodie des harmoniques et dans le fondamental les pulsations dynamiques ininterrompues du rythme du galop, la dénomination de ce style venant du terme « étrier » (1973 : 16). Aksenov mentionne ailleurs que le chant du borbannadir peut être ininterrompu ou brisé ; dans ce dernier cas, l’intonation du v est interrompue par la fermeture des lèvres suivie par leur ouverture, ou bien sur x, la consonne occlusive b ou la consonne nasale m26. Alekseev, Kirgiz et Levin (1990) écrivent que ce rythme pulsé et asymétrique du ezengileer est produit par de rapides vibrations des lèvres, et que le terme de borbannadir – « utilisé métaphoriquement pour signifier “roulant” » – est caractérisé par le même rythme pulsé27.

46Cette pulsation est visible sur les sonagrammes du khomei et du ezengileer par un tracé sur une ou deux hauteurs d’harmoniques, alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale. Dans l’exemple khomei (fig. 18 et 45), il y a cinq battements par seconde ; dans l’exemple ezengileer (fig. 21 et 46), les battements sont plus rapprochés : neuf par seconde. Pour obtenir un tracé semblable, Trân Quang Hai fait de rapides mouvements de la lèvre inférieure vers la lèvre supérieure (fig. 19). Sur les sonagrammes du borbannadir à fondamental grave (fig. 13 et 43), la pulsation à huit battements/seconde est reproduite en forme de « zigzag » ; pour l’imiter, Trân Quang Hai fait des mouvements rapides de la langue d’avant en arrière (fig. 16).

  • 28 C’est ainsi qu’on peut traduire l’expression « with finger strokes across the lips ». On peut suppos (…)

474) Si les ornements et procédés rythmiques décrits dans les paragraphes 1 à 3 sont exclusivement réalisés par l’appareil phonatoire, un autre procédé utilise une intervention extérieure : le frappement d’un doigt (des doigts) entre (contre) les lèvres28 (Alekseev, Kirgiz et Levin 1990), marqué sur les sonagrammes (fig. 22 et 44) par une sorte de « hachure » sur H2. Comme ces auteurs ne donnent pas plus de précisions, Trân Quang Hai a essayé toutes les variantes possibles de frappement, avec un ou plusieurs doigts, en position horizontale ou verticale, contre ou entre les lèvres. Mais aucun de ces essais ne permettait de différencier le rythme irrégulier du frappement de(s) doigt(s) sur H2, de la pulsation régulières des harmoniques supérieurs.

485) Il n’est peut-être pas orthodoxe d’inclure le vibrato dans les procédés d’ornementation (encore que certains musicologues le font), mais il nous semble intéressant de l’étudier ici précisément pour dégager les différences mais aussi les similitudes avec les autres techniques. En fin de compte, c’est un procédé comme les autres pour enrichir la sonorité du chant diphonique et structurer le temps.

  • 29 Communication verbale de D. Sundui à Trân Quang Hai lors du festival en Finlande, 1984.
  • 30 Pour ce qui est du chant d’opéra et de concert, l’ondulation du vibrato est décrit comme presque si (…)

49Le vibrato en modulation de fréquence est caractérisé sur le sonagramme par une fluctuation plus ou moins forte de la mélodie d’harmoniques principale ainsi que des autres harmoniques figurant sur le tracé, dessinant quatre à cinq « ondulations » par seconde. Le vibrato le plus fort que nous avons entendu et vu sur un sonagramme est fait par le chanteur mongol D. Sundui, dont le chant diphonique se caractérise par ailleurs par l’emploi d’une mélodie d’harmoniques à large bande : à certains endroits, le « sommet de la vague » d’un harmonique touche presque le « bas de la vague » de l’harmonique supérieur (fig. 25 et 41). Sur H8 par exemple, le vibrato oscille entre 1620 et 1790 Hz, l’ambitus du vibrato étant de 170 cents, c’est-à-dire entre le trois-quart de ton et le ton entier. Cet artiste ayant étudié le chant classique occidental au conservatoire de Moscou29 – il chante d’ailleurs aussi selon la technique du chant diphonique des airs de compositeurs comme Tchaikovsky et Bizet (Batzengel 1980 : 52) – on serait tenté de supposer que son vibrato très marqué ait été acquis lors de ses études au conservatoire30. Le chanteur du Rajasthan (fig. 27), dont on ne sait rien, a aussi un vibrato très fort, également combiné avec une mélodie d’harmoniques à large bande.

50Le vibrato peut être combiné avec d’autres procédés d’ornementation, comme les coups de langue contre le palais dans le chant du Rajasthan (fig. 27), ou l’aplatissement rythmique de la langue contre le palais dans le sigit (fig. 26). Dans ce dernier exemple, on peut compter quatre oscillations de vibrato pour un accent rythmique par seconde. Le sonagramme de la fig. 18 est particulièrement intéressant puisqu’il permet de comparer le tracé du vibrato (à droite pour le sigit) avec la pulsation rythmique (à gauche pour le khomei), les deux procédés étant utilisés successivement par le même chanteur dans la même pièce.

51Le tableau 3 résume ces différents procédés d’ornementation.

Tableau 3 : Procédés d’ornementation.

Coups de langue contre le palais

Chant du Rajasthan (fig. 27, 40, imitation fig. 28) borbannadir (fig. 15, imitation fig. 20)

Aplatissement rythmique de la pointe de la langue contre le palais

sigit tuva (fig. 18, 23, 24, 39, imitation fig. 26)
sibiski
altaï

Mouvements rapides de fermeture et d’ouverture des lèvres

khomei (fig. 18 et 45, imitation fig. 19)

Mouvements de va et vient horizontal de la langue

borbannadir à fondamental grave (fig. 13 et 43, imitation fig. 16)

Frappements de(s) doigts entre (contre) les lèvres

borbannadir (fig. 22 et 44)

Vibrato

plus ou moins présent dans la plupart des chants les plus marqués :fig. 5 et 42, 9 et 10, 25 et 41, 27

52A quel point l’analyse spectrographique montre-t-elle des différences individuelles de l’émission vocale entre des chanteurs utilisant le même style ? Cette question mériterait une analyse approfondie, mais avec beaucoup plus d’enregistrements d’un même style chanté plusieurs fois par le même chanteur, et par des chanteurs différents. L’examen des sonagrammes que nous avons effectués permet néanmoins de donner une première réponse : il apparaît qu’il y a en effet des différences individuelles (que l’on peut supposer être du même ordre que les différences de style et de voix des chanteurs d’opéra, par exemple). Nous avons vu que pour les quatre styles chantés par T. Ganbold, le spectre sonore est caractérisé par une zone importante d’harmoniques au-dessus de 4 KHz, ce qui n’est pas le cas chez les autres chanteurs dont nous publions des sonagrammes. Deux sonagrammes du style sigit chanté par deux chanteurs différents montrent chez l’un une sorte de « bourdon harmonique » au-dessus de la mélodie d’harmoniques (fig. 23), absent chez l’autre (fig. 24). De même, le « bourdon harmonique » est très marqué chez un chanteur de kargiraa (fig. 5), et absent chez un autre (fig. 9 et 10). Bien entendu, il faut être prudent et ne pas tirer des conclusions définitives avec si peu d’exemples, car surtout dans les zones aigües, certaines différences peuvent résulter également des conditions d’enregistrement (équipement, environnement).

53Mais des différences se remarquent aussi dans des zones plus graves : sur beaucoup de sonagrammes, l’harmonique 1 est très faible (fig. 5, 7, 9, 10, 11, 13, 18, 22), alors que sur d’autres, il est au contraire très marqué (fig. 15, 21, 25, 27, 29, 30, 33). L’intensité de H1 est-elle fonction du style ? Nous ne le pensons pas : en tout cas, le style sigit peut manifestement comporter un H1 faible (fig.18) ou fort (fig. 23 et 24). L’intensité de l’harmonique 1 semble être plutôt une caractéristique individuelle des chanteurs. Chez T. Ganbold, H1 est très marqué quel que soit le style (rappelons qu’il est le seul chanteur pour qui nous disposons d’enregistrements de quatre styles : fig. 11, 29, 30, 33). De même, tous les sonagrammes de chants de Trân Quang Hai ont l’harmonique 1 très marqué. Cependant, nous avons au moins un sonagramme montrant d’un même chanteur un H1 faible pour un style et un H1 fort pour un autre (fig. 14). Là encore, les recherches devraient être poursuivies.

  • 31 Traduction de la notice de B. Tchourov par Philippe Mennecier (communication personnelle). Le même (…)

54Faut-il parler de « chant triphonique » quand des chanteurs font ressortir un deuxième bourdon soit dans l’aigu avec l’harmonique 18 (fig. 23) ou l’harmonique 44 (fig. 5), soit dans le grave avec l’harmonique 3 (fig. 15) ? Dans le premier cas, le sifflement aigu de ce « bourdon harmonique » peut difficilement être qualifié de troisième voix. Dans le deuxième cas, l’auteur de la notice en tout cas pense que dans le borbannadir en question, cette quinte qu’on entend très clairement au-dessus de l’octave du fondamental « fait naître comme résultat un chant à trois voix »31. Cependant, dans les deux cas, il n’y a pas de troisième voix indépendante du fondamental et de la mélodie d’harmoniques. Il s’agit manifestement de variantes individuelles que, pour ce qui est du bourdon à la quinte (H3), Trân Quang Hai imite bien (fig. 20). Ces chants sont de même nature que tous les autres analysés dans cet article, et nous ne pensons pas qu’il y ait lieu de changer de terminologie.

55Nous avons gardé pour la fin deux sonagrammes représentant des exercices de style (et non pas des styles traditionnels !), où Trân Quang Hai fait preuve de toute sa virtuosité.

56Dans la fig. 47, il inverse le dessin habituel d’un bourdon grave et d’une mélodie d’harmoniques dans l’aigu, pour en faire à partir de fondamentaux changeants une hauteur fixe dans l’aigu. Ainsi, le « bourdon harmonique » de 1380 Hz est réalisé successivement par H12, 9, 8, 6, 8, 9, 12, alors que les fondamentaux changent en montant La1, Re2, Mi2, La2 et en redescendant au La1.

57Dans la fig. 48, l’exercice est encore plus difficile, puisqu’il présente simultanément une échelle ascendante pour les fondamentaux et une échelle descendante pour les harmoniques, et vice versa.

58Reproduites ici pour l’intérêt scientifique (et le plaisir) qu’apporte l’exploration des limites physiologiques de la voix humaine, ces possibilités techniques ne sont pas exploitées dans les traditions d’Asie centrale et d’Afrique du Sud. Ne doutons pas qu’elles le seront bientôt par des compositeurs de musique contemporaine en Occident dont certains, depuis Stimmung (1968) de Stockhausen, cherchent à enrichir les techniques vocales par les moyens du chant diphonique.

Haut de page

Bibliographie

Des DOI (Digital Object Identifier) sont automatiquement ajoutés aux références par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition.
Les utilisateurs des institutions abonnées à l’un des programmes freemium d’OpenEdition peuvent télécharger les références bibliographiques pour lesquelles Bilbo a trouvé un DOI.

AKSENOV A. N., 1973, « Tuvin Folk Music ». Asian Music 4(2) : 7-18. (Extraits traduits de Tuvinskaia narodnaia muzyka, Moskou 1964)
DOI : 10.2307/833827

ALEKSEEV Eduard, Zoya KIRGIZ et Ted LEVIN, 1990, Notice du disque Tuva-Voices from the Center of Asia.

BATZENGEL, 1980, « Urtiin duu, xöömij, and morin xuur ». In R. Emmert et Y. Minegushi (ed.), Musical Voices of Asia 52-53. Tokyo Heibonsha Publishers.

BOREL-MAISONNY Suzanne et Michèle CASTELLENGO , 1976, « Étude radiographique des mouvements oro-pharyingés pendant la parole et le jeu instrumental », Bulletin du Groupe d’Acoustique Musicale 86 (Université de Paris VI).

DARGIE David, 1988, Xhosa Music. Its techniques and instruments, with a collection of songs. Cape Town et Johannesburg David Philip.

DESJACQUES Alain, 1988, « Une considération phonétique sur quelques techniques vocales diphoniques mongoles ». Bulletin du Centre d’Études de Musique Orientale 31 : 46-45 (Paris).

EMMERT Richard et Yuki MINEGUSHI (ed.) , 1980, Musical Voices of Asia. Tokyo Heibonsha Publishers.

GUNJI Sumi, 1980, « An Acoustical Consideration of Xöömij ». In R. Emmert et Y. Minegushi (ed.), Musical Voices of Asia 135-141. Tokyo Heibonsha Publishers.

HAMMAYON Roberte, 1973, Notice du disque Chants mongols et bouriates. Collection Musée de l’Homme. Vogue LDM 30138.

HARVILAHTI Lauri, 1983, « A two voiced-song with no words ». Suomalais-ugrilaisen seuran aikakauskirja 78 : 43-56 (Helsinki).

HARVILAHTI Lauri et KASKINEN H., 1983, « On the Application Possibilities of Overtone Singing ». Suomen Antropologi i Finland 4 : 249-255 (Helsinki).

LEIPP Émile, 1971, « Le problème acoustique du chant diphonique ». Bulletin du Groupe d’Acoustique Musicale 58 : 1-10. Université de Paris VI.

LEOTHAUD Gilles, 1989, « Considérations acoustiques et musicales sur le chant diphonique », Institut de la voix, Dossier nº 1 : 17-44. Limoges.

PAILLER Jean-Pierre, 1989, « Examens vidéo de Monsieur Trân Quang Hai ». Institut de la voix, Dossier nº 1 : 11-14. Limoges.

PETROV Valérii et Boris TIKHOMIROV, 1985, Notice du disque Voyage en URRS vol. 10 Sibérie, Extrême Orient, Extrême Nord.

SAUVAGE Jean-Pierre, 1989, « Observation clinique de Monsieur Trân Quang Hai ». Institut de la voix, Dossier nº 1 : 3-10. Limoges.

SUNDBERG Johan, 1980, « Acoustics, IV The voice ». In Stanley Sadie (ed.), The New Grove Dictionary of Music and Musicians 1 : 82-87. Londres Macmillan.

TRÂN Quang Hai, 1989, « Réalisation du chant diphonique ». Institut de la voix, Dossier nº 1 : 15-16. Limoges.

TRÂN Quang Hai et Denis GUILLOU , 1980, « Original Research and Acoustical Analysis in connection with the Xöömi Style of Biphonic Singing ». In R. Emmert et Y. Minegushi (ed.), Musical Voices of Asia : 162-173. Tokyo Heibonsha Publishers.

WALCOTT Ronald, 1974, « The Chöömij of Mongolia A Spectral Analysis of Overtone Singing ». Selected Reports in Ethnomusicology 2(1) : 55-60.

ZEMP Hugo, 1989, « Filming Voice Technique : The Making of “The Song of Harmonics” ». The World of Music 31(3) : 56-85.

Discographie

(Pour des raisons de commodité, les références dans le texte et dans les légendes concernent les éditeurs plutôt que les titres des disques dont plusieurs se ressemblent.)

GREM, G 7511. Mongolie. Musique et chants de tradition populaire. 1 disque compact. Enregistrements et notice de X. Bellenger. 1986.

Hungaroton, LPX 18013-14. Mongol Nepzene (Musique populaire mongole). 2 disques 30 cm. Enregistrements et notice de Lajos Vargyas. Unesco Co-operation, ca. 1972. (Réédition Mongolian Folk Music, 2 disques compacts, HCD 18013-14, 1990).

Le Chant du Monde, LDX 74010. Voyage en URRS vol. 10 : Sibérie, Extrême Orient, Extrême Nord. 1 disque 30 cm. Notice de V. Petrov et B. Tikhomirov. 1985.

Maison des Cultures du Monde, W 260009. Mongolie. Musique vocale et instrumentale. 1 disque compact, série « Inédit ». Notice de P. Bois. 1989.

Melodia, GOCT 5289-68. Pesni i instrumental’nye melodii tuvy (Chants et mélodies instrumentales des Touva). 1 disque 30 cm. Notice de B. Tchourov.

ORSTOM-SELAF, Ceto 811. Mongolie. Musique et chants de l’Altaï. 1 disque 30 cm. Enregistrements et notice de Alain Desjacques. 1986.

Smithsonian/Folkways SF 40017. Tuva-Voices from the Center of Asia. 1 disque compact. Enregistrements et notice de E. Alekseev, Z. Kirgiz et T. Levin. 1990.

Tangent TGS 126 et 127. Vocal Music from Mongolia ; Instrumental Music from Mongolia. 2 disques 30 cm. Enregistrements et notices de Jean Jenkins. 1974.

Victor Records, SJL 209-11. Musical Voices of Asia (Asian Traditional Performing Arts 1978). 3 disques 30 cm. Enregistrements de S. Fujimoto et T. Terao, notice de F. Koizumi, Y. Tokumaru et O. Yamaguchi. 1979.

Vogue LDM 30138. Chants mongols et bouriates. 1 disque 30 cm. Enregistrements et notice de Roberte Hamayon. Collection Musée de l’Homme. 1973.

Filmographie

Le chant des harmoniques (version anglaise The Song of Harmonics). 16 mm, 38 min. Auteurs : Trân Quang Hai et Hugo Zemp. Réalisateur : Hugo Zemp. Coproduction CNRS Audiovisuel et Société Française d’Ethnomusicologie, 1989. Distribition CNRS Audiovisuel, 1, place Aristide Briand, F-92195 Meudon.

Haut de page

Annexe

Lecture des sonagrammes

Dans le film Le chant des harmoniques, les sonagrammes en temps réels sont reproduits selon une échelle de couleurs qui nous semblait la plus lisible. Pour l’impression en noir et blanc de cette revue, nous avons choisi de photographier l’inscription sur papier continu que fournit le Sona-Graph, où les degrés de noirceur correspondent aux degrés d’intensité des harmoniques.

Les mélodies d’harmoniques ne dépassant jamais la limite supérieure de 3000 Hz, l’analyse spectrographique dans cet article a été limitée à 4 KHz. Cependant, pour être sûr que d’éventuelles zones de formants dans des fréquences supérieures n’échappent à l’analyse, nous avons examiné tous les exemples choisis avec une grille jusqu’à 8 KHz. Seul le chanteur mongol T. Ganbold dépasse 4 KHz, non pas avec la mélodie d’harmoniques, mais avec une troisième zone de formants (affectant sans doute le timbre, mais non pas le contour de la mélodie d’harmoniques). Nous reproduisons les sonagrammes de deux enregistrements analysés d’abord à 4 KHz (fig. 29 et 30), puis à 8 KHz (fig. 31 et 32).

Les modèles précédents du Sona-Graph ne permettaient d’imprimer qu’une inscription correspondant à 2,4 secondes, respectivement à 4,8 secondes si la bande magnétique était lue à moitié vitesse. Le DSP Sona-Graph 5500 peut analyser et inscrire sur du papier continu jusqu’à 3 minutes. Pour reproduire les sonagrammes sur une page de revue, il nous a fallu choisir la durée maximale de l’enregistrement, l’étalement du signal en fonction du temps, tout en faisant attention à ce que les différents harmoniques soient lisibles. En imprimant, pour des raisons d’économie, deux sonagrammes sur une même page, complétés par des légendes substantielles, nous avons pensé qu’une durée maximale de 14 secondes constituait le meilleur compromis. Bien sûr, une reproduction plus grande donnerait une lisibilité accrue, mais étant donné qu’il ne fallait pas augmenter le nombre de pages de l’article ni les frais de photogravure, la réduction choisie nous a semblé acceptable. Pour faciliter la comparaison, la majorité des sonagrammes (fig. 3 à 38, 47 et 48) ont été reproduits à la même échelle. Si l’inscription couvre toute la largeur du « satzspiegel », il s’agit donc d’un signal de 14 secondes ; si deux sonagrammes de longueur sensiblement égale se partagent la même surface, le signal est évidemment de moitié plus court, c’est-à-dire de 7 secondes environ. Par contre, l’inscription des deux premiers sonagrammes a dû être comprimée afin de pouvoir reproduire la totalité de l’échelle des fondamentaux (20 secondes pour la fig. 1, 28 secondes pour la fig. 2).

Pour des raisons de lisibilité, nous avons reproduit, à une échelle plus grande, huit extraits de chants déjà analysés (fig. 39 à 46) : cette fois-ci l’analyse de la fréquence est limitée à 2 KHz (et non pas à 4 KHz), et l’axe temporel est deux fois plus grand, ce qui représente pour chaque sonagramme une durée de 3 secondes environ.

Fig. 1 : Échelles d’harmoniques avec différentes hauteurs du fondamental (90 à 180 Hz selon une échelle diatonique), par Trân Quang Hai. Technique à une cavité.

Fig. 1 : Échelles d’harmoniques avec différentes hauteurs du fondamental (90 à 180 Hz selon une échelle diatonique), par Trân Quang Hai. Technique à une cavité.

Voix fortement nasalisée. Prononciation marquée de voyelles. H1, 2 et 3 du bourdon très marqués. Avec le fondamental le plus grave (90 Hz), les harmoniques 4 (360 HZ) à 12 (1080 Hz) peuvent être utilisés pour créer une mélodie. Avec le fondamental le plus aigu (180 Hz), seuls les harmoniques 3 à 6 (1080 Hz) ressortent. Deuxième zone d’harmoniques entre 2500 et 4000 Hz, séparée des harmoniques utilisables par une « zone blanche » sur le sonagramme.

Fig. 2 : Échelles d’harmoniques avec différentes hauteurs du fondamental (110 à 220 Hz, selon une échelle diatonique), par Trân Quang Hai. Technique à deux cavités.

Fig. 2 : Échelles d’harmoniques avec différentes hauteurs du fondamental (110 à 220 Hz, selon une échelle diatonique), par Trân Quang Hai. Technique à deux cavités.

Voix nasalisée. H1 et 2 du bourdon très marqués. Les harmoniques bien tracés sur le sonagramme atteignent la limite supérieure de 2200 Hz avec H10 dans le cas du fondamental le plus aigu à 220 Hz, et H20 dans le cas du fondamental le plus grave, à l’octave inférieure (110 Hz). Les harmoniques exploitables pour une mélodie sont dans le premier cas H4 (880 Hz) à H10 (2200 Hz), et dans le deuxième cas H6 (660 Hz) à H20 (2200 Hz).

Fig. 3 : Échelles d’harmoniques avec bourdon stable, par Minh-Tâm, fille (17 ans) de Trân Quang Hai. Technique à une cavité.

Fig. 3 : Échelles d’harmoniques avec bourdon stable, par Minh-Tâm, fille (17 ans) de Trân Quang Hai. Technique à une cavité.

H1 (240 Hz), 2 et 3 du bourdon très marqués. Harmoniques utilisables pour une mélodie H3, 4 et 5 (1200 Hz). Pour une voix de femme, à cause de la hauteur du fondamental plus élevé (ici 240 Hz), le nombre d’harmoniques exploitables pour une mélodie est très limité.

Fig. 4 : Échelles d’harmoniques avec bourdon stable, par Minh-Tâm, fille (17 ans) de Trân Quang Hai. Technique à deux cavités.

Fig. 4 : Échelles d’harmoniques avec bourdon stable, par Minh-Tâm, fille (17 ans) de Trân Quang Hai. Technique à deux cavités.

Voix nasalisée. H1 (270 Hz). Harmoniques exploitables pour une mélodie H4 (1080 Hz), 5, 6, 7, 8 (2160 Hz). H8 fait apparaître H12 et 13 dans la zone aiguë.

Fig. 5 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 18. Style kargiraa, pièce « Artii-sayir » par Vasili Chazir.

Fig. 5 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 18. Style kargiraa, pièce « Artii-sayir » par Vasili Chazir.

Prononciation marquée de voyelles. H1 (62 Hz), 2 et 3 du bourdon très faibles. Mélodie d’harmoniques H6 (375 Hz), 8, 9, 10, 12 (750 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques à l’octave, entre H12 (750 Hz) et H24 (1500 Hz). « Bourdon harmonique » aigu H44 (2690 Hz), plus marqué quand la voyelle a est prononcée (avec une sorte de « colonne grisée » entre 1500 et 2700 Hz. (Transcription musicale de cette pièce dans la notice du CD).

Fig. 6 : Imitation par Trân Quang Hai du style kargiraa tuva de la fig. 5.

Fig. 6 : Imitation par Trân Quang Hai du style kargiraa tuva de la fig. 5.

Technique à une cavité, prononciation marquée de voyelles. Bouche ouverte, sauf quand la mélodie d’harmoniques descend à H6 (alors bouche fermée avec prononciation de la consonne m). Relaxation pharyngienne et abdominale. H1 (70 Hz), 2, 3 et 4 du bourdon très marqués, H2 et 4 un peu plus que H1 et 3. Mélodie d’harmoniques à large bande H6 (420 Hz), 8, 9, 10, 12 (840 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques à l’octave, entre H18 (1260 Hz) et H24 (1680 Hz). Troisième zone de mélodie d’harmoniques très faible, entre 2100 et 2400 Hz.

Fig. 7 : Xhosa (Afrique du Sud). Enreg. D. Dargie, Phonothèque Musée de l’Homme BM 87.4.1. Style imitant le jeu de l’arc musical umrhubhe, par Nowayilethi.

Fig. 7 : Xhosa (Afrique du Sud). Enreg. D. Dargie, Phonothèque Musée de l’Homme BM 87.4.1. Style imitant le jeu de l’arc musical umrhubhe, par Nowayilethi.

Alternance de deux fondamentaux à l’intervalle d’un ton. H1 (100Hz et 110 Hz), très faible ; H2, 3 et 4 du bourdon marqués. Mélodie d’harmoniques H4 (400 Hz), 5, 6 (600 Hz) quand le fondamental est à 100 Hz ; et H4 (440 Hz) et H5 (550 Hz) quand le fondamental est à 110 Hz. Deuxième zone de mélodie d’harmoniques entre 800 et 1200 Hz. Troisième zone plus faible à 2400 Hz ; par exemple, lorsque la mélodie d’harmoniques est sur H6, les harmoniques 10 et 12, ainsi que H24 sont très marqués. (Notation musicale dans Dargie 1988 : 59)

Fig. 8 : Imitation par Trân Quang Hai du chant xhosa de la fig. 7.

Fig. 8 : Imitation par Trân Quang Hai du chant xhosa de la fig. 7.

Technique à une cavité. Voix peu nasalisée, bouche moins ouverte que dans le style kargiraa. Contraction pharyngienne et abdominale. H1 (100 et 110 Hz), 2, 3 et 4 marqués. Mélodie d’harmoniques H4 (400Hz), 5, 6, 8 (800 Hz). Technique mal maîtrisée. Absence de deuxième et troisième zone dans l’aigu.

Fig. 9 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 1. Style « Steppe » kargiraa, par Fedor Tau. Début du chant.

Fig. 9 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 1. Style « Steppe » kargiraa, par Fedor Tau. Début du chant.

Prononciation marquée de voyelles. H1 (67 Hz) très faible ; H1 est abaissé d’une tierce mineure (57 Hz) au moment où la voyelle i est prononcée. Paralellement, la mélodie d’harmoniques baisse également d’une tierce mineure, l’harmonique restant le même (H8). Mélodie d’harmoniques à large bande H8 (536 Hz) et 456 Hz), 9, 10, 12 (804 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques entre H16 (1072 Hz) et H30 (2010 Hz). Pour les voyelles postérieures o, ɔ, a, la deuxième zone de mélodie d’harmoniques est à l’octave H8 — H16, H9 — H18, H10 — H20, H12 — H24.

Fig. 10 : Reprise du chant de fig. 9. Même mélodie d’harmoniques, mais différence de la deuxième zone en raison de la différence des voyelles. Pour les voyelles antérieures i, e, , la deuxième zone de mélodie d’harmoniques est plus haute la voyelle e au début de la reprise (fig. 10) H8 — H32 ( = double octave) ; la voyelle i H9 — large bande de H28 à 30.

Fig. 10 : Reprise du chant de fig. 9. Même mélodie d’harmoniques, mais différence de la deuxième zone en raison de la différence des voyelles. Pour les voyelles antérieures i, e, , la deuxième zone de mélodie d’harmoniques est plus haute la voyelle e au début de la reprise (fig. 10) H8 — H32 ( = double octave) ; la voyelle i H9 — large bande de H28 à 30.

Fig. 11 : Mongolie. Film Le chant des harmoniques. Style khargiraa khöömii, démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.

Fig. 11 : Mongolie. Film Le chant des harmoniques. Style khargiraa khöömii, démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.

H1 (85 Hz) très faible ; H2, 3, 4, 5 et 6 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques faible, avec des harmoniques impairs H13 (1105 Hz), 15, 17, 19, 21 (1785 Hz). Dans l’aigu, une zone d’harmoniques faible entre H28 et H 30 (2630 à 2800 Hz).

Fig. 12 : Imitation par Trân Quang Hai du style khargiraa khöömii mongol de la fig. 11.

Fig. 12 : Imitation par Trân Quang Hai du style khargiraa khöömii mongol de la fig. 11.

Technique à deux cavités. H1 (90 Hz) de même que H2, 3, 4 et 5 très marqués. Mélodie d’harmoniques avec des harmoniques paires H12 (1080 Hz), 14, 16, 18, 20 (1800 Hz). Relaxation pharyngiennee et abdominale.

Fig. 13 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 14. Pièce intitulée borbannadir, par Anatolii Kuular.

Fig. 13 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 14. Pièce intitulée borbannadir, par Anatolii Kuular.

Manifestement les styles kargiraa et borbannadir se succèdent. Tracé caractéristique de kargiraa, avec vibrato six battements/seconde en forme d’ondulations. H1 (95 Hz) faible. Dans la partie borbannadir, H1 (95 Hz) faible ; H2, 3 et 4 marqués. Pulsation à huit battements/seconde « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large H7 (685 HZ), 8, 9 et 11 (1045 Hz).

Fig. 14 : Même pièce que fig. 13, un peu plus loin.

Fig. 14 : Même pièce que fig. 13, un peu plus loin.

Manifestement trois styles. Dans le premier segment, styles kargiraa et borbannadir enchainés, avec H1 (95 Hz) faible. Après une courte interruption, deuxième segment de style différent, avec un saut d’octave du fondamental, H1 (190 Hz) et H2 bien marqués. Mélodie d’harmoniques à bande large, avec pulsation à sept battements/seconde « en zigzag », H9 (1710 Hz), 10 et 12 (2280 Hz).

Fig. 15 : Tuva (URSS). Disque Melodia, face A, plage 5. Style borbannadir, pièce « Boratmoj, Spoju Borban », par Oorzak Xunastar-ool.

Fig. 15 : Tuva (URSS). Disque Melodia, face A, plage 5. Style borbannadir, pièce « Boratmoj, Spoju Borban », par Oorzak Xunastar-ool.

H1 (120 Hz) et 2 marqués. H3 du bourdon très marqué (on entend bien ce deuxième bourdon à la quinte). Mélodie d’harmoniques H8 (980 Hz), 9, 10 et 12 (1440 Hz). Accents rythmiques visibles surtout sur H3, 12 et 13.

Fig. 16 : Imitation par Trân Quang Hai du style borbannadir de la fig. 13.

Fig. 16 : Imitation par Trân Quang Hai du style borbannadir de la fig. 13.

Technique à une cavité. Émission nasalisée, bouche presque fermée, prononciation de la voyelle o. H1 (95Hz), 2 à 5 très marqués. Mouvements rapides de la langue en avant et en arrière pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large H9 (855 Hz) à 13 (1235 Hz).

Fig. 17 : Imitation par Trân Quang Hai du style non identifié de la fig. 14.

Fig. 17 : Imitation par Trân Quang Hai du style non identifié de la fig. 14.

Technique à 2 cavités. Forte nasalisation, contraction pharyngienne et abdominale. H1(190Hz) et 2 très marqués. Rapides aplatissements de la pointe de la langue contre le palais, et simultanément tremblement de la mâchoire inférieure pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large H6 (1140 Hz) et 8 (1520 Hz).

Fig. 18 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 8. Styles khoomei et sigit, par Tumat Kara-ool.

Fig. 18 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 8. Styles khoomei et sigit, par Tumat Kara-ool.

H1 (175 Hz). Pour le khoomei, H1 faible ; H2 et 3 marqués. Mélodie d’harmoniques à bande large H6 (1050 Hz), 8, 9, 10 (1750 Hz). Pulsation rythmique visible sous forme de traits verticaux dirigés alternativement vers le haut et le bas à partir de la ligne horizontale indiquant la mélodie d’harmoniques. Pour le sigit (cf. aussi fig. 21 et 22), H1, 2 et 3 du bourdon faible. Mélodie d’harmoniques H12 (2050 Hz) et ornement H13 ; les autres harmoniques n’apparaissant pas sur l’extrait de ce sonagramme.

Fig. 19 : Imitation par Trân Quang Hai du style khoomei tuva de la fig. 18.

Fig. 19 : Imitation par Trân Quang Hai du style khoomei tuva de la fig. 18.

Technique à deux cavités. Voix peu nasalisée. Contraction pharyngienne modérée. Bouche moins ouverte que pour le sigit. Mouvements rythmiques de la lèvre inférieure vers la lèvre supérieure : pulsation rythmique visible sous forme de traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.

Fig. 20 : Imitation par Trân Quang Hai du style borbannadir tuva de la fig. 15.

Fig. 20 : Imitation par Trân Quang Hai du style borbannadir tuva de la fig. 15.

Technique à deux cavités. Voix nasalisée. Contraction pharyngienne modérée comme pour la fig. 18a, mais la bouche encore moins ouverte, arrondie. Coups de langue rythmiques contre le palais, bien marqués sur H3 du bourdon et sur les harmoniques supérieurs. H1 (175 Hz), 2 et 3 très marqués ; mélodie d’harmoniques H10 (1750 Hz) et H 12 (2050 Hz).

Fig. 21 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 15. Style ezengileer, par Marzhimal Ondar.

Fig. 21 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 15. Style ezengileer, par Marzhimal Ondar.

H1 (120 Hz), 2, 3, 4 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques H6 (720 Hz), 7, 8, 9, 10, 12 (1440 Hz). Le tracé est caractérisé par des accents rythmiques « en zigzag » sur 2 ou 3 harmoniques (l’extrait choisi ne comporte pas le frappement de doigts sur un bol de thé, indiqué sur la notice du CD). Dans l’aigu, une deuxième zone d’harmoniques entre H22 et H24 (2880 Hz).

Fig. 22 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 13. Pièce intitulée « Borbannadir with finger strokes », par Tumat Kara-ool.

Fig. 22 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 13. Pièce intitulée « Borbannadir with finger strokes », par Tumat Kara-ool.

H1 (180 Hz) faible. « Hachures » irrégulieres sur H2, rythmiquement différentes du vibrato en forme d’ondulations marqué sur les harmoniques supérieurs. Mélodie d’harmoniques H6 (1080), 8, 9, 10 (1800 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques à l’octave, sauf H10 — H18.

Fig. 23 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 3. Style sigit, pièce « Alash » par Mergen Mongush.

Fig. 23 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 3. Style sigit, pièce « Alash » par Mergen Mongush.

Début chanté avec des paroles en voix naturelle. Abaissement momentané du fondamental à une tierce mineure. H1 (190 Hz), 2 et 3 du bourdon marqués. Mélodie d’harmoniques H8 (1520 Hz), 9, 10 et 12 ; ornements rythmiques sur H10 et 13. Dans l’aigu, « bourdon harmonique » à l’octave de la mélodie d’harmoniques (H9 — H18) et à la quinte (H12 — H18). Zone de rejection d’harmoniques entre le bourdon (H1 à H3) et la mélodie d’harmoniques, et entre celle-ci et le bourdon aigu (H18).

Fig. 24 : Tuva (URSS). Disque Melodia, face A, plage 1. Style sigit, pièce « Reka Alas » (même pièce que fig. 23).

Fig. 24 : Tuva (URSS). Disque Melodia, face A, plage 1. Style sigit, pièce « Reka Alas » (même pièce que fig. 23).

Début chanté avec des paroles en voix naturelle. Abaissement momentané du fondamental d’une tierce mineure. H1 (170 Hz) et 2 marqués. Mélodie d’harmoniques H9 (1530 Hz), 10, 12 (2030 Hz) ; ornements rythmques sur H10 et 11. Absence de deuxième zone dans l’aigu.

Fig. 25 : Mongolie. Disque Tangent, face B, plage 1. Pièce intitulé « Mouth music », par Sundui (cf. aussi le film Le chant des harmoniques). Style non nommé sur la notice du disque, mais sans doute « khöömi de ventre », le style préféré de Sundui.

Fig. 25 : Mongolie. Disque Tangent, face B, plage 1. Pièce intitulé « Mouth music », par Sundui (cf. aussi le film Le chant des harmoniques). Style non nommé sur la notice du disque, mais sans doute « khöömi de ventre », le style préféré de Sundui.

H1 (210 Hz) et 2 marqués, sauf quand la mélodie d’harmoniques est sur H12. Mélodie d’harmoniques à bande large H5 (1050 Hz), 6, 7, 8, 9, 10 et 12 (2510 Hz). Vibrato en forme d’ondulations.

Fig. 26 : Imitation par Trân Quang Hai du style sigit tuva de la fig. 23.

Fig. 26 : Imitation par Trân Quang Hai du style sigit tuva de la fig. 23.

Technique à deux cavités. Forte nasalisation. Contraction abdominale et pharyngienne. Rétrécissement de la colonne d’air. Pour obtenir les ornements rythmiques (H10 à partir de la ligne mélodique H9, et H13 à partir de la ligne mélodique H12), la pointe de la langue est légèrement aplatie contre le palais. H1 (145 Hz) et H2 très marqués. Même mélodie d’harmoniques que fig. 23 et 24. Absence de deuxième zone dans l’aigu, comme fig. 24.

Fig. 27 : Rajasthan. Enregistrement J. Levy. Phonothèque du Musée de l’Homme BM78.2.1.

Fig. 27 : Rajasthan. Enregistrement J. Levy. Phonothèque du Musée de l’Homme BM78.2.1.

H1 (170 Hz) et 2 très marqués. Mélodie d’harmoniques H5 (850 Hz), 6, 8, 9,10, 11, 12, 13, 16 (2720 Hz), à large bande. Accents rythmiques, sans doute pour imiter le jeu de la guimbarde. Plus grand ambitus de toutes les pièces analysées dans cet article.

Fig. 28 : Imitation par Trân Quang Hai du chant du Rajasthan de la fig. 27.

Fig. 28 : Imitation par Trân Quang Hai du chant du Rajasthan de la fig. 27.

Technique à deux cavités. Voix fortement nasalisée. Forte contraction pharyngienne et abdominale (comme pour le sigit). Coups de langue rythmiques contre le palais, ce qui donne sur le tracé des lignes verticales comme sur la fig. 27. H1 (150 Hz), H5 (750 Hz) à H 16 (2400 Hz).

Fig. 29 : Mongolie. Probablement style tzeedznii khöömii (« khöömii de poitrine »), appelé dans le film Le chant des harmoniques par erreur bagalzuuriin khöömi, (« khöömi de gorge »). Démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.

Fig. 29 : Mongolie. Probablement style tzeedznii khöömii (« khöömii de poitrine »), appelé dans le film Le chant des harmoniques par erreur bagalzuuriin khöömi, (« khöömi de gorge »). Démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.

H1 (180 Hz) marqué, H2 très marqué. Mélodie d’harmoniques H8 (1440 Hz), 9, 10 (1800 Hz). Dans l’aigu, 2e zone à l’octave (H18 à 3240 Hz).

Fig. 30 : Même chanteur. Style khamryn khöömii (« khöömii de nez »).

Fig. 30 : Même chanteur. Style khamryn khöömii (« khöömii de nez »).

H1 (170 Hz), 2 et 3 marqués. Mélodie d’harmoniques très faible H8, 9 et 10, « noyée » dans les harmoniques couvrant toute l’étendue du spectre.

Fig. 31 : Même signal que fig. 29.

Fig. 31 : Même signal que fig. 29.

Analyse à 8 KHz, montrant une troisième zone à large bande au dessus de 4000 Hz.

Fig. 32 : Même signal que fig. 30.

Fig. 32 : Même signal que fig. 30.

Analyse à 8 KHz, montrant une troisième zone à large bande au dessus de 4000 Hz.

Fig. 33 : Mongolie. Probablement style bagalzuuliin khöömii, (« khöömii de gorge »), appelé dans le film Le chant des harmoniques par erreur tseedznii khöömi (« khöömi de poitrine »). Démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.

Fig. 33 : Mongolie. Probablement style bagalzuuliin khöömii, (« khöömii de gorge »), appelé dans le film Le chant des harmoniques par erreur tseedznii khöömi (« khöömi de poitrine »). Démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.

Bouche grande ouverte. H1 (170 Hz), 2, 3, 5, 6 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques H8 (1360 Hz), 9, 10 (1700 Hz). Dans l’aigu, une deuxième zone d’harmoniques à bande large H16 à 20 (2720 à 3400 Hz). Une analyse à 8000 Hz (non reproduite ici) montre une troisième zone très marquée au-dessus de 4000 Hz.

Fig. 34 : Imitation par Trân Quang Hai du style de la fig. 33.

Fig. 34 : Imitation par Trân Quang Hai du style de la fig. 33.

Technique à deux cavités avec l’arrière de la langue mordue par les molaires. Contraction pharyngienne avec une rétrécissement de la colonne d’air, musculature du cou « remontée ». Bouche grande ouverte, lèvres légèrement étirées comme pour prononcer la voyelle i. H1 (170 Hz), 2, 3, 4, 5, 6 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques H8 (1360 Hz), 9, 10 (1700 Hz).

Fig. 35 : Essai par Trân Quang Hai.

Fig. 35 : Essai par Trân Quang Hai.

H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8. Forte contraction abdominale et pharyngienne. Conduit d’air très reserré. La vibration est ressentie plus fortement au-dessus de la pomme d’Adam.

Fig. 36 : Essai par Trân Quang Hai.

Fig. 36 : Essai par Trân Quang Hai.

H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8. Forte contraction abdominale et pharyngienne. Conduit d’air plus large. La vibration est ressentie plus fortement au-dessous de la pomme d’Adam.

Fig. 37 : Essai par Trân Quang Hai.

Fig. 37 : Essai par Trân Quang Hai.

H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8. Relaxation abdominale et pharyngienne. Intensité faible ; pour obtenir un tracé noir, il fallait compenser en augmentant le niveau d’entrée du Sona-Graph.

Fig. 38 : Essai par Trân Quang Hai.

Fig. 38 : Essai par Trân Quang Hai.

H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8.
Bouche fermée. Contractions comme pour la fig. 36. Intensité faible ; pour obtenir un tracé noir, il fallait compenser en augmentant le niveau d’entrée du Sona-Graph.

Fig. 39 : Sigit tuva (cf. fig. 23). Ornements rythmiques « en ponctuations » sur H10, combinés avec du vibrato.

Fig. 39 : Sigit tuva (cf. fig. 23). Ornements rythmiques « en ponctuations » sur H10, combinés avec du vibrato.

Fig. 40 : Chant du Rajasthan (cf. fig. 27). Accents rythmiques marqués par des lignes verticales sur toute l’étendue du spectre.

Fig. 40 : Chant du Rajasthan (cf. fig. 27). Accents rythmiques marqués par des lignes verticales sur toute l’étendue du spectre.

Fig. 41 : « Khöömii de ventre » mongol (cf. fig. 25). Vibrato « en ondulations ».

Fig. 41 : « Khöömii de ventre » mongol (cf. fig. 25). Vibrato « en ondulations ».

Fig. 42 : Kargiraa tuva (cf. fig. 5). Vibrato « en ondulations ».

Fig. 42 : Kargiraa tuva (cf. fig. 5). Vibrato « en ondulations ».

Fig. 43 : Borbannadir tuva à fondamental grave (cf. fig. 13). Pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large.

Fig. 43 : Borbannadir tuva à fondamental grave (cf. fig. 13). Pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large.

Fig. 44 : Borbannadir tuva à fondamental aigu (cf. fig. 22). Accents rythmiques « en hachures » sur H2 par frappement de doigt(s) sur les lèvres.

Fig. 44 : Borbannadir tuva à fondamental aigu (cf. fig. 22). Accents rythmiques « en hachures » sur H2 par frappement de doigt(s) sur les lèvres.

Fig. 45 : Khomei tuva (cf. fig. 18). Pulsation rythmique marquée par des traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.

Fig. 45 : Khomei tuva (cf. fig. 18). Pulsation rythmique marquée par des traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.

Fig. 46 : Ezengileer tuva (cf. fig. 21). Accents rythmiques marqués par des traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.

Fig. 46 : Ezengileer tuva (cf. fig. 21). Accents rythmiques marqués par des traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.

Fig. 47 : Expérimentation d’un « bourdon harmonique » dans l’aigu, avec variation du fondamental, par Trân Quang Hai.

Fig. 47 : Expérimentation d’un « bourdon harmonique » dans l’aigu, avec variation du fondamental, par Trân Quang Hai.

Technique à deux cavités. Voix fortement nasalisée. Contraction pharyngienne et abdominale. Échelle montante des fondamentaux La1 (135 Hz), Re2, Mi2, La2 (270 Hz), et redescendante au La1. « Bourdon harmonique » de 1380 Hz réalisé successivement par H12, 9, 8, 6, 8, 9, 12.

Fig. 48 : Expérimentation d’un mouvement contraire entre bourdon et mélodie d’harmoniques, par Trân Quang Hai.

Fig. 48 : Expérimentation d’un mouvement contraire entre bourdon et mélodie d’harmoniques, par Trân Quang Hai.

Technique à deux cavités. Voix fortement nasalisée. Contraction pharyngienne et abdominale. Échelle diatonique ascendante des fondamentaux du La1 (110 Hz) au La2 (220 Hz) et redescendante. Échelles d’harmoniques en mouvement contraire, descendante de H19 au H4 et remontante à H19.

Haut de page

Notes

1 Ces recherches ont été effectuées dans le cadre de l’Unité Propre de Recherche nº 165 du CNRS, au Département d’ethnomusicologie du Musée de l’Homme. Avant d’envoyer le manuscrit final à l’éditeur, nous avons pu présenter au séminaire de l’UPR un résumé de notre travail. Les questions et remarques nous ont aidé à corriger et préciser notre analyse. Gilles Léothaud et Gilbert Rouget nous ont alors fait l’amitié de relire le manuscrit et de nous faire part de leurs suggestions pour l’améliorer. Nous voudrions exprimer à tous notre gratitude.

2 Les détails de la réalisation de ce film – dont la première a eu lieu le 27 juillet 1989 lors du Congrès de l’International Council for Traditional Music à Schladming (Autriche) – sont décrits ailleurs (cf. Zemp 1989). Un livret, devant accompagner l’édition sous forme de vidéocassette, est actuellement en préparation.

3 Recherche menée en étroite collaboration par les deux co-auteurs qui chacun ont apporté – en plus de l’évaluation en commun de chaque étape du travail – des contributions spécifiques. Les sonagrammes, ainsi que les analyses détaillées ayant servi à rédiger les légendes des figures, sont de Trân Quang Hai qui, en plus, est en même temps « informateur privilégié » et chanteur de 26 enregistrements reproduits sur sonagrammes. La conception de la recherche, la mise en forme et la rédaction de l’article sont de Hugo Zemp.

4 Paru dans une nouvelle publication : le Dossier nº 1 de l’Institut de la Voix, Limoges. Outre deux brefs rapports relatant des examens cliniques et paracliniques de l’appareil phonatoire et de l’émission diphonique de Trân Quang Hai, examens effectués l’un par un médecin O.R.L. (Sauvage 1989) et l’autre par un phoniatre (Pailler 1989), et l’extrait d’un exposé sur la réalisation du chant diphonique (Trân Quang Hai 1989), ce dossier contient également la bibliographie et la discographie les plus complètes à ce jour concernant le chant diphonique.

5 La translittération change selon les auteurs xöömij, khöömii, chöömij, ho-mi.

6 Elle avait dix-sept ans quand cet enregistrement fut fait, mais son père lui avait enseigné le chant diphonique dès l’âge de six ans.

7 Selon Alekseev, Kirgiz et Levin (1990), la pièce que nous avons représentée dans les fig. 9 et 10 est une variante du kargiraa, appelée « Steppe kargiraa », et rappelle les chants tantriques des moines tibétains. Pour notre part, nous n’avons pas remarqué de différence avec les autres pièces de style kargiraa tuva, et la mélodie d’harmoniques très caractéristique n’a que peu d’éléments en commun avec les harmoniques qui apparaissent dans les chants tibétains des monastères Gyüto et Gyümë.

8 Les harmoniques de cette deuxième zone enrichissent sans doute le timbre, mais ils ne sont pas perçus par l’oreille comme formant une mélodie séparée de la mélodie d’harmoniques de la première zone.

9 Folkways/Smithsonian nº 1, 8, 9, 17, 18. Melodia, face A, plage 9. Le Chant du Monde, face A, plage 5.

10 La dénomination xaarkiraa xöömij est « traduite » dans Emmert et Minegushi (1980 48) par « narrative xöömij », sans doute pour rendre compte du fait que dans ce style la partie diphonique peut être précédée par une partie narrative chantée avec la voix naturelle. Dans le film Le chant des harmoniques, la dénomination kargiraa khöömii a été traduite par Alain Desjaques par « khöömii grue noire », khargiraa désignant en mongol cet oiseau dont la voix grave et enrouée aurait pu donner le nom à ce style. A moins que les Mongols aient emprunté le terme kargiraa aux Tuva pour qui, selon Alekseev, Kirgiz et Levin (1990), il proviendrait d’un mot onomatopéique signifiant « respirer péniblement », « parler d’une voix rauque ou enrouée ». Nous ne pouvons trancher entre les deux interprétations. Il est aussi possible que les uns aient emprunté le terme aux autres, tout en lui trouvant postérieurement une signification dans leur propre langue.

11 Cela semble être un phénomène récent. Selon Alekseev, Kirgiz et Levin (1990), les chanteurs tuva étaient autrefois spécialisés en un ou deux styles apparentés, mais aujourd’hui les jeunes utilisent plusieurs styles et arrangent fréquemment des ségments mélodiques en des mélanges polystylistiques.

12 Folkways/Smithsonian, nº 11 et 14.

13 Melodia, face 1, plage 5. Folkways/Smithsonian, nº 12 et 13.

14 Folkways/Smithsonian, nº 7.

15 Folkways/Smithsonian, nº 5, 6, 8. Le Chant du Monde, face A, plage 4.

16 Folkways/Smithsonian, nº 2, 3, 4, 8, 16, 17. Melodia, face A, plages 1, 2, 6, 7, 8. Le Chant du Monde, face A, plage 3.

17 Tangent TGS 126, face B, plage 1 Tangent TGS 127, face B, plage 3. Victor, face A, plages 5, 6 et 7.

18 Selon Alain Desjacques qui a assumé la traduction, le terme kholgoï est synonyme de bagalzuuliin.

19 Cf. la notice du CD Maison des cultures du monde, nº 4 et 6.

20 Un autre chanteur mongol a indiqué le nom de khooloin khöömii (« khöömii de gorge ») pour une pièce, et tseesni khendi (traduit par « technique ventrale » ) pour une autre, alors que la simple écoute montre, et l’analyse spectrographique le confirme, qu’il s’agit d’un même style (CD GREM, nº 32 et 33), en l’occurrence le style que D. Sundui appelle kevliin khöömii (« khöömii de ventre »).

21 Vogue, face B, plage 3. Hungaroton, face A, plage 5, et face B, plage 7. ORSTOM-SELAF, face B, plage 2. Maison des Cultures du Monde, nº 4, 5, 6.

22 Trân Quang Hai était directeur artistique pour la section de musique asiatique au festival de musique de chambre à Kuhmo en 1984, et à ce titre avait invité le chanteur D. Sundui à se produire en Finlande.

23 Nous devons cette question à Gilles Léothaud qui l’a posée au séminaire de notre équipe de recherche lorsque nous avons exposé nos travaux.

24 « an ornamented trilling and punctuating rhythm principally on two pitches (the ninth and tenth partials of the two fundamentals) »

25 GREM, nº 2.

26 In the broken singing of this style the intoning of v is interrupted by the full closing of the lips followed by opening either on x the plosive voiced consonant b or on the nasal consonant m. (Aksenov 1973 : 14)

27 Les trois auteurs écrivent que la mélodie d’harmoniques est produite par de rapides vibrations de lèvres (In ezengileer, soft, shimmering harmonic melodies produced by rapide vibrations of the lips, are sung over a low fundamental drone). Le lecteur corrigera de lui-même cette mauvaise formulation, car bien entendu ce n’est pas la mélodie d’harmoniques qui est produite par la vibration des lèvres, mais le rythme pulsé. De même, la formulation disant que le style « borbannadir est utilisé métaphoriquement pour signifier “roulant” » (borbannadir, used metaphorically to signify “rolling”) n’est pas très heureuse.

28 C’est ainsi qu’on peut traduire l’expression « with finger strokes across the lips ». On peut supposer qu’un doigt (l’index ?) est mis horizontalement entre les lèvres, et qu’un rapide va-et-vient vertical imprime la pulsation à l’émission diphonique.

29 Communication verbale de D. Sundui à Trân Quang Hai lors du festival en Finlande, 1984.

30 Pour ce qui est du chant d’opéra et de concert, l’ondulation du vibrato est décrit comme presque sinusoïdale, avec un ambitus de l’ordre de +50 Hz (Sundberg 1980 : 85), c’est-à-dire du quart de ton.

31 Traduction de la notice de B. Tchourov par Philippe Mennecier (communication personnelle). Le même chanteur a exécuté deux pièces de styles sigit et deux pièces de style khomei qui ne comportent pas ce « bourdon à la quinte » (Melodia, face A, plages 1 à 4).

Haut de page

Table des illustrations

Titre G. YAVGAAN. Photogramme extrait du film « Le chant des harmoniques » de H. Zemp.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 80k
Titre T. GANBOLD. Photogramme extrait du film « Le chant des harmoniques » de H. Zemp.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 84k
Titre Fig. 1 : Échelles d’harmoniques avec différentes hauteurs du fondamental (90 à 180 Hz selon une échelle diatonique), par Trân Quang Hai. Technique à une cavité.
Légende Voix fortement nasalisée. Prononciation marquée de voyelles. H1, 2 et 3 du bourdon très marqués. Avec le fondamental le plus grave (90 Hz), les harmoniques 4 (360 HZ) à 12 (1080 Hz) peuvent être utilisés pour créer une mélodie. Avec le fondamental le plus aigu (180 Hz), seuls les harmoniques 3 à 6 (1080 Hz) ressortent. Deuxième zone d’harmoniques entre 2500 et 4000 Hz, séparée des harmoniques utilisables par une « zone blanche » sur le sonagramme.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 128k
Titre Fig. 2 : Échelles d’harmoniques avec différentes hauteurs du fondamental (110 à 220 Hz, selon une échelle diatonique), par Trân Quang Hai. Technique à deux cavités.
Légende Voix nasalisée. H1 et 2 du bourdon très marqués. Les harmoniques bien tracés sur le sonagramme atteignent la limite supérieure de 2200 Hz avec H10 dans le cas du fondamental le plus aigu à 220 Hz, et H20 dans le cas du fondamental le plus grave, à l’octave inférieure (110 Hz). Les harmoniques exploitables pour une mélodie sont dans le premier cas H4 (880 Hz) à H10 (2200 Hz), et dans le deuxième cas H6 (660 Hz) à H20 (2200 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 3 : Échelles d’harmoniques avec bourdon stable, par Minh-Tâm, fille (17 ans) de Trân Quang Hai. Technique à une cavité.
Légende H1 (240 Hz), 2 et 3 du bourdon très marqués. Harmoniques utilisables pour une mélodie H3, 4 et 5 (1200 Hz). Pour une voix de femme, à cause de la hauteur du fondamental plus élevé (ici 240 Hz), le nombre d’harmoniques exploitables pour une mélodie est très limité.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 128k
Titre Fig. 4 : Échelles d’harmoniques avec bourdon stable, par Minh-Tâm, fille (17 ans) de Trân Quang Hai. Technique à deux cavités.
Légende Voix nasalisée. H1 (270 Hz). Harmoniques exploitables pour une mélodie H4 (1080 Hz), 5, 6, 7, 8 (2160 Hz). H8 fait apparaître H12 et 13 dans la zone aiguë.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 132k
Titre Fig. 5 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 18. Style kargiraa, pièce « Artii-sayir » par Vasili Chazir.
Légende Prononciation marquée de voyelles. H1 (62 Hz), 2 et 3 du bourdon très faibles. Mélodie d’harmoniques H6 (375 Hz), 8, 9, 10, 12 (750 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques à l’octave, entre H12 (750 Hz) et H24 (1500 Hz). « Bourdon harmonique » aigu H44 (2690 Hz), plus marqué quand la voyelle a est prononcée (avec une sorte de « colonne grisée » entre 1500 et 2700 Hz. (Transcription musicale de cette pièce dans la notice du CD).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 140k
Titre Fig. 6 : Imitation par Trân Quang Hai du style kargiraa tuva de la fig. 5.
Légende Technique à une cavité, prononciation marquée de voyelles. Bouche ouverte, sauf quand la mélodie d’harmoniques descend à H6 (alors bouche fermée avec prononciation de la consonne m). Relaxation pharyngienne et abdominale. H1 (70 Hz), 2, 3 et 4 du bourdon très marqués, H2 et 4 un peu plus que H1 et 3. Mélodie d’harmoniques à large bande H6 (420 Hz), 8, 9, 10, 12 (840 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques à l’octave, entre H18 (1260 Hz) et H24 (1680 Hz). Troisième zone de mélodie d’harmoniques très faible, entre 2100 et 2400 Hz.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 176k
Titre Fig. 7 : Xhosa (Afrique du Sud). Enreg. D. Dargie, Phonothèque Musée de l’Homme BM 87.4.1. Style imitant le jeu de l’arc musical umrhubhe, par Nowayilethi.
Légende Alternance de deux fondamentaux à l’intervalle d’un ton. H1 (100Hz et 110 Hz), très faible ; H2, 3 et 4 du bourdon marqués. Mélodie d’harmoniques H4 (400 Hz), 5, 6 (600 Hz) quand le fondamental est à 100 Hz ; et H4 (440 Hz) et H5 (550 Hz) quand le fondamental est à 110 Hz. Deuxième zone de mélodie d’harmoniques entre 800 et 1200 Hz. Troisième zone plus faible à 2400 Hz ; par exemple, lorsque la mélodie d’harmoniques est sur H6, les harmoniques 10 et 12, ainsi que H24 sont très marqués. (Notation musicale dans Dargie 1988 : 59)
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 148k
Titre Fig. 8 : Imitation par Trân Quang Hai du chant xhosa de la fig. 7.
Légende Technique à une cavité. Voix peu nasalisée, bouche moins ouverte que dans le style kargiraa. Contraction pharyngienne et abdominale. H1 (100 et 110 Hz), 2, 3 et 4 marqués. Mélodie d’harmoniques H4 (400Hz), 5, 6, 8 (800 Hz). Technique mal maîtrisée. Absence de deuxième et troisième zone dans l’aigu.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 176k
Titre Fig. 9 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 1. Style « Steppe » kargiraa, par Fedor Tau. Début du chant.
Légende Prononciation marquée de voyelles. H1 (67 Hz) très faible ; H1 est abaissé d’une tierce mineure (57 Hz) au moment où la voyelle i est prononcée. Paralellement, la mélodie d’harmoniques baisse également d’une tierce mineure, l’harmonique restant le même (H8). Mélodie d’harmoniques à large bande H8 (536 Hz) et 456 Hz), 9, 10, 12 (804 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques entre H16 (1072 Hz) et H30 (2010 Hz). Pour les voyelles postérieures o, ɔ, a, la deuxième zone de mélodie d’harmoniques est à l’octave H8 — H16, H9 — H18, H10 — H20, H12 — H24.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 148k
Titre Fig. 10 : Reprise du chant de fig. 9. Même mélodie d’harmoniques, mais différence de la deuxième zone en raison de la différence des voyelles. Pour les voyelles antérieures i, e, , la deuxième zone de mélodie d’harmoniques est plus haute la voyelle e au début de la reprise (fig. 10) H8 — H32 ( = double octave) ; la voyelle i H9 — large bande de H28 à 30.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 148k
Titre Fig. 11 : Mongolie. Film Le chant des harmoniques. Style khargiraa khöömii, démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.
Légende H1 (85 Hz) très faible ; H2, 3, 4, 5 et 6 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques faible, avec des harmoniques impairs H13 (1105 Hz), 15, 17, 19, 21 (1785 Hz). Dans l’aigu, une zone d’harmoniques faible entre H28 et H 30 (2630 à 2800 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 12 : Imitation par Trân Quang Hai du style khargiraa khöömii mongol de la fig. 11.
Légende Technique à deux cavités. H1 (90 Hz) de même que H2, 3, 4 et 5 très marqués. Mélodie d’harmoniques avec des harmoniques paires H12 (1080 Hz), 14, 16, 18, 20 (1800 Hz). Relaxation pharyngiennee et abdominale.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 104k
Titre Fig. 13 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 14. Pièce intitulée borbannadir, par Anatolii Kuular.
Légende Manifestement les styles kargiraa et borbannadir se succèdent. Tracé caractéristique de kargiraa, avec vibrato six battements/seconde en forme d’ondulations. H1 (95 Hz) faible. Dans la partie borbannadir, H1 (95 Hz) faible ; H2, 3 et 4 marqués. Pulsation à huit battements/seconde « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large H7 (685 HZ), 8, 9 et 11 (1045 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 14 : Même pièce que fig. 13, un peu plus loin.
Légende Manifestement trois styles. Dans le premier segment, styles kargiraa et borbannadir enchainés, avec H1 (95 Hz) faible. Après une courte interruption, deuxième segment de style différent, avec un saut d’octave du fondamental, H1 (190 Hz) et H2 bien marqués. Mélodie d’harmoniques à bande large, avec pulsation à sept battements/seconde « en zigzag », H9 (1710 Hz), 10 et 12 (2280 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 15 : Tuva (URSS). Disque Melodia, face A, plage 5. Style borbannadir, pièce « Boratmoj, Spoju Borban », par Oorzak Xunastar-ool.
Légende H1 (120 Hz) et 2 marqués. H3 du bourdon très marqué (on entend bien ce deuxième bourdon à la quinte). Mélodie d’harmoniques H8 (980 Hz), 9, 10 et 12 (1440 Hz). Accents rythmiques visibles surtout sur H3, 12 et 13.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 152k
Titre Fig. 16 : Imitation par Trân Quang Hai du style borbannadir de la fig. 13.
Légende Technique à une cavité. Émission nasalisée, bouche presque fermée, prononciation de la voyelle o. H1 (95Hz), 2 à 5 très marqués. Mouvements rapides de la langue en avant et en arrière pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large H9 (855 Hz) à 13 (1235 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-18.jpg
Fichier image/jpeg, 124k
Titre Fig. 17 : Imitation par Trân Quang Hai du style non identifié de la fig. 14.
Légende Technique à 2 cavités. Forte nasalisation, contraction pharyngienne et abdominale. H1(190Hz) et 2 très marqués. Rapides aplatissements de la pointe de la langue contre le palais, et simultanément tremblement de la mâchoire inférieure pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large H6 (1140 Hz) et 8 (1520 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-19.jpg
Fichier image/jpeg, 132k
Titre Fig. 18 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 8. Styles khoomei et sigit, par Tumat Kara-ool.
Légende H1 (175 Hz). Pour le khoomei, H1 faible ; H2 et 3 marqués. Mélodie d’harmoniques à bande large H6 (1050 Hz), 8, 9, 10 (1750 Hz). Pulsation rythmique visible sous forme de traits verticaux dirigés alternativement vers le haut et le bas à partir de la ligne horizontale indiquant la mélodie d’harmoniques. Pour le sigit (cf. aussi fig. 21 et 22), H1, 2 et 3 du bourdon faible. Mélodie d’harmoniques H12 (2050 Hz) et ornement H13 ; les autres harmoniques n’apparaissant pas sur l’extrait de ce sonagramme.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-20.jpg
Fichier image/jpeg, 164k
Titre Fig. 19 : Imitation par Trân Quang Hai du style khoomei tuva de la fig. 18.
Légende Technique à deux cavités. Voix peu nasalisée. Contraction pharyngienne modérée. Bouche moins ouverte que pour le sigit. Mouvements rythmiques de la lèvre inférieure vers la lèvre supérieure : pulsation rythmique visible sous forme de traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-21.jpg
Fichier image/jpeg, 128k
Titre Fig. 20 : Imitation par Trân Quang Hai du style borbannadir tuva de la fig. 15.
Légende Technique à deux cavités. Voix nasalisée. Contraction pharyngienne modérée comme pour la fig. 18a, mais la bouche encore moins ouverte, arrondie. Coups de langue rythmiques contre le palais, bien marqués sur H3 du bourdon et sur les harmoniques supérieurs. H1 (175 Hz), 2 et 3 très marqués ; mélodie d’harmoniques H10 (1750 Hz) et H 12 (2050 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-22.jpg
Fichier image/jpeg, 132k
Titre Fig. 21 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 15. Style ezengileer, par Marzhimal Ondar.
Légende H1 (120 Hz), 2, 3, 4 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques H6 (720 Hz), 7, 8, 9, 10, 12 (1440 Hz). Le tracé est caractérisé par des accents rythmiques « en zigzag » sur 2 ou 3 harmoniques (l’extrait choisi ne comporte pas le frappement de doigts sur un bol de thé, indiqué sur la notice du CD). Dans l’aigu, une deuxième zone d’harmoniques entre H22 et H24 (2880 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-23.jpg
Fichier image/jpeg, 180k
Titre Fig. 22 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 13. Pièce intitulée « Borbannadir with finger strokes », par Tumat Kara-ool.
Légende H1 (180 Hz) faible. « Hachures » irrégulieres sur H2, rythmiquement différentes du vibrato en forme d’ondulations marqué sur les harmoniques supérieurs. Mélodie d’harmoniques H6 (1080), 8, 9, 10 (1800 Hz). Deuxième zone de mélodie d’harmoniques à l’octave, sauf H10 — H18.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-24.jpg
Fichier image/jpeg, 156k
Titre Fig. 23 : Tuva (URSS). CD Smithsonian/Folkways, nº 3. Style sigit, pièce « Alash » par Mergen Mongush.
Légende Début chanté avec des paroles en voix naturelle. Abaissement momentané du fondamental à une tierce mineure. H1 (190 Hz), 2 et 3 du bourdon marqués. Mélodie d’harmoniques H8 (1520 Hz), 9, 10 et 12 ; ornements rythmiques sur H10 et 13. Dans l’aigu, « bourdon harmonique » à l’octave de la mélodie d’harmoniques (H9 — H18) et à la quinte (H12 — H18). Zone de rejection d’harmoniques entre le bourdon (H1 à H3) et la mélodie d’harmoniques, et entre celle-ci et le bourdon aigu (H18).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-25.jpg
Fichier image/jpeg, 152k
Titre Fig. 24 : Tuva (URSS). Disque Melodia, face A, plage 1. Style sigit, pièce « Reka Alas » (même pièce que fig. 23).
Légende Début chanté avec des paroles en voix naturelle. Abaissement momentané du fondamental d’une tierce mineure. H1 (170 Hz) et 2 marqués. Mélodie d’harmoniques H9 (1530 Hz), 10, 12 (2030 Hz) ; ornements rythmques sur H10 et 11. Absence de deuxième zone dans l’aigu.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-26.jpg
Fichier image/jpeg, 148k
Titre Fig. 25 : Mongolie. Disque Tangent, face B, plage 1. Pièce intitulé « Mouth music », par Sundui (cf. aussi le film Le chant des harmoniques). Style non nommé sur la notice du disque, mais sans doute « khöömi de ventre », le style préféré de Sundui.
Légende H1 (210 Hz) et 2 marqués, sauf quand la mélodie d’harmoniques est sur H12. Mélodie d’harmoniques à bande large H5 (1050 Hz), 6, 7, 8, 9, 10 et 12 (2510 Hz). Vibrato en forme d’ondulations.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-27.jpg
Fichier image/jpeg, 156k
Titre Fig. 26 : Imitation par Trân Quang Hai du style sigit tuva de la fig. 23.
Légende Technique à deux cavités. Forte nasalisation. Contraction abdominale et pharyngienne. Rétrécissement de la colonne d’air. Pour obtenir les ornements rythmiques (H10 à partir de la ligne mélodique H9, et H13 à partir de la ligne mélodique H12), la pointe de la langue est légèrement aplatie contre le palais. H1 (145 Hz) et H2 très marqués. Même mélodie d’harmoniques que fig. 23 et 24. Absence de deuxième zone dans l’aigu, comme fig. 24.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-28.jpg
Fichier image/jpeg, 140k
Titre Fig. 27 : Rajasthan. Enregistrement J. Levy. Phonothèque du Musée de l’Homme BM78.2.1.
Légende H1 (170 Hz) et 2 très marqués. Mélodie d’harmoniques H5 (850 Hz), 6, 8, 9,10, 11, 12, 13, 16 (2720 Hz), à large bande. Accents rythmiques, sans doute pour imiter le jeu de la guimbarde. Plus grand ambitus de toutes les pièces analysées dans cet article.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-29.jpg
Fichier image/jpeg, 152k
Titre Fig. 28 : Imitation par Trân Quang Hai du chant du Rajasthan de la fig. 27.
Légende Technique à deux cavités. Voix fortement nasalisée. Forte contraction pharyngienne et abdominale (comme pour le sigit). Coups de langue rythmiques contre le palais, ce qui donne sur le tracé des lignes verticales comme sur la fig. 27. H1 (150 Hz), H5 (750 Hz) à H 16 (2400 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-30.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 29 : Mongolie. Probablement style tzeedznii khöömii (« khöömii de poitrine »), appelé dans le film Le chant des harmoniques par erreur bagalzuuriin khöömi, (« khöömi de gorge »). Démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.
Légende H1 (180 Hz) marqué, H2 très marqué. Mélodie d’harmoniques H8 (1440 Hz), 9, 10 (1800 Hz). Dans l’aigu, 2e zone à l’octave (H18 à 3240 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-31.jpg
Fichier image/jpeg, 136k
Titre Fig. 30 : Même chanteur. Style khamryn khöömii (« khöömii de nez »).
Légende H1 (170 Hz), 2 et 3 marqués. Mélodie d’harmoniques très faible H8, 9 et 10, « noyée » dans les harmoniques couvrant toute l’étendue du spectre.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-32.jpg
Fichier image/jpeg, 120k
Titre Fig. 31 : Même signal que fig. 29.
Légende Analyse à 8 KHz, montrant une troisième zone à large bande au dessus de 4000 Hz.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-33.jpg
Fichier image/jpeg, 144k
Titre Fig. 32 : Même signal que fig. 30.
Légende Analyse à 8 KHz, montrant une troisième zone à large bande au dessus de 4000 Hz.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-34.jpg
Fichier image/jpeg, 136k
Titre Fig. 33 : Mongolie. Probablement style bagalzuuliin khöömii, (« khöömii de gorge »), appelé dans le film Le chant des harmoniques par erreur tseedznii khöömi (« khöömi de poitrine »). Démonstration pour l’interview, par T. Ganbold.
Légende Bouche grande ouverte. H1 (170 Hz), 2, 3, 5, 6 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques H8 (1360 Hz), 9, 10 (1700 Hz). Dans l’aigu, une deuxième zone d’harmoniques à bande large H16 à 20 (2720 à 3400 Hz). Une analyse à 8000 Hz (non reproduite ici) montre une troisième zone très marquée au-dessus de 4000 Hz.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-35.jpg
Fichier image/jpeg, 164k
Titre Fig. 34 : Imitation par Trân Quang Hai du style de la fig. 33.
Légende Technique à deux cavités avec l’arrière de la langue mordue par les molaires. Contraction pharyngienne avec une rétrécissement de la colonne d’air, musculature du cou « remontée ». Bouche grande ouverte, lèvres légèrement étirées comme pour prononcer la voyelle i. H1 (170 Hz), 2, 3, 4, 5, 6 du bourdon très marqués. Mélodie d’harmoniques H8 (1360 Hz), 9, 10 (1700 Hz).
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-36.jpg
Fichier image/jpeg, 176k
Titre Fig. 35 : Essai par Trân Quang Hai.
Légende H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8. Forte contraction abdominale et pharyngienne. Conduit d’air très reserré. La vibration est ressentie plus fortement au-dessus de la pomme d’Adam.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-37.jpg
Fichier image/jpeg, 128k
Titre Fig. 36 : Essai par Trân Quang Hai.
Légende H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8. Forte contraction abdominale et pharyngienne. Conduit d’air plus large. La vibration est ressentie plus fortement au-dessous de la pomme d’Adam.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-38.jpg
Fichier image/jpeg, 140k
Titre Fig. 37 : Essai par Trân Quang Hai.
Légende H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8. Relaxation abdominale et pharyngienne. Intensité faible ; pour obtenir un tracé noir, il fallait compenser en augmentant le niveau d’entrée du Sona-Graph.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-39.jpg
Fichier image/jpeg, 120k
Titre Fig. 38 : Essai par Trân Quang Hai.
Légende H1 (220 Hz) ; mélodie d’harmoniques H8.Bouche fermée. Contractions comme pour la fig. 36. Intensité faible ; pour obtenir un tracé noir, il fallait compenser en augmentant le niveau d’entrée du Sona-Graph.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-40.jpg
Fichier image/jpeg, 128k
Titre Fig. 39 : Sigit tuva (cf. fig. 23). Ornements rythmiques « en ponctuations » sur H10, combinés avec du vibrato.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-41.jpg
Fichier image/jpeg, 108k
Titre Fig. 40 : Chant du Rajasthan (cf. fig. 27). Accents rythmiques marqués par des lignes verticales sur toute l’étendue du spectre.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-42.jpg
Fichier image/jpeg, 116k
Titre Fig. 41 : « Khöömii de ventre » mongol (cf. fig. 25). Vibrato « en ondulations ».
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-43.jpg
Fichier image/jpeg, 124k
Titre Fig. 42 : Kargiraa tuva (cf. fig. 5). Vibrato « en ondulations ».
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-44.jpg
Fichier image/jpeg, 128k
Titre Fig. 43 : Borbannadir tuva à fondamental grave (cf. fig. 13). Pulsation « en zigzag » sur la mélodie d’harmoniques à bande large.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-45.jpg
Fichier image/jpeg, 120k
Titre Fig. 44 : Borbannadir tuva à fondamental aigu (cf. fig. 22). Accents rythmiques « en hachures » sur H2 par frappement de doigt(s) sur les lèvres.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-46.jpg
Fichier image/jpeg, 116k
Titre Fig. 45 : Khomei tuva (cf. fig. 18). Pulsation rythmique marquée par des traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-47.jpg
Fichier image/jpeg, 120k
Titre Fig. 46 : Ezengileer tuva (cf. fig. 21). Accents rythmiques marqués par des traits verticaux alternativement au-dessus et au-dessous de la ligne horizontale.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-48.jpg
Fichier image/jpeg, 124k
Titre Fig. 47 : Expérimentation d’un « bourdon harmonique » dans l’aigu, avec variation du fondamental, par Trân Quang Hai.
Légende Technique à deux cavités. Voix fortement nasalisée. Contraction pharyngienne et abdominale. Échelle montante des fondamentaux La1 (135 Hz), Re2, Mi2, La2 (270 Hz), et redescendante au La1. « Bourdon harmonique » de 1380 Hz réalisé successivement par H12, 9, 8, 6, 8, 9, 12.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-49.jpg
Fichier image/jpeg, 140k
Titre Fig. 48 : Expérimentation d’un mouvement contraire entre bourdon et mélodie d’harmoniques, par Trân Quang Hai.
Légende Technique à deux cavités. Voix fortement nasalisée. Contraction pharyngienne et abdominale. Échelle diatonique ascendante des fondamentaux du La1 (110 Hz) au La2 (220 Hz) et redescendante. Échelles d’harmoniques en mouvement contraire, descendante de H19 au H4 et remontante à H19.
URL http://ethnomusicologie.revues.org/docannexe/image/1572/img-50.jpg
Fichier image/jpeg, 134k

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Hugo Zemp et Trân Quang Hai, « Recherches expérimentales sur le chant diphonique », Cahiers d’ethnomusicologie, 4 | 1991, 27-68.

Référence électronique

Hugo Zemp et Trân Quang Hai, « Recherches expérimentales sur le chant diphonique », Cahiers d’ethnomusicologie [En ligne], 4 | 1991, mis en ligne le 16 novembre 2011, consulté le 03 mars 2015. URL : http://ethnomusicologie.revues.org/1572

Haut de page

Auteurs

Hugo Zemp

Hugo Zemp est directeur de recherche au CNRS (UPR 165, Musée de l’Homme, Paris). Il a effectué des recherches en Afrique occidentale (Côte d’Ivoire), en Océanie (Iles Salomon) et en Suisse. Directeur des éditions de disques « Collection CNRS – Musée de l’Homme », il enseigne l’utilisation de l’outil audiovisuel à l’Université de Paris X-Nanterre.

Articles du même auteur

Trân Quang Hai

TRÂN Quang Hai, ingénieur d’études au CNRS (UPR 165, Musée de l’Homme, Paris), s’est spécialisé dans les recherches musicales d’Asie du Sud-Est. Issu d’une famille vietnamienne de cinq générations de musiciens, il pratique plusieurs instruments de musique vietnamiens et asiatiques, et donne de nombreux concerts dans le monde. Il est l’auteur de nombreux articles et l’auteur-interprète de quinze disques.

Articles du même auteur

Haut de page

Droits d’auteur

Tous droits réservés

Haut de page

PIERO COSI, GRAZIANO TISATO : ON THE MAGIC OF OVERTONE SINGING

Standard

ON THE MAGIC OF
OVERTONE SINGING
Piero Cosi, Graziano Tisato
*ISTC-SFD – (ex IFD) CNR
Istituto di Scienze e Tecnologie della Cognizione – Sezione di Fonetica e Dialettologia
(ex Istituto di Fonetica e Dialettologia) – Consiglio Nazionale delle Ricerche
e-mail: cosi@csrf.pd.cnr.it tisato@tin.it
www: http://nts.csrf.pd.cnr.it/Ifd
I really like to remember that Franco was the first person I met when I approached the “Centro di Studio per le Ricerche di Fonetica” and I still have a greatly pleasant and happy sensation of that our first warm and unexpectedly informal talk. It is quite obvious and it seems rhetorical to say that I will never forget a man like Franco, but it is true, and that is, a part from his quite relevant scientific work, mostly for his great heart and sincere friendship.
1. ABSTRACT
For “special people” scientific interests sometimes co-occur with personal “hobbies”. I remember Franco talking to me about the “magic atmosphere” raised by the voice of Demetrio Stratos, David Hykes or Tuvan Khomei1 singers and I still have clear in my mind Franco’s attitude towards these “strange harmonic sounds”. It was more than a hobby but it was also more than a scientific interest. I have to admit that Franco inspired my “almost hidden”, a part from few very close “desperate” family members, training in Overtone Singing2. This overview about this wonderful musical art, without the aim to be a complete scientific work, would like to be a small descriptive contribute to honor and remember Franco’s wonderful friendship.
2. THE THROAT-SINGING TRADITION
“Khomei” or “Throat-Singing” is the name used in Tuva and Mongolia to describe a large family of singing styles and techniques, in which a single vocalist simultaneously produces two (or more) distinct tones. The lower one is the usual fundamental tone of the voice and sounds as a sustained drone or a Scottish bagpipe sound. The second corresponds to one of the harmonic partials and is like a resonating whistle in a high, or very high, register. For convenience we will call it “diphonic” sound and “diphonia” this kind of phenomenon.
Throat-Singing has almost entirely been an unknown form of art until rumours about Tuva and the peculiar Tuvan musical culture spread in the West, especially in North
1 We transcribe in the simplest way the Tuvan term, for the lack of agreement between the different authors: Khomei, Khöömii, Ho-Mi, Hö-Mi, Chöömej, Chöömij, Xöömij.
2 This is the term used in the musical contest to indicate the diphonic vocal techniques.
America, thanks to Richard Feynman [1]3, a distinguished American physicist, who was an ardent devotee of Tuvan matters.
This singing tradition is mostly practiced in the Central Asia regions including Bashkortostan or Bashkiria (near Ural mountains), Kazakhstan, Uzbekistan, Altai and Tuva (two autonomous republics of the Russian Federation), Khakassia and Mongolia (Fig. 1), but we can find examples worldwide: in South Africa between Xosa women [3], in the Tibetan Buddhist chants and in Rajastan.
The Tuvan people developed numerous different styles. The most important are: Kargyraa (chant with very low fundamentals), Khomei (it is the name generally used to indicate the Throat-Singing and also a particular type of singing), Borbangnadyr (similar to Kargyraa, with higher fundamentals), Ezengileer (recognizable by the quick rhythmical shifts between the diphonic harmonics), Sygyt (like a whistle, with a weak fundamental) [4]. According to Tuvan tradition, all things have a soul or are inhabited by spiritual entities. The legends narrate that Tuvan learnt to sing Khomei to establish a contact and assimilate their power trough the imitation of natural sounds. Tuvan people believe in fact that the sound is the way preferred by the spirits of nature to reveal themselves and to communicate with the other living beings.
Figure 1. Diffusion of the Throat-Singing in Central Asia regions.
In Mongolia most Throat-Singing styles take the name from the part of the body where they suppose to feel the vibratory resonance: Xamryn Xöömi (nasal Xöömi), Bagalzuuryn Xöömi (throat Xöömi), Tseedznii Xöömi (chest Xöömi), Kevliin Xöömi (ventral Xöömi, see Fig. 13), Xarkiraa Xöömi (similar to the Tuvan Kargyraa), Isgerex (rarely used style: it sounds like a flute). It happens that the singers itself confuse the different styles [5]. Some very famous Mongol artists (Sundui and Ganbold, for example) use a deep vibrato, which is not traditional, may be to imitate the Western singers (Fig. 13).
The Khakash people practice three types of Throat-Singing (Kargirar, Kuveder or Kilenge and Sigirtip), equivalent to the Tuvan styles Kargyraa, Ezengileer and Sygyt. We
3 Today, partly because of Feynman’s influence, there exists a society called “Friends of Tuva” in California, which circulates news about Tuva in the West [2].
find again the same styles in the peoples of the Altai Mountains with the names of Karkira, Kiomioi and Sibiski. The Bashkiria musical tradition uses the Throat-Singing (called Uzlau, similar to the Tuvan Ezengileer) to accompany the epic chants. In Uzbekistan, Kazakhstan and Karakalpakstan we find forms of oral poetry with diphonic harmonics [6].
The Tibetan Gyuto monks have also a tradition of diphonic chant, related to the religious believes of the vibratory reality of the universe. They chant in a very low register in a way that resembles (see later the difference) the Tuvan Kargyraa method. The aim of this tradition is mystical and consists in isolating the 5th or the 10th harmonic partial of the vocal sound. They produce in this way the intervals of 3rd or 5th (in relation to the fundamental) that have a symbolic relation with the fire and water elements (Fig. 14) [4].
Figure 2. Spectral section of a vocal (up) and a diphonic vocal (down).
3. SEPARATION OF THE AUDITORY IMAGE IN THROAT-SINGING
What is so wonderful in Throat-Singing? It is the appearance of one of the harmonic partials that discloses the secret musical nature of each sound. When in Throat-Singing the voice splits in two different sounds, we experience the unusual sensation of a pure, discarnate, sine wave emerging from the sound. It is the same astonishment we feel when we see a rainbow, emerging from the white light, or a laser beam for the first time.
The natural sounds have a complex structure of harmonic or inharmonic sinusoidal partials, called “overtones” (Fig. 2). These overtones are not heard as distinct sounds, but their relative intensity defines our perception of all the parameters of sound (intensity, pitch, timbre, duration). The pitch corresponds to the common frequency distance between
the partials and the timbre takes into account all the partials as a whole. The temporal evolution of these components is what makes the sound of each voice or instrument unique and identifiable.
In the harmonic sounds, as the voice, the components are at the same frequency distance: their frequency is a multiple of the fundamental tone (Fig. 2). If the fundamental frequency is 100 Hz, the 2nd harmonic frequency is 200 Hz; the 3rd harmonic frequency is 300 Hz, and so on. The harmonic partials of a sound form a natural musical scale of unequal temperament, as whose in use during the Renaissance [7]. If we only take into consideration the harmonics that are easy to produce (and to perceive also), i.e. from the 5th to the 13th, and if we assume for convenience a C3 131 Hz as starting pitch, we can get the following musical notes:
Harm. N. Freq. (Hz) Note Interval with C3
5 655 E5 3rd
6 786 G5 5th
7 917 A+ 6th +
8 1048 C6 Octave
9 1179 D6 2nd
10 1310 E6 3rd
11 1441 F6+ 4th +
12 1572 G6 5th
13 1703 A6- 6th-
The series of 8th, 9th, 10th, 12th, 13th harmonic and the series from 6th to 10th are two possible pentatonic scales to play. Note that the frequency differences between these scales and the tempered scale are on the order of 1/8th of a tone (about 1.5%).
The Throat-Singing allows extracting the notes of a natural melody from the body of the sound itself.
The spectral envelope of the overtones is essential for the language comprehension. The glottal sound is filtered by the action of the vocal tract articulation, shaping the partials in the voice with some characteristic zones of resonance (called formants), where the components are intensified, and zones of anti-resonance, where the partials are attenuated (Fig. 2-3). So, the overtones allow us to tell apart the different vocal sounds. For example the sounds /a/, /e/, /i/, /o/, etc. uttered or sung at the same pitch, nevertheless sound different to our ears for the different energy distribution of the formants (Fig. 2).
The auditory mechanisms “fuse” the partials in one single “image”, which we identify as voice, musical instrument, noise, etc. [8]. In the same way, the processing of visual data tends to group different dots into simple shapes (circle, triangle, square, etc.). The creation of auditory images is functional to single out and to give a meaning to the sonic sources around us.
The hearing mechanisms organize the stream of perceptive data belonging to different components of different sounds, according to psychoacoustics and Gestalt principles. The “grouping by harmonicity”, for example, allows the fusion in the same sound of the frequency partials, which are multiples of a common fundamental. The “common fate” principle tells that we integrate the components of a complex sound, which show the same amplitude and frequency behaviour (i.e. similar modulation and microvariation, similar attack and decay, similar vibrato, etc.) [8]. If one of these partials reveals a particular evolution (i.e. it is mistuned or has not the same frequency and amplitude modulation, etc.),
it will be heard as a separate sound. So the Throat-Singing is a marvelous example to understand the illusory nature of perception and the musical structure of the sound.
Figure 3. Resonance envelope for an uniform vocal tract (left). A constriction on the pharynx moves the formants so that the intensity of partials in the 2500-3500 Hz region increases (right).
4. FUNDAMENTAL TECHNIQUES IN THROAT-SINGING
In the Throat-Singing the singer learn to articulate the vocal tract so that one of the formants (usually the first or the second) coincide with the desired harmonic, giving it a considerable amplitude increase (even more than 30 dB, see in Fig. 2 the 10th harmonic) and making it perceptible. Unlike the normal speech, the diphonic harmonic can exceed a lot the lower partials intensity (Fig. 2). Soprano singers use similar skill to control the position of the 1st formant, tuning it to the fundamental with the proper articulation (i.e. proper opening of the mouth), when they want to sing a high note [9].
There are many different methods to produce the diphonic sound [5-6], but we can summarize them in two possible categories, called “single cavity method” or “two cavities method”, that are characterized by the use or not of the tongue, according to the proposal of Tran Quang Hai [4].
4.1 SINGLE CAVITY METHOD
In this method, the tongue doesn’t move and remains flat or slightly curved without touching the palate. In this case the vocal tract is like a continuous tube (Fig. 3). The selection of the diphonic harmonic is obtained by the appropriate opening of the mouth and the lips. The result is that the formants frequency raises if the vocal tract lengthens (for example with a /i/) and that the formants frequency lowers, if it extends (for example with a /u/). With this technique the 1st formant movement allows the selection of the partials. As we can see in Fig. 4, we cannot go beyond 1200 Hz. The diphonic harmonic is generally feeble, masked by the fundamental and the lower partials, so the singers nasalize the sound to reduce their intensity [10-11].
Figure 4. Opening the mouth controls the 1st formant position. The movement of the tongue affects the 2nd formant and allows the harmonic selection in a large frequency range.
4.2 TWO CAVITIES METHODS
In this method, the tongue is raised so to divide the vocal tract in two main resonators, each one tuned on a particular resonance. By an appropriate control, we can obtain to tune two separate harmonics, and thereby to make perceptible, not one but two (or more) pitches at the same time (Fig. 9-12).
There are three possible variants of this technique:
The first corresponds to the Khomei style: to select the desired harmonic the tip of the tongue and the tongue body moves forward (higher pitch) and backward (lower pitch) along the palate.
The second is characteristic of the Sygyt style: the tip of the tongue remains fixed behind the upper teeth while the tongue body rises to select the harmonics.
In the third variant, the movement of the tongue root selects the diphonic harmonic. Shifting the base of the tongue near the posterior wall of the throat, we obtain the lower harmonics. On the contrary, moving the base of the tongue forward, we pull out the higher harmonics [6].
A different method has been proposed by Tran Quang Hai to produce very high diphonic harmonics (but not to control the selection of the desired component). It consists
to keep the tongue pressed by the molars, while singing the vowels /u/ and /i/, and maintaining a strong contraction of the muscles at the abdomen and the throat [4].
The advantage of the two cavities techniques is that we can use the 2nd formant to reinforce the harmonics that are in the zone of best audibility. In this case the diphonic harmonic reaches the 2600 Hz (Fig. 4). Furthermore the movement of the tongue affects the formants displacement in opposite directions. The separation of the 1st and the 2nd formant produces in between a strong anti-resonance (Fig. 2), which helps the perception of the diphonic harmonic.
In all these methods it is useful a slight discrete movement of the lips to adjust the formants position.
5. REINFORCING THE DIPHONIC SOUND
There are three main mechanisms required to reinforce the effect of segregation of the diphonic sound:
• The appropriate movement of the lips, tongue, jaw, soft palate, throat, to produce a fluctuation in the amplitude of the selected harmonic, so that it differentiates from the other partials that remain static. The auditory mechanisms are tuned to capture the more subtle changes in the stream of auditory information, useful to discriminate the different sounds [8].
• The nasalization of the sound. In this way we create an anti-resonance at low frequency (<400 Hz) that attenuates the lower partials responsible for the masking of the higher components [10-11]. The nasalization provokes also the attenuation of the third formant [12], which improves the perception of the diphonic harmonic (Fig. 2).
• The constriction of the pharynx region (false ventricular folds, arytenoids, root of the epiglottis), which increases the amplitude of the overtones in the 2000-4000 Hz region (Fig. 2). This is also what happens in the “singer’s formant”, the technique used by the singers to reinforce the partials in the zone of best audibility and to avoid the masking of the voice by the orchestra, generally very strong in the low frequency range [9]. For this reason the Throat-Singing technique requires a tuning extremely precise and selective, in order to avoid the amplification of a group of harmonic partials, as in the “singer’s formant”.
6. VOICE MULTIPHONICS
We disregard in this paper the polyphonic singing that could produces some diphonic effects: for example the phenomenon of the quintina in the Sardinia religious singing, where the coincidence of the harmonics of 4 real voices produces the perception of a 5th virtual voice (Fig. 5) [13].
There are in the literature many terms to indicate the presence of different perceptible sounds in a single voice: Khomei, Throat-Singing, Overtone Singing, Diphonic Singing, Biphonic Singing, Overtoning, Harmonic Singing, Formantic Singing, Chant, Harmonic Chant, Multiphonic Singing, bitonality, diplophonia, vocal fry, etc.
According to the pioneer work in the domain of the vocal sounds made by The Extended Vocal Techniques Ensemble (EVTE) of San Diego University and bearing in mind that there is little agreement regarding classifications [4], [14-15], the best distinctive criterion for the diphonia seems to be the characterization of the sound sources that produce the perception of the diphonic or multiphonic sound [16].
Following this principle, we can distinguish between Bitonality and Diphonia:
• Bitonality: In this case there are two distinct sound sources that produce two sounds. The pitches of the two sounds could be or not in harmonic relationship. This category includes: diplophonia, bitonality and vocal fry.
• Diphonia: The reinforcement of one (or more) harmonic partial(s) produces the splitting of the voice in two (or more) sounds. This category includes: Khomei, Throat-Singing, Overtone Singing, Diphonic Singing, Biphonic Singing, Overtoning, Harmonic Singing, Chant, Harmonic Chant.
Fig. 5 Sardinia religious folk singing. The pitches of the 4 voices of the choir are F1 88 Hz, C2 131 Hz, F2 176 Hz, A3# 230 Hz. The 8th harmonic of the F1, the 6th of the C2, the 4th of the F2 and the 3rd of the A# coincide at 700 Hz and produce the perception of a 5th voice.
6.1 BITONALITY
Diplophonia: The vibration of the vocal folds is asymmetrical. It happens that after a normal oscillatory period, the vibration amplitude that follows is reduced. There is not the splitting of the voice in two sounds, but the pitch goes down one octave lower and the timbre assumes a typical roughness. For example, assuming as fundamental pitch a C3 130.8 Hz, the resulting pitch will be C2 65.4 Hz. If the amplitude reduction happens after two regular vibrations, the actual periodicity triplicates and then the pitch lowers one octave and a 5th. The diplophonic voice is a frequent pathology of the larynx (as in unilateral vocal cord paralysis), but can be also obtained willingly for artistic effects (Demetrio Stratos was an expert of this technique) [16-18].
Bitonality: The two sound sources are due to the vibration of two different parts of the glottis cleft. This technique requires a strong laryngeal tension [16-17]. In this case there is not necessarily a harmonic relationship between the fundamentals of the two sounds. In the Tuvan Kargyraa style, the second sound source is due to the vibration of the supraglottal structures (false folds, arytenoids, aryepiglottic folds that connects the arytenoids and the epiglottis, and the epiglottis root). In this case generally (but not always) there is a 2:1 frequency ratio between the supraglottal closure and vocal folds closure. As in the case of Diplophonia, the pitch goes down one octave lower (or more) [19-21].
Vocal fry: The second sound is due in this case to the periodic repetition of a glottal pulsation of different frequency [14]. It sounds like the opening of a creaky door (another common designation is “creaky voice”). The pulse rate of vocal fry can be controlled to produce a range from very slow single clicks to a stream of clicks so rapid to be perceived as a discrete pitch. Therefore vocal fry is a special case of bitonality: the perception of a second sound depends on a pulses train rate and not on the spectral composition of the single sound.
6.2 DIPHONIA
Diphonic and Biphonic refer to any singing that sounds like two (or more) simultaneous pitches, regardless of technique. Use of these terms is largely limited to academic sources. In the scientific literature the preferred term to indicated Throat-Singing is Diphonic Singing.
Multiphonic Singing indicates a complex cluster of non-harmonically related pitches that sounds like the vocal fry or the creaky voice [14]. The cluster may be produced expiring as normal, or also inhaling the airflow.
Throat Singing is any technique that includes the manipulation of the throat to produce a melody with the harmonics. Generally, this involves applying tension to the region surrounding the vocal cords and the manipulation of the various cavities of the throat, including the ventricular folds, the arytenoids, and the pharynx.
Chant generally refers to religious singing in different traditions (Gregorian, Buddhist, Hindu chant, etc.). As regards the diphonia, it is noteworthy to mention the low singing practiced by Tibetan Buddhist monks of the Gyuto sect. As explained before, they reinforce the 5th or the 10th harmonic partial of the vocal sound for mystical and symbolic purposes (Fig. 14). This kind of real diphonia must be distinguished from resonantial effects (enhancement of some uncontrolled overtones) that we can hear in Japanese Shomyo Chant [4] and also in Gregorian Chant.
Harmonic Singing is the term introduced by David Hykes to refer to any technique that reinforces a single harmonic or harmonic cluster. The sound may or may not split into two or more notes. It is used as a synonym of Overtone Singing, Overtoning, Harmonic Chant and also Throat-Singing.
Overtone Singing can be considered to be harmonic singing with an intentional emphasis on the harmonic melody of overtones. This is the name used by Western artists that utilizes vowels, mouth shaping, and upper-throat manipulations to produce melodies and textures. It is used as a synonym of Harmonic Singing, Overtoning, Harmonic Chant and also Throat-Singing.
Fig. 6 Tuvan Khomei Style. The fundamental is a weak F#3+ 189 Hz. The diphonic harmonics are the 6th (C#6+ 1134 HZ), 7th (E6 1323 Hz), 8th (F#6+ 1512 Hz), 9th (G#6+ 1701 Hz), 10th (A#6+ 1890 Hz) and 12th (C#7+ 2268 Hz).
7. KHOMEI STYLES
Although there is no widespread agreement, Khomei comprises three major basic Throat-Singing methods called Khomei, Kargyraa, and Sygyt, two main sub methods called Borbangnadyr and Ezengileer and various other sub styles.
Khomei means “throat” or “pharynx” and it is not only the generic name given to all throat-singing styles for Central Asia, as underline above, but also a particular style of singing. Khomei is the easiest technique to learn and the most practiced in the West. It produces clear and mild harmonics with a fundamental usually within the medium range of the singer’s voice (Fig. 6). In Khomei style there are two (or more) notes clearly audible. Technically the stomach remains relaxed and there is a low-level tension on larynx and ventricular folds, whereas Sygyt style requires a very strong constraint of these organs (Fig. 7). The tongue remains seated flatly between the lower teeth as in the Single Cavity technique, or raises and moves as in the Two Cavities techniques. The selection of the desired harmonic comes mainly from a combination of different lips, tongue and throat movements.
Sygyt means “whistle” and actually sounds like a flute. This style is characterized by a strong, even piercing, harmonic and can be used to perform complex and very distinct melodies (Fig. 10). It has its roots in the Khomei method and has the same range for the fundamental. Sygyt is sung with a half-open mouth and the tip of tongue placed behind front teeth as if pronouncing the letter “L”. The tongue tip is kept in the described position, while the tongue body moves to select the harmonic. This is the same technique described above for the Khomei method. The difference is in the timbre quality of the sound lacking of energy in the low frequencies. To produce a crystal-clear, flute-like overtone,
characteristic of the Sygyt style, it is necessary to learn how to filter out the lower harmonic components, that usually mask the overtone sensation.
Figure 7. Position of the arytenoids in Khomei (left) and Sygyt style [21].
Crucial for achieving this goal is a considerable pressure from the belly/diaphragm, acting as a bellows to force the air through the throat. Significant tension is required in the throat as well, to bring the arytenoids near the root of the epiglottis (Fig. 7). In this way, we obtain the displacement of first 3 formants in the high frequency zone (Fig. 3). The result is that the fundamental and the lower harmonics are so attenuated to be little audible (Fig. 10).
It is possible to sing Sygyt either directly through the center of the mouth, or, tilting the tongue, to one side or the other. Many of the best Sygyt singers “sing to the side”: directing the sound along the hard surfaces of the teeth enhances the bright, focused quality of the sound.
Kargyraa style produces an extremely low sound that resembles the roaring of a lion, the howling of a wolf, and the croaking of a frog and all these mixed together (Fig. 9). Kargyraa means “hoarse voice”. As hawking and clearing the throat before speaking Kargyraa is nothing else than a deep and continuous hawking. This hawking must rise from the deepest part of the windpipe; consequently low tones will start resonating in the chest. Overtones are amplified by varying the shape of the mouth cavity and the position of the tongue. Kargyraa is closely linked to vowel sounds: the selection of diphonic harmonic corresponds to the articulation of a particular vowel (/u/, /o/, //, /a/, etc.), which the singer learnt to associate with the desired note.
This technique is a mixture of Diphonia and Bitonality (see 6.1): in fact the supraglottal structures start to vibrate with the vocal folds, but at a half rate. The arytenoids also can vibrate touching the root of the epiglottis, hiding the vocal folds and forming a second “glottic” source [21]. The perceived pitch will be one octave lower than normal (Fig. 9), but also one octave and a 5th lower [20]. In the case of Tran Quang Hai voice, the fibroendoscopy reveals the vibration and the strong constriction of the arytenoids that hide completely the vocal folds (Fig. 8).
We must distinguish this technique from the Tibetan Buddhist chant, which is produced with the vocal folds relaxed as possible, and without any supraglottal vibration. The Tibetan chant is more like the Tuvan Borbangnadyr style with low fundamentals.
Figure 8. Simulation of the Kargyraa style by Tran Quaang Hai: the arytenoids move against the root of the epiglottis and hide the vocal folds [21].
Borbangnadyr is not really a style, as are Khomei, Sygyt and Kargyraa, but rather a combination of effects applied to one of the other styles. The name comes from the Tuvan word for “rolling”, because this style features highly acrobatic trills and warbles, reminiscent of birds, babbling brooks, etc. While the name Borbangnadyr is currently most often used to describe a warbling applied to Sygyt, it is also applied to some lower-pitched singing styles, especially in older texts. The Borbangnadyr style with low fundamentals sounds like the Tibetan Buddhist chant.
Rather the pitch movement of the melody, Borbangnadyr generally focuses the attention on three different harmonics, the 8th, 9th, and 10th, which periodically take their turn in prominence (Fig. 11). In this style the singer easily can create a triphonia effect between the fundamental, a second sound corresponding to the 3rd harmonic at an interval of 5th, and the tremolo effect on the higher harmonics.
Ezengileer comes from a word meaning “stirrup” and features rhythmic harmonic oscillations intended to mimic the sound of metal stirrups, clinking to the beat of a galloping horse (Fig. 12). Ezengileer is a variant of Sygyt style and differs considerably from singer to singer, the common element being the “horse-rhythm” of the harmonics.
8. OVERTONE SINGING IN THE WEST
In the West the Overtone Singing technique has unexpectedly become very popular, starting into musical contests and turning very soon to mystical, spiritual and also therapeutic applications. The first to make use of a diphonic vocal technique in music was Karlheinz Stockhausen in Stimmung [22]. He was followed by numerous artists and amongst them: the EVTE (Extended Vocal Techniques Ensemble) group at the San Diego University in 1972, Laneri and his Prima Materia group in 1973, Tran Quang Hai in 1975, Demetrio Stratos in 1977 [17-18], Meredith Monk in 1980, David Hykes and his Harmonic Choir in 1983 [23], Joan La Barbara in 1985, Michael Vetter in 1985, Christian Bollmann in 1985, Noah Pikes in 1985, Michael Reimann in 1986, Tamia in 1987, Bodjo Pinek in 1987, Josephine Truman in 1987, Quatuor Nomad in 1989, Iegor Reznikoff in 1989, Valentin Clastrier in 1990, Rollin Rachele in 1990 [24], Thomas Clements in 1990, Sarah Hopkins in 1990, Les Voix Diphoniques in 1997.
Figure 9. Vasili Chazir sings “Artii-sayir” in the Kargyraa Tuvan style. The fundamental pitch is B1 61.2 Hz. The diphonic harmonics are the 6th (F#4- 367 HZ), 8th (B4 490 Hz), 9th (C#5 550 Hz), 10th (D#5- 612 Hz) and 12th (F#5- 734 Hz). The diphonic (but not perceptible) harmonics 12th-24th are in octave with the previous one. In the 2600-2700 Hz region, a steady formant amplifies the 43rd and 44th harmonics.
Figure 10. Tuvan Sygyt style. The fundamental is a weak E3+ 167 Hz. The melody uses the 8th (E6+ 1336 Hz), 9th (F#6+ 1503 Hz), 10th (G#6+ 1670 Hz) and 12th (B6+ 2004 Hz). There is a rhythmic shift between contiguous harmonics each 900 ms. In the 3000-3200 Hz zone, we can see a second resonance region.
Figure 11. Tuvan Borbangnadyr style. The fundamental is a weak F#2 92 Hz. We can see on the harmonics 7-11 the effect of a periodic formantic shift (6 Hz about).
Figure 12. Tuvan Ezengileer style. The fundamental is A#2 117 Hz.
The most famous proponent of this type of singing is David Hykes. Hykes experimented with numerous innovations including changing the fundamental (moveable drone) and keeping fixed the diphonic formant, introducing text, glissando effects, etc., in numerous works produced with the Harmonic Choir of New York (Fig. 15) [23].
9. ACOUSTIC ANALYSIS
In the recent past, some work has been done on the analysis of Khomei, and more has been done on Overtone Singing generally. The focus on this research has been on the effort to discover exactly how overtone melodies are produced. Hypotheses as to the mechanics of Overtone Singing range from ideas as to the necessary physical stance and posture used by the singer during a performance, to the actual physical formation of the mouth cavity in producing the overtones.
Aksenov was the first to explain the diphonia as the result of the filtering action of the vocal tract [25-27]. Some years later Smith et al. engaged in an acoustical analysis of the Tibetan Chant [28]. In 1971, Leipp published an interesting report on Khomei [29]. Tran Quang Hai carried out a deep research on all the diphonic techniques [4-5][30]. The mechanism of the diphonia was demonstrated in 1989 by two different methodologies. The first applied direct clinical-instrumental methods to study the vocal tract and vocal cords [31-32]. The optic stroboscope revealed the perfect regularity of the vocal folds vibration. The second method made use of a simple linear prediction model (LPC) to analyse and synthesize the diphonic sound [33-34]. The good quality of the resynthesis demonstrated that the diphonia is due exclusively to the spectral resonance envelope. The only difference between normal and diphonic sound consists in the unusual narrow bandwidth of the prominent formant.
Several researchers seem to agree that the production of the harmonics in Throat-Singing is essentially the same as the production of an ordinary vowel. Bloothooft reports an entire investigation of Overtone Singing, based on the similarity of this kind of phonation to the articulation of vowel [10].
Other authors, on the contrary, argue that the physical act of creating overtones may originate in vowel production, but the end product, the actual overtones themselves, are far from vowel-like [35]. They stated, in fact, that for both acoustic and perceptual reasons, the production of an overtone melody cannot be described as vowel production.
Acoustically, a vowel is distinctive because of its formant structure. In Overtone Singing, the diphonic formant is reduced to one or a few harmonics, often with surrounding harmonics attenuated as much as possible. Perceptually, Overtone Singing usually sounds nothing like an identifiable vowel. This is primarily because, a major part of the overtone-sung tone has switched from contributing to the timbre of the tone to provoking the sensation of melody and such a distorted “vowel” can convey little phonetic information.
10. CONCLUDING REMARKS
All musical sounds contain overtones or tones that resonate in fixed relationships above a fundamental frequency. These overtones create tone color, and help us to differentiate the sounds of different music instruments or one voice and another.
Different cultures have unique manifestations of musical traditions, but, what it is quite interesting, is that some of them share at least one aspect in common: the production of overtones in their respective vocal music styles. Among these, each tradition has also its own meanings and resultants from Overtone Singing, but they are often related to a common sphere of spirituality. Overtones in Tibetan and Gregorian Chant, for example, are linked with spirituality, and even health and well being. Overtones in Tuvan Khomei have at least three different meanings: shamanistic, animistic, and aesthetic.
Figure 13. Mongolia: Ganbold sings a Kevliin Xöömi (ventral Xöömi, similar to Tuvan Sygyt.). The pitch is G3# 208 Hz. The diphonic harmonics are 6th (D#6 1248 Hz), 7th (F#6- 1456 Hz), 8th (G#6 1664 Hz), 9th (A#6+ 1872 Hz), 10th (C7- 2080 Hz), 12th (D#7 2496 Hz). There is a 6 Hz strong vibrato.
Figure 14. Tibetan Gyuto Chant in the Yang style. The pitch is a weak A1 56 Hz. In the beginning, the singer chant a vowel /o/ that reinforces the 5th partial (and the 10th). In the choir part, the articulation of the prayers produces a periodic emerging of all the scale of the harmonics up to the 30th. There is also a fixed resonance at 2200 Hz.
Figure 15. David Hykes and the Harmonic Choir. In this 100 s passage from “Hearing the Solar Winds” [23], the pitch moves slowly from A3, A#3, B3, C4, A3, to the final G3. The diphonic harmonics change in the range 6th-12th.
11. ACKNOWLEDGMENTS
We would like to thank Sami Jansson [36] and Steve Sklar [15] for the useful information they made available to us via their respective web sites.
REFERENCES
[1] Feynman (http://www.feynmanonline.com/), website.
[2] Friends of Tuva (http://www.fotuva.org/), website.
[3] Dargie D., “Some Recent Discoveries and Recordings in Xhosa Music”, 5th Symposium on Ethnomusicology, University of Cape Town, International Library of African Music (ed) , Grahamtown, 1985, pp. 29-35.
[4] Tran Quang Hai, Musique Touva, 2000, (http://www.baotram.ovh.org/tuva.html), website.
[5] Tran Quang Hai, Zemp H.,“Recherches expérimentales sur le Chant Diphonique”, Cahiers de Musiques Traditionnelles, Vol. 4, Genève, 1991, pp. 27-68.
[6] Levin Th., Edgerton M., The Throat Singers of Tuva, 1999,
(http://www.sciam.com/1999/0999issue/0999levin.html), website
[7] Walcott R., “The Chöömij of Mongolia – A spectral analysis of Overtone Singing”, Selected Reports in Ethnomusicology, UCLA, Los Angeles, 1974, 2 (1), pp. 55-59.
[8] Bregman A., Auditory scene analysis: the perceptual organization of sound, MIT Press, Cambridge, 1990.
[9] Sundberg J., The science of the singing voice, Northern Illinois University Press, De Kalb, Illinois, 1987.
[10] Bloothooft G., Bringmann E., van Capellen M., van Luipen J.B., Thomassen K.P., “Acoustic and Perception of Overtone Singing”. In Journal of the Acoustical Society of America, JASA Vol. 92, No. 4, Part 1, 1992, pp. 1827-1836.
[11] Stevens K., Acoustic Phonetics, MIT Press, Cambridge, 1998.
[12] Fant G., Acoustic theory of speech production, Mouton, The Hague, 1960.
[13] Lortat-Jacob B., “En accord. Polyphonies de Sardaigne: 4 voix qui n’en font qu’une”, Cahiers de Musiques Traditionnelles, Genève, 1993, Vol. 6, pp. 69-86.
[14] Kavasch D., “An introduction to extended vocal techniques”, Report of CME, Univ. of California, San Diego, Vol. 1, n. 2, 1980, pp. 1-20.
[15] Sklar S., Khöömei Overtone Singing, (http://www.atech.org/khoomei), website.
[16] Ferrero F., Ricci Maccarini A., Tisato G., “I suoni multifonici nella voce umana”, Prooceedings of XIX Convegno AIA, Napoli, 1991, pp. 415-422.
[17] Ferrero F., Croatto L., Accordi M., “Descrizione elettroacustica di alcuni tipi di vocalizzo di Demetrio Stratos”, Rivista Italiana di Acustica, Vol. IV, n. 3, 1980, pp. 229-258.
[18] Stratos D., Cantare la voce, Cramps Records CRSCD 119, 1978.
[19] Dmitriev L., Chernov B., Maslow V., “Functioning of the voice mechanism in double voice Touvinian singing”, Folia Phoniatrica, Vol. 35, 1983, pp. 193-197.
[20] Fuks L., Hammarberg B., Sundberg J., “A self-sustained vocal-ventricular phonation mode: acoustical, aerodynamic and glottographic evidences”, KTH TMH-QPSR, n.3, Stockholm, 1998, pp. 49-59.
[21] Tisato G., Ricci Maccarini A., Tran Quang Hai, “Caratteristiche fisiologiche e acustiche del Canto Difonico”, Proceedings of II Convegno Internazionale di Foniatria, Ravenna, 2001, (to be printed).
[22] Stockhausen K., Stimmung, Hyperion A66115, 1968.
[23] Hykes D., David Hykes and the Harmonic Choir, (http://harmonicworld.com), website.
[24] Rachele R., “Overtone Singing Study Guide”, Cryptic Voices Productions (ed), Amsterdam, 1996, pp. 1-127.
[25] Aksenov A.N., Tuvinskaja narodnaja muzyka, Mosca, 1964.
[26] Aksenov A.N., “Die stile der Tuvinischen zweistimmigen sologesanges”, Sowjetische Volkslied und Volksmusikforschung, Berlin, 1967, pp. 293-308.
[27] Aksenov A.N., “Tuvin folk music”, Journal of the Society for Asian Music, Vol. 4, n. 2, New York, 1973, pp. 7-18.
[28] Smith H., Stevens K.N., Tomlinson R.S., “On an unusual mode of singing of certain Tibetan Lamas”, Journal of Acoustical Society of America, JASA. 41 (5) , USA, 1967, pp. 1262-4.
[29] Leipp M., “Le problème acoustique du Chant Diphonique”, Bulletin Groupe d’Acoustique Musicale, Univ. de Paris VI, n. 58, 1971, pp. 1-10.
[30] Tran Quang Hai, “Réalisation du chant diphonique”, Le Chant diphonique, Institut de la Voix, Limoges, dossier n° 1, 1989, pp. 15-16.
[31] Pailler J.P., “Examen video du larynx et de la cavité buccale de Monsieur Trân Quang Hai”, Le Chant Diphonique, Institut de la Voix, Limoges, dossier n° 1, 1989, pp. 11-13.
[32] Sauvage J.P., “Observation clinique de Monsieur Trân Quang Hai”, Le Chant Diphonique, Institut de la Voix, Limoges, dossier n° 1, 1989, pp. 3-10.
[33] Tisato G., “Analisi e sintesi del Canto Difonico”, Proceedings VII Colloquio di Informatica Musicale (CIM), Cagliari, 1989, pp. 33-51.
[34] Tisato G., Ricci Maccarini A., “Analysis and synthesis of Diphonic Singing”, Bulletin d’Audiophonologie, Vol. 7, n. 5-6, Besançon, 1991, pp. 619-648.
[35] Finchum H., Tuvan Overtone Singing: Harmonics Out of Place,
(http://www.indiana.edu/~folklore/savail/tuva.html), website.
[36] Jansson S., Khöömei Page (http://www.cc.jyu.fi/~sjansson/khoomei.htm), website.
[37] Leothaud G., “Considérations acoustiques et musicales sur le Chant Diphonique”, Le Chant Diphonique, Institut de la Voix, Limoges, dossier n° 1, 1989, pp. 17-43.
[38] Zarlino G., Istitutioni Harmoniche, Venice, 1558.

http://www.researchgate.net/profile/Piero_Cosi/publication/228780318_ON_THE_MAGIC_OF_OVERTONE_SINGING/links/09e4150a363d7236ff000000.pdf

STEVE SKLAR : Types of Throat-Singing with Tips Under Construction

Standard

Types of Throat-Singing

with Tips

Under Construction

Tuvan Throat-Singing

Tuvan throat-singing, or Khoomei, is the area with which I have the most extensive experience. While I am familiar with other types of harmonic singing and chant, the main focus of this page will be Tuvan. You can find some information/links about other regions below.

All styles of Tuvan Khoomei involve controlled tension in and manipulation of the diaphragm, throat, and mouth. However, there are great differences between the different types of throat-singing; for example, some styles are multiphonic whereas other styles are not. Even this description must take into consideration the hearing, or conditioned hearing of the listener as much as the intention and execution of the singer.

There is no real consensus on Khoomei categories; this is a complicated issue due to a number of confusing factors. For one thing, affecting western scholars, there have to date been very few texts about Khoomei in Western European languages. The most commonly cited source when I began my research in the early 1990s was translated from Tuvan Folk Music, a book published in 1964 by A. N. Aksenov, a Russian composer who surveyed Tuvan Khoomei styles in the 1940-50s. More recently, there have been such resources such as Mark van Tongeren’s quite interesting Overtone Singing, various CD liners of varying quality and accuracies, and WWW sites such as my own Khoomei.com, which also vary greatly in worth.

There are major discrepancies between Aksenov’s descriptions and other older sources, and those of other more contemporary observers, and several plausible explanations. One is that Aksenov’s survey of Tuvan styles was limited in scope, though he was a highly educated and skilled composer and musician, who seemed to take his research most seriously. Although a definite factor, it is also apparent that there has been an appreciable development and metamorphosis of common Khoomei styles since Aksenov’s time. Also, many performances now include mixtures of styles much more extensively than in the past. Whereas many singers in the old days tended to sing mostly in one or two styles, and there was greater regional differentiation, many modern singers perform in numerous styles, hybrids, and develop their own takes on “the classics.”

So, although there is no widespread agreement, many contemporary Khoomei cognoscenti designate three or five major styles:

1. Khoomei

2. Kargyraa

3. Sygyt

4. Borbangnadyr

5. Ezengileer

As noted below, #4 and 5, Borbangnadyr and Ezengileer are sometimes considered to be proper styles, and sometimes to be ornamentations added to Khoomei, Kargyraa, or Sygyt. I would add to the top of the list Xorekteer, as it underlies most of the various styles.

All video examples are QuickTime movies. Click here to get QuickTime (available for Mac and PC).

All movies are © Steve Sklar/Skysong Productions, Inc. and may NOT be copied or distributed without consent. All Rights Reserved.

Please Note: If you don’t have QT Pro and want to save the videos, then either R click (PCs) or Option Click (Mac) and do a Save to Disk, then view the .mov file from your hard drive. If you have QT Pro, then you can view the videos from within your browser, and save them from there. If you view them from within your web browser, I recommend configuring the browser to view them using the QT plugin, as this lets you begin viewing as the files download.

Coming soon: MP3 examples…


Xorekteer means singing with the chest voice… Now, this can be confusing to beginners: What does “chest voice” mean? And why isn’t it the “throat voice?” This term can carry several meanings. It can be used, like khoomei, to mean ALL THROAT-SINGING, in any style. It can also be used as a metaphor for “with feeling,” as in “more heart.” Plus, it can refer both to the feeling of pressure one feels when throat-singing, and also to chest resonance, which is obvious in person but not on recordings.

In its common sonic sense, “Chest voice” has a totally different meaning than the western vocal context, and the two should not be confused. Those familiar with Tuvan music have noticed that often entire songs are sung with this voice. It usually serves as the springboard to launch into khoomei style and sygyt. Here is an excellent example in MP3 format, the song, Kombu* This solo by Kaigal-ool of Huun-Huur-Tu (accompanying himself on doshpuluur) demonstrates perfectly the characteristic sound of the Xorekteer voice, with its hard, bright tone, and he uses it as a launching pad to sing khoomei, sygyt, and kargyraa.

Khoomei is not only the generic name given to all throat-singing styles, but also to a particular style of singing. Khoomei is a soft-sounding style, with clear but diffused-sounding harmonics above a fundamental usually within the low-mid to midrange of the singer’s voice. In Khoomei style, there are 2 or more notes clearly audible.

Compared to Xovu Kargyraa or sygyt (see below), the stomach remains fairly relaxed, and there is less laryngeal tension than harder-sounding Sygyt. The tongue remains seated quietly between the lower teeth. The pitch of the melodic harmonic is selected by moving the root of the tongue and the attached epiglottis as in my “Yuh!” technique (see Lesson 1). On the upper illustration below, the epiglottis is seen as the light-colored projection rising from the root of the tongue. It is to the right of the hypopharynx, also referred to as the laryngopharynx.

Phrasing and ornamentation come from a combination of throat movements and lip movements. Lips generally form a small “O.” The combination of lip, mouth and throat manipulations make a wide spectrum of tones and effects possible. Video Demonstration: Kaigal-ool Khovalyg

Kargyraa is usually performed low in the singer’s range. There are two major styles of Kargyraa, Mountain (dag) and Steppe (xovu). Both feature an intense croaking tone, very rich in harmonics. This technique is related technically to Tibetan harmonic chanting.

NOTHING feels like Kargyraa; you really feel a “mouthful of sound.” The term refers to all styles of singing which simultaneously use both the vocal and ventricular folds inside the larynx, as dual sound-sources. See the lower illustration below, The Larynx. When the larynx is constricted slightly just above the level of the vocal folds while the vocal folds are engaged, the ventricular folds will usually resonate, producing the second sound source. The ventricular folds’ fundamental vibrates at half the speed of the vocal folds, producing the extra sound one octave lower than the usual voice. The ventricular folds also produce many midrange and upper harmonics. While not yet proved, I suspect that each set of folds produces its own harmonic series, which intereact and are affected by the formants of the vocal system. Careful listeners will note the “constant” sound produced by the vocal folds, and a periodical, pulsating complex of sounds created by the ventricular folds. Kargyraa often sounds more traditional, or authentic, when the vocal folds are in Xorekteer mode, as above, and when the sound is somewhat restrained, rather than freely exiting the mouth.

Kargyraa is the one Tuvan style that I know of that is closely linked to vowel sounds; in addition to various throat manipulations, the mouth varies from a nearly closed “O” shape to nearly wide open. Except for the throat technique, this style is vaguely related to western overtone singing styles that use vowels and mouth shapes to affect the harmonic content. However, unlike most western styles, there is no dependable correlation between the vowel and the pitch. Generally, western overtone singers link pitch to the vowel, so that “ooo” gives the lowest harmonic, and rise in pitch from “ooo” to “o” to “ah” to “a” to “ee,” and so on. In Kargyraa, an “ah” can be higher than “a”, etc.

Dag (Mountain) Kargyraa is usually the lower of the styles in pitch, and often includes nasal effects; this sometimes sounds like oinking! It should feature strong low-chest resonance, and not too much throat tension. Video Demonstration: Alden-ool Sevek

Xovu (Steppe) Kargyraa is usually sung at a higher pitch, with more throat tension and less chest resonance. It also has a generally raspier sound. Video Demonstration (with other styles, see at about :53) Kaigal-ool Khovalyg

Sygyt is usually based on a mid-range fundamental. It is characterized by a strong, even piercing, harmonic or complex of harmonics above the “fundamental,” and can be used to perform complex and very distinct melodies, with a tone similar to a flute. The ideal sound is called “Chistii Zvuk,” Russian for clear sound. Part of achieving this ideal is learning to filter out unwanted harmonic components. Video Demonstration (also with Xorekteer and Borbangnadyr): Gennadi Tumat

For sygyt, you must increase the tension a bit at the same place as in khoomei. The tongue rises and seals tightly all around the gums, just behind the teeth. A small hole is left on one side or the other, back behind the molars, then you direct the sound between the teeth (which produces sharpening effect) and the cheek towards the front of the mouth. With your lips, form a “bell” as in a clarinet or oboe, but not centered; rather off just a bit to the side of your mouth where you direct the sound from that hole in the back. You change pitch with the same technique as khoomei, as in my ‘Yuh!” technique (see Lesson 1), and the rest of the tongue moves slightly to accommodate this action. The raised tongue serves as a filter to remove more of the lower harmonics, and in sygyt, it is possible to nearly remove the fundamental.

Borbangnadyr is not really a style in quite the same sense as sygyt, kargyraa, or khoomei, but rather a combination of effects applied to one of the other styles. The name comes from the Tuvan word for rolling, and this style features highly acrobatic trills and warbles, reminiscent of birds, babbling brooks, etc. While the name Borbangnadyr is currently most often used to describe a warbling applied to sygyt, Sygyttyng Borbangnadyr, it is also applied to some lower-pitched singing styles, especially in older texts. Video Demonstration: Oleg Kuular

Ezengileer comes from a word meaning “stirrup,” and features rhythmic harmonic oscillations intended to mimic the sound of metal stirrups clinking to the beat of a galloping horse. The most common element is the “horse-rhythm” of the harmonics, produced by a rhythmic opening-and-closing of the velum. The velum is the opening between the pharynx and the nasal sinuses. See the upper illustration, The Pharynx. The velum is not named, but is located just to the right of the soft palate, between the nasopharynx and oropharynx. Or, if you prefer, you will recognize it as the location of Postnasal Drip. Video Demonstration: German Kuular


Some other categories include:

Chilandyk is a mixture of Kargyraa and Sygyt. One usually begins with the Kargyraa voice, and then uses Sygyt technique to add a harmonic melody. If one can sing both Kargyraa and Sygyt then Chilandyk is not too difficult; what is challenging is maintaining the base pitch in tune while singing the Sygyt melody. Whew! Chilandyk is named for the Tuvan word meaning “cricket,” and there is a definite cricket-like quality when sung in a high Kargyraa voice.

Dumchuktaar means to sing through the nose (dumchuk). This may mean exclusively nasal with the mouth shut, or may just mean a voice exhibiting an obvious nasal sound. This is especially common in Ezengileer and some forms of dag (mountain) kargyraa, and some singers always sing this way, regardless of style. Video Demonstration (Dag Kargyraa): Gen-Dos

Nasal singing is common among western overtone singers. It is commonly believed that the directing sound through the nasal sinuses enhances the high harmonics. However, my observations indicate that the increased high harmonic components are not the major melodic frequencies in styles such as sygyt and khoomei, and also that open nasal passages provide a passage for some lower frequencies that might be better filtered out.

To control the amount of nasal sound in your voice you must gain control of the velum, as in ezengileer, above. You can feel the velum open when you sing and then close your mouth. The sound will then exit the nose, via the velum and sinuses. To feel the velum closing, sing a sustained note with your mouth closed. Try to stop the sound without moving your tongue (keep it down in the back of the mouth and don’t jam it back into the upper throat to stop the sound. And don’t pinch-off your nose! If you can stop the sound, you will have isolated the velum. When closing it while sounding, you may feel it push up by the airflow. Once you’ve isolated the velum, work on developing its use. Practice opening and closing it rhythmically, even practicing, say, triplets or dotted eighth notes. Also, experiment with opening it in degrees, not just opened-and-closed.

On the first illustration below, the velum, unmarked, is located between the nasopharynx and oropharynx, just to the right of the soft palate.


Tibetan Chant

The low multiphonic chordal of the Tibetan monk’s chanting style is related to kargyraa, with a low fundamental often in the 80 Hz range. The sound is produced by the combination of the vocal and ventricular folds. The larynx is typically held low in the throat, conducive to low tone due partially due to extendind the air column. The lips are extended and nearly closed, also lengthening the air column and serving as a filter to remove the upper overtones. Other fine details vary among individuals, as well as, to a degree, different monastic traditions. The monks most widely known for their multiphonic chanting, known by various names such as Yang, Dzho-Kay, and others, are the Gyume and Gyuto. I have heard others, too, such as the Drepung Loseling monks and others.

It can be difficult finding reliable information regarding more specific details about the monks’ chanting styles. In fact, in my experience, there is more disinformation regarding this cultural variety than any other. If you hear stories about developing this type of voice, and they sound bizarre, and some do, ignore them and don’t try them. Also, while there are often claims cited by outsiders regarding the need to attain certain high levels of spiritual attainment, the evidence in my experience casts doubts. Of course, I cannot deny the possibility that some such spritual development might lead someone to subsequntly aquire the voice. Tran Quang Hai has an interesting piece on Tibetan Chant. Video Demonstration: Myself, with Drepung-Loseling monks

Other Types of Throat-Singing and Overtone Singing

Throat singing is found in other parts of the world. Some are very similar to Tuvan styles, and others are not. Here are some of them:

Mongolia Besides Tuva, Mongolia is the most active center of throat-singing. Many styles, very related to Tuvan singing. Try Michael Ormiston’s site, with lots of info

Khakassia: Just northwest from Tuva, the art is called Khai (or Xai). There are 2 videos of Khai singers at the khoomei.com video page.

Altai This republic directly west of Tuva is home to Kai singing. Here’s an MP3 by the group, AltKai.

Bashkortostan In this southern Ural Mountain republic, the regional throat-singing is called Uzlyau. I have a recording of uzlyau performer Robert Zigritdinov, which I’ll eventually digitize. He does appear on van Tongeren’s book/CD. The performers sometimes simultaneously play flute and sing, as in Mongolia. This is an unusual tradition, as several researchers mention that performers often don’t know any other performers, or teachers. The means of transmission is therefore quite vague.

Umngqokolo Umqang This Xhosa variant is perfomed by women, and sounds very deep and unique. There is very little documentation available, but I have seen a video by South African Ethnomusicologist David Dargie which if I recall correctly, mentioned shamanic connections. Here’s a MP3

Inuit “throat-singing” is a very different vocal art than the others included here, and is not multiphonic. However, it does sometimes use similar vocal timbres which often include the use of both the vocal and ventricular folds (I believe). And, as in the case of the Tibetan monks, it is not true “singing.” It sometimes involve the unsual technique of vocalizing on alternating inhalation/exhalations. Here is an article with an interview with Inuit throat-singer Evie Mark, and a video sample of Evie and Sarah Beaulne. I’m not sure if this tradition extends to other areas of the Arctic.

From Widipedia: The Ainu of Japan had throat singing, called rekkukara, until 1976 when the last practitioner died. It resembled more the Inuit variety than the Mongolian. If this technique of singing emerged only once and then in the Old World, the move from Siberia to northern Canada must have been over Bering Strait land bridge some 12,000 years ago.

Inuit Throat Singing: When the men are away on a hunting trip, the women left at home entertain themselves with games, which may involve throat singing. Two women face each other usually in a standing position. One singer leads by setting a short rhythmic pattern, which she repeats leaving brief silent intervals between each repetition. The other singer fills in the gap with another rhythmic pattern. Usually thecompetition lasts up to three minutes until one of the singers starts to laugh or is left breathless. At one time the lips of the two women almost touched, so that one singer used the mouth cavity of the other as a resonator, but this isn’t so common today. Often the singing is accompanied by a shuffling in rhythm from one foot to the other. The sounds may be actual words or nonsense syllables or created during exhalation.

New World Terms: The name for throat singing in Canada varies with the geography:

• Northern Quebec – katajjaq
• Baffin Island – pirkusirtuk
• Nunavut – nipaquhiit

The Indians in Alaska have lost the art and those in Greenland evidently never developed it.

Rajasthan, India This is a very interesting example of a unique, peculiar and non-traditional development, as there is no such custom here. The anonymous singer learned to overtone sing by imitating the local double-flutes. MP3

USA – 1920s – The legendary and obscure Arthur Miles was an American cowboy singer who, apparently, also independently developed his own overtone singing style. He also sang in normal voice, yodeled, and played guitar. Almost nothing is know of him or his influences, but the dates of his recordings, believed to be about 1928-29, make him one of the earliest overtone singers ever recorded! Lonely Cowboy Part 1 Lonely Cowboy Part 2 Thanks to John (quaern from the Yahoo group)

You can find more info on some of these in Mark van Tongeren’s Overtone Singing

Videos

This video identifies some parts of the interior larynx.

Ever wonder how videos of the inside of the larynx are made? See this video about fibroscopy, used to make endoscopic videos.


Some Throat-Singing Tips:

• Go easy! When learning you’ll be using your anatomy in new ways. Don’t sing too loud, too long, or too often; use common sense!

• Dry throat? Here’s the cure that I developed: All of us suffer from time to time the effects of dry throat. Whatever the cause, whether dry climate, air conditioning or heat, colds, allergies, medications, or nerves, it can be difficult to remedy. The usual “remedy” is to drink some water. This will help to moisten the mouth, but the water will be directed by the epiglottis away from the larynx and respiratory system. Drinking lots of water may offer some help, due to general rehydration of the body, but often will fail to adequately hydrate the vocal system’s mucus membranes. Here’s a technique I developed to remedy this problem, which for some reason some of my students call “The Human Bong Trick:”

1. Take a good mouthful of water.

2. Extend the lips to a point.

3. Leaving a small hole, face the floor and inhale through the water. The air will bubble through the water, becoming moist, and deliver this moisture to the surface of the interior of the larynx, trachea, and lungs in an effective and non-irritating manner. (Editors note: Try this next time you are on an airplane. It is a great antidote to dry cabin air. Just be careful not to suck water into your lungs.)

4. Do this for a minute or two, and you will feel a great improvement in both comfort and voice!”

I’ll try do produce a video demonstrating this hydrating technique. Stay tuned!

• Musical Tip: Remember that any technique or action that changes any sonic parameter, including pitch, tone, texture, etc., can be manipulated in time to produce rhthyms.

• If you attempt to learn kargyraa too low in your vocal range, you have nowhere to go. You need to start in your low midrange, and when you correctly engage both sets of folds the sound will “drop an octave.”

• If you are having trouble getting the basic kargyraa voice, try singing it with your mouth shut. The velum will open, allowing you to sing through your nose. The smaller outlet produces back-pressure, which helps many folks to get the sound.

• To strengthen the kargyraa sound, and to make it easier to “get fresh” each time, practice alternating the sound like flipping a switch: With the vocal folds engaged producing a sustained tone, repeatedly engage and release the ventricular folds.

• Make sure that your mouth is open at least enough that you can hear what you’re doing in your throat! Also, too much constriction in the larynx or elsewhere will kill the sound. Just enough for a good sound, and no more!

• As in many endeavors, the tendency is to OVERDO. To use too much tension, airflow, volume, intensity. More often than not, the answer is to back off. Use only as much effort as necessary, only where it is needed. Too much pressure can also damage your vascular system; there are many stories of Mongolian singers who used too much pressure and broke blood vessels. Don’t blow a gasket!!!

Avoid hurting your throat. There is a simple equation at work here: Pressure (airflow, powered beneath the diaphragm) meets constriction in the larynx. Too much airflow meeting this constriction will stress the throat. Try this: Close your mouth, and blow hard. Your cheeks will puff out and eventually your lips will give out. Imagine doing this with more delicate, sensitive membranes as in your throat. Don’t do this!

More coming soon…

The Pharynx, Mouth, and Sinuses

.

Rear-View Coronal Section of Larynx

Links – Voice, vocal anatomy, etc.

Structures of the larynx Good site from Mythos Anatomy/Webmed, with interactive anatomy figures.

Singing and Anatomy Two articles on voice production

The Singing Voice: Anatomy More good info on the vocal anatomy. Lots of useful graphics, videos, and links. Don’t miss the section on Castrati, and remember that it may improve sygyt but at the expense of a good, deep kargyraa. Act accordingly.

Lots of cool links about the voice

A Basic Overview of Voice Production by Ronald C. Scherer, Ph.D. Lots off good definitions of vocal terms.

How the Larynx (Voice Box) Works Charles R. Larson, Ph.D. Good article with good graphics.

Google Search: “singing” and “larynx” Can’t get enough, now, can you?

Last Updated 11-21-05

http://www.khoomei.com/types.htm

TRAN QUANG HAI : IL CANTO ARMONICO IN ASIA CENTRALE E IN SUD AFRICA

Standard

IL CANTO ARMONICO IN ASIA CENTRALE E IN SUD AFRICA

tqh

Simposio Annuale di Etnomusicologia / CONFLUENCES CAPE TOWN UNIVERSITY, SOUTH AFRICA 16-19 LUGLIO 1997. By TRAN QUANG HAI (CNRS- Paris-FRANCE)

  • VISIONE GENERALE
  • CINQUE STILI DI CANTO ARMONICO A TUVA
  • CANTO ARMONICO IN TIBET
  • CANTO ARMONICO IN SUD AFRICA: UMNGQOKOLO NGOMQANGI

VISIONE GENERALE

L’area più nota per il canto armonico si trova in Asia Centrale, più precisamente Tuva Occidentale e il Nord-Ovest della Mongolia. Un gran numero di cantanti pratica il canto armonico, una tradizione che ci riporta ai tempi degli affari sulla Via della Seta, in accordo con alcuni riferimenti nelle canzoni Tuvane. C’è una ricca cultura di canto armonico, come dimostra l’esistenza di molti stili diversi, di canti classici regionali con grandi differenze personali e il numero dei cantanti. In Tuva esistono quattro stili di base chiamati: kargyraa, borbannadyr, sygyt, and ezengileer. Borbannadyr, fu chiamato così in alcune regioni, ma in altre regioni è il termine che indica il canto armonico in genere.

Tutt’oggi esiste questa funzione ma xoomej può allo stesso tempo essere il nome per uno stile separato, diverso dal borbannadyr. In aggiunta a questi stili esistono alcuni sotto-stili, come il popolare sygyt medio, kargyraa della steppa e della montagna, e lo “stil Oidupa”. Questo è un sotto-stile di kargyraa chiamato così da quando il cantante l’inventò, esso è considerato come il primo stile urbano. I parametri per questa emic[1] – o classificazione popolare, sembra essere la melodia della fondamentale, la melodia degli armonici e il colore del suono o tutto l’insieme.

I Mongoli non hanno una classificazione tradizionale dei loro stili di canto armonico. Le Badraa e il cantante Tserendavaa tentarono di fare una classificazione delle antiche specialità popolari di canto xoomij della Mongolia. I loro risultati sembrano basati su due criteri: il paese di origine e la parte del corpo che risuona durante l’emissione del canto xoomij. Loro proposero sei stili differenti: uruulyn (labiale) xoomii, tagnain (palatale) xoomii, xamryn (nasale) xoomii, bagalzuuryn (gutturale o di gola) xoomii, tseejiin xondiin or xevliin (della cavità toracica o dello stomaco) xoomii and xarxiraa. La classificazione degli stili è controversa in quanto cantanti diversi hanno opinioni differenti riguardo la sua costituzione e anche circa il fatto che sia o no xoomii.

Va anche menzionato il fatto che gli stili di canto armonico Tuvano Khakassian “xaj” e Mongolo Gorno-Altaian “kaj” accompagnavano in genere canti epici.

Cantanti Tuvani e in misura minore anche Mongoli, viaggiano per il mondo esibendo il loro xoomej, poco si sa riguardo altri stili dell’Asia Centrale.

Un caso speciale è il “uzliau” o “tamak kurai” di Bashkirs, che è nella parte europea della Russia, alcune migliaia di chilometri da Tuva. Questo è il nome per il loro canto armonico, con melodie simili a quelle degli ordinari canti popolari.

I Baskirs sono un popolo Turco che si mosse dall’Asia Centrale o Saiano Altai nel primo millennio. Wainshtein avanzò l’opinione che loro avrebbero potuto portare con se questo particolare stile di canto muovendosi dall’Asia Centrale verso ovest. Se è così, continua a scrivere poi, xoomej esisteva prima della loro migrazione, cioè nella seconda metà del primo millennio.

Il fenomeno vocale Tuvano Khöömei (letteralmente gola) negli ultimi dieci anni ha entusiasmato il pubblico di tutto il mondo: Stati Uniti, Olanda, Canada, Germania, Svezia, Francia, Spagna, Giappone, Australia.

Nel 1969 cominciai la mia ricerca sullo stile xöömij Mongolo che era molto più chiuso dello stile Sygyt Tuvano. Poi scrissi un articolo, riguardo la mia “scoperta di questo stile di canto split-tone”, sul punto di vista acustico in cooperazione con Denis Guillou in un libro pubblicato dalla Japan Foundation nel 1980. Un altro articolo importante scritto con Hugo Zemp riguarda la mia ricerca sperimentale sugli armonici e fu pubblicato a Ginevra nel 1991. Il film the Song of Harmonics, diretto da Hugo Zemp nel 1989 con me come co-autore fu realizzato nel 1989 a Parigi.

Solo nel 1977 ascoltai per la prima volta il canto armonico dei Tuvani dall’LP pubblicato da Melodia GOCT 5289-68 “Pesni i Instrumental Nye Melodii Tuvy ” (canto e melodie strumentali di Tuva) con le note di copertina di G. Tchourov.

Lebedinskij nel 1948 scrive: “È innaturale per una persona cantare due note allo stesso tempo. Il timbro è evidentemente snaturato, per non menzionare le note fondamentali e le armoniche, o overtones, e che è onestamente innaturale la durata di tempo in cui il fiato è sostenuto”.

Nel 1964 Aksenov fu il primo ricercatore russo a scrivere un importante articolo sulla musica popolare di Tuva (una prima versione in inglese fu pubblicata in Asian Music Journal – New York, USA, nel 1973).

Dagli anni della Perestroika e con la ripartizione dell’Unione Sovietica Tuva ha ripristinato la Musica Tradizionale e il Buddismo Tibetano. La “rinascita culturale” è così cominciata. Nel 1992 e nel 1995 furono organizzate gare e competizioni di canto Khöömei in Kyzyl, capitale della Repubblica di Tuva. Dal 19 al 21 giugno 1995 fui nominato Presidente al secondo “International Symposium and Festival of Throat-Singers” (letteralmente: Simposio Internazionale e Festa dei Cantanti di Gola).

I cantanti di Tuva in genere usano le armoniche superiori dalla sesta alla tredicesima. Cantanti rinomati possono arrivare a cantare la diciottesima armonica. Durante la dominazione russa questo tipo di canto non fu incoraggiato dalle autorità sovietiche ma sopravvisse. Nei tempi antichi i cantanti di armonici si specializzavano in un singolo stile o in due stili di riferimento. Oggi è invece comune vedere cantanti che utilizzano più stili abbinati per segmenti. Se un cantante di armonici non è in grado di dominare i cinque stili di base (khoomei, sygyt, borbannadyr, ezengileer, kargyraa ) non è considerato un buon cantante. Ai giovani cantanti piace abbinare il canto di gola con rock, pop, punk e disco music.

Da molti anni avvengono gare e concorsi nazionali di Khoomei a cui partecipano spesso anche più di trenta o quaranta cantanti alla volta.

Vengono scoperti giovani talenti come Schaktar Schulban di 11 anni, che ha imparato ascoltando i cantanti Khoomei alla radio e alla televisione da quando aveva cinque anni. Egli può cantare in stile kargyraa a 70 Hz come fondamentale e passare allo stile sygyt durante lo stesso pezzo e cantare le armoniche superiori fino alla dodicesima, ovvero 2880 Hz (è molto difficile per un cantante adulto raggiungere questa armonica superiore).

Onda Mongun-Ool (di 17 anni) è un virtuoso dello stile sygyt e Bujan Dondak (di 20 anni) è uno specialista dello stile kargyraa.

top

I CINQUE STILI DI OVERTONES A TUVA

Per avere un’idea chiara riguardo i cinque stili di base del canto armonico di Tuva è innanzitutto necessario analizzare i diversi brani in questi due compact discs indicati in questo foglio.

Khoomei è uno stile vocale che permette al cantante di ottenere simultaneamente due suoni diversi e a volte anche tre: una fondamentale grave come un ronzio e l’altro (o altri) una melodia di armonici avente una o due formanti (ies).

In acustica le armoniche sono suoni le cui frequenze corrispondono a multipli interi. Se il cantante intona una fondamentale di 2oo Hz (che viene scritto H1=200Hz) l’armonico n° 2 (che viene scritto H2) dovrà essere di 400 Hz, H3=600Hz, ecc… in questo scritto nomino H2 e H3 quello che si intende per 2° armonico o 3° armonico.

Khoomei è il termine comune per il canto armonico, l’origine di tutti gli stili. Letteralmente significa “Gola, Faringe”. È considerato lo stile più antico da molti cantanti Tuvani. Esso suona come lo stile Sygyt con una fondamentale acuta, ma senza tensione, con armonici morbidi nella bocca. L’uso di ornamenti ritmici accentua il battito del canto. Oggi il canto è spesso veloce e forte. Abbellimenti divengono tremoli come nello stile borbannadyr (dopo Mark Van Tongeren) Sygyt (scritto anche Sigit) è un armonico acuto che suona come un flauto, un fischio, per lo più combinato con un testo. Sygyt significa “fischio”. Il canto in stile sygyt comincia senza armonici. Alla fine della frase la linea melodica termina con un suono fondamentale sostenuto a cui il cantante sovrappone una seconda melodia con armonici. (generalmente H9,H10 e H12, alcune volte H8,H9,H10,H12,H13). I migliori cantanti di Sygyt sono Mongush Mergen, Tumat Kara-ool, Chuldum-ool Andrej. Borbannadyr è prodotto con una fondamentale dal registro basso o baritonale. Il canto è caratterizzato da una pulsazione ritmica asimmetrica e normalmente non è cantato con un testo. Il termine è derivato dal verbo borbanna (rotolare sopra). Il cantante può utilizzare il tremolo di armonici e può creare un effetto trifonico con la fondamentale, il primo livello di armonici a quinte parallele (armonico 3: una ottava + una quinta superiore), e un secondo livello di armonici che muovono in melodia. Questo stile è cantato anche in un registro più alto di quello usato in kargyraa e con una risonanza più nasale. Mikhail Dopchun, Tumat Kara-ool, Anatolii Kuular sono i migliori esponenti di questo stile.

Ezengileer è prodotto da una rapida vibrazione delle labbra cantando su una fondamentale grave. Produce armoniche superiori brillanti e morbide melodie. Entrambi i suoni, quello alto (nasale) e quello basso (di gola) sono importanti. L’alternanza dei due diversi suoni sembra definire lo stile. Esso è caratterizzato da un asimmetrico ritmo pulsante e galoppante che suggerisce l’idea di cavalcare.

Ezengi significa staffare la parte metallica di una briglia. Normalmente canti in stile ezengileer si eseguono quando si cavalca. Oggi lo stile è eseguito raramente ed è considerato piuttosto difficile. Mongush Mergen e Ondar Marzhymal sono i migliori cantanti di questo stile.

Kargyraa è un’armonica molto grave, si canta con fiato lungo e vocali aperte (u, o, ö, a) ed è utilizzato in canti in cui si esegue un testo. Il termine è un omonimo dell’onomatopeico verbo kargyraa che significa “espettorare”. L’altezza della fondamentale varia da 55 Hz a 65 Hz.

Oltre ai cinque stili di base, possiamo trovare altre sub-categorie:

Opei-khoomei è una ninnananna khoomei, simile al ritmo che si usa per cullare un bambino che dorme. A volte è chiamato tönmes khoomei (khoomei senza fine).

Khovu-kargyraa è il kargyraa della steppa praticato quando si va a cavallo nella steppa con il vento che fende giusto nell’angolo della bocca con le labbra arricciate. Il vento amplifica gli armonici. (Questo stile si può ascoltare nel compact disc Tuva – Voices from the Center of Asia – Smithsonian Folkways – CD SF 40017, track 1)

Dag-kargyraa è un kargyraa della montagna, praticato sulle montagne producendo un eco e cantando con esso. Timbro e tempi hanno un ritmo diverso dal khovu-kargyraa.

Chelbig-kargyraa è un kargyraa del ventaglio, si ottiene muovendo continuamente un ventaglio davanti alla bocca. La circolazione dell’aria prodotta dal ventilatore genera differenti effetti di kargyraa.

Sygytting borbannadyr è il canto sygyt nello stile borbannadyr, conosciuto anche come stile Gennadi Tumat perché egli lo ha sviluppato.

Chilandyk è una combinazione dello stile sygyt e kargyraa alternando il registro grave e quello acuto. È chiamato anche chilandyk (il grillo) e produce lo stesso suono.

Dumchuktaar (dal naso) significa khoomei cantato attraverso il naso, si esegue con la bocca quasi completamente o completamente chiusa. Può essere associato ad altri stili con carattere nasale come kargyraa, sygyt, khoomei.

Kangzyp è un tipo di armoniche superiori che si canta per qualcuno che è depresso o triste. Il vocabolo kangzyp è probabilmente derivato dal verbo kangzyyr, che significa “gemere” (come un cane) o figuratamente “importunare”.

Xörekteer (xörek vuol dire petto). Si riferisce a uno stile attuale con il canto di petto della melodia prima delle armoniche o tra le parti con armocici. Viene cantato con le parole. Se è eseguito nel registro più basso viene chiamato xörekteer. Lo canta Gennadi Tumat.

top

CANTO ARMONICO IN TIBET

Anche alcuni monasteri Tibetani sono famosi per i loro suoni armonici, vale a dire quelli di Gyuto e Gyume, dove “Tantras” (scritture Buddiste) vengono intonate in modo che due o più armonici sono udibili. Probabilmente questa tecnica fu introdotta da Tzong-khapa nel XV Secolo a. D. Le parole pronunciate in questi Tantras non possono essere comprese a livello logico, in quanto non sono contenute nel corrente linguaggio Tibetano. È piuttosto un linguaggio simbolico a cui la molteplicità dei vocaboli dona un carattere magico. Questo carattere magico è rinforzato dagli armonici prodotti da questa speciale tecnica. Qui le armoniche superiori possono realmente essere viste come una estensione del linguaggio, in quanto essi vengono emessi solo quando vengono intonati i Tantras e perciò gli armonici vengono associati al significato magico delle parole.

Lo stile utilizzato da questi monaci assomiglia nell’estensione al Tuvano “borbanndyr” anche per quanto riguarda il suono e la posizione della bocca. L’utilizzo e le funzioni del canto presso i Tibetani è così diverso da quello dei Nomadi dell’Asia Centrale, che non si sa a tutt’oggi se abbiano o meno condiviso una tradizione comune.

top

CANTO ARMONICO IN SUD AFRICA: UMNGQOKOLO NGOMQANGI

Il caso dell’Africa Meridionale richiede una attenzione speciale, in quanto esso esiste isolato all’interno del continente africano, allo stesso tempo mostra una evoluzione estremamente alta e rappresenta l’unica cultura di armonici in Africa. Il popolo in questione è Xhosa, vive nella parte a sud-est della Repubblica del Sud Africa dove il musicologo Dave Dargie intraprese una intensa ricerca. Tutto il materiale che riguarda gli Xhosa può essere trovato in questo libro: “Xhosa Music” (1988).

Ascoltando la musica strumentale del Sud Africa e dei Paesi adiacenti il numero e gli strumenti che producono gli armonici è impressionante. C’è Jew’s harp (nome inglese per lo scacciapensieri), che gli Xhosa chiamano “isitolotolo” che usa gli stessi principi del Tuvano “xomus”, ma che viene suonato in maniera più ritmica. Un equivalente del Tuvano “igil” o del Mongolo “morin xuur” può essere trovato in Namibia e Botswana. Vi è un grande numero di altri cordofoni che usano gli armonici come materiale melodico di base, come un gut pluriarc  in Botswana e il sistema friction bow “chizmabi” dallo Zimbawe. Uno strumento più universale è che gli Xhosa parlano in maniera indisciplinata ed enfatica, tenendo un bastone inarcato con la bocca. Le armoniche superiori risuonano cambiando la forma del cavo orale e l’esecutore può allo stesso tempo fischiare. Dall’inizio di questo secolo tale strumento si chiama “ca” (l’arco), ritrovarlo a Tuva è facile.

Oltre alle similitudini nella musica strumentale, Xhosa e Tuvani cantano armonici comuni. Nel 1980 Dave Dargie scoprì questo modo straordinario di cantare delle donne di Xhosa, con una qualità del suono piuttosto simile al Tuvano “kargiraa”. Questo viene chiamato “umngqokolo” (la q rappresenta un suono sbattuto che si ottiene con la lingua) e le armoniche sono prodotte intenzionalmente su una di quattro diverse fondamentali (F,G,D,F). questo stile generalmente non permette di ottenere gli armonici molto chiari ma una donna di Xhosa, Mrs. NoWayyilethi Mbizweni, ha uno stile personale molto chiaro che lei ritiene di aver trovato completamente da sé. Il suo canto, chiamato “umngqokolo ngomqangi”, richiama fortemente al suono del bocca enfatica e indisciplinata. Sebbene lei sostiene di essere stata ispirata da “umqangi” un coleottero. Ragazzi puntano questo coleottero riverso su una spina, tengono l’insetto ronzante di fronte alla bocca e risuonano con il cavo orale le armoniche.

Stando alle conoscenze attuali queste tecniche non sono molto diffuse in Africa. C’è almeno un’altra area nell’Africa Meridionale dove gli armonici vengono utilizzati ma ciò non è ancora stato investigato a sufficienza.

Da ultimo ma non da poco, i cantanti possono spesso eseguire armonici senza sapere che lo fanno. Gli studiosi “etic” o che fanno valutazioni analitiche possono parlare di canto armonico ma i cantanti stessi non sono consapevoli delle caratteristiche del loro modo di cantare. Speriamo che il lavoro sul campo ci permetterà di approfondire la concezione e l’esperienza psicoacustica di questi cantanti.

Trân Quang Hai (National Center for Scientific Research, UMR 9957, Paris, France).

top

————————————————————————

[1] Emic è un termine tratto dalla linguistica. Si contrappone ad Etic. In questo caso di intende un diverso approccio etnologico. Etic valuta con parametri propri un diverso contesto etnico (etic), si potrebbe dire guardando dall’esterno. Emic cerca di valutare conoscendo i parametri propri di quel contesto etnico (emic), si potrebbe dire guardando dall’interno.

EMMANUEL DESLOUIS: ENTRETIEN AVEC TRAN QUANG HAI SUR LE CHANT DIPHONIQUE

Standard

Entretien avec Tran Quang Hai,

ethnomusicologue –
eurasie.net
Commenter

© E. Deslouis

Eurasie : Qui sont les touvas ?

Tran Quang Hai : Ce sont des nomades d’origine turco-mongole qui vivent au centre de l’Asie centrale dans la république de Touva. Un minuscule territoire de 300 000 habitants (200 000 touvas et 100 000 Russes). Leur territoire est « emmuré » entre des montagnes : Sayan au nord et à l’est, l’Altaï au sud et à l’ouest.

Eurasie : Cela les a-t-il préservé des autres peuples ?

Tran Quang Hai : Pas vraiment ! Au IIe siècle av. J.C., les Huns ont foulé leur sol. Au début de l’ère chrétienne, les tribus touva subissaient l’influence politique des Janbiman, puis celle des Gogann. Du VI au VIIe siècle, leur territoire faisait partie d’un kaganat türke, puis ougrien les deux siècles suivants. Du IX au XIIe siècle, Touva fut dominé par un ancien état kirghize. Avant de tomber sous le joug de seigneurs mongols jusqu’au XVIe. Les deux siècles suivants, il fut rattaché aux états Attynkhan et Dzungar. Du XVIII jusqu’au début du XXe siècle, il passa sous la coupe de l’empire chinois des Mandchous…

Eurasie : Enfin !

Tran Quang Hai : Et ce n’est pas fini ! Touva a même été un état indépendant de 1921 à 1944, sous la protection de l’URSS, avant d’être absorbé dans l’Union jusqu’en 1991. Date à laquelle elle est devenue une république russe.

Eurasie : Quelle histoire !

Tran Quang Hai : Comme vous dîtes ! Ce fut un véritable carrefour de cultures, de religions et de peuples. Et pourtant, il en a émergé des éléments culturels uniques, comme le chant de gorge aussi appelé chant diphonique.

Eurasie : Quand a-t-on vu apparaître les premiers chanteurs de gorge à Touva ?

Tran Quang Hai : Les premiers chanteurs connus sont apparus au milieu du XIXe siècle. Mais le développement du chant diphonique ne date que des années 1930. En 1934, des chercheurs russes ont enregistré des disques 78 tours de ce type de chant, ce qui a permis à un musicologue Aksenov de l’étudier en profondeur et de publier en 1964, soit 30 ans plus tard, le premier article scientifique de qualité sur le chant diphonique.

Eurasie : Qu’appelez-vous le chant diphonique ?

Tran Quang Hai : C’est un chant qui se caractérise par l’émission de deux sons simultanément : l’un est appelé le son fondamental ou bourdon, l’autre est appelé le son harmonique. Le premier son est tenu à la même hauteur durant tout le chant, tandis que le second peut varier pour créer une mélodie. Du point de vue du son, on retrouve des similitudes avec une personne qui joue de la guimbarde : avec un son grave constant et une mélodie plus aigue.

Voici le spectre d’un chant diphonique. On distingue clairement le son fondamental et l’harmonique (les deux lignes bleues).

Eurasie : Ce chant crée t-il des harmoniques ?

Tran Quang Hai : Non. En fait, c’est le mariage de toutes les harmoniques qui produit le timbre de notre voix. Mais on n’entend qu’un seul son. Dans le cas du chant diphonique, c’est une technique qui permet de dissocier clairement deux sons. Le fameux fondamental et un groupe de sons harmoniques qu’on appelle le formant.

Eurasie : Est-ce compliqué de produire ce type de sons ?

Tran Quang Hai : Reproduire ces sons n’est pas vraiment difficile. Mais les maîtriser et en faire un chant de qualité nécessite des décennies de travail !

Eurasie : Pourriez-vous nous décrire ces techniques ?

Tran Quang Hai : J’ai découvert plusieurs méthodes. La première consiste à laisser la langue à plat et à ne bouger que la bouche et les lèvres. En prononçant comme collées entre elles les deux voyelles U et I, comme si l’on disait OUI. On parvient à entendre une faible mélodie harmonique.

Eurasie : la seconde méthode permet-elle de produire des harmoniques plus distinctes ?

Tran Quang Hai : Oui. Il faut tout d’abord chanter avec la voix de gorge la syllabe OU. Puis prononcer la lettre L. Dès que la pointe de la langue touche le palais, il faut la conserver dans cette position. Ensuite, il faut prononcer la voyelle U, avec la langue toujours collée au palais. Essayer de nasaliser les sons, c’est à dire les prononcer comme en parlant du nez. Et prononcer les sons U et I de manière liée puis alternée. Grâce à cette méthode, on obtient le bourdon et les harmoniques. En variant la position des lèvres ou de la langue, on arrive à moduler la mélodie.

© tran quang hai

Eurasie : Comment avez-vous réussi à identifier le rôle de la bouche et de la langue dans ce chant ?

Tran Quang Hai : En fait, j’ai joué le cobaye. Je me suis soumis aux rayons X tout en chantant, ce qui a permis d’étudier scientifiquement cette technique. En me lançant en premier dans ce domaine expérimental, j’ai permis de « démocratiser » le chant de gorge.

Eurasie : Cela vous a-t-il rapproché des chanteurs de la Touva ?

Tran Quang Hai : Oui. En 1981-1982, nous avons organisé à Touva des rencontres de chanteurs de Sibérie. Et le premier festival de chant diphonique a été organisé à Touva en 1991. Et suprême honneur, en 1995, j’ai été invité comme président du jury du festival de chant de gorges. C’est une reconnaissance de mon travail de chanteur, de compositeur et de chercheur dans le domaine du chant diphonique.

Eurasie : Le chant diphonique fait-il des émules ?

Tran Quang Hai : Depuis que j’ai été président du jury, il y a eu un déferlement de groupes de Touva. Maintenant, même les femmes sont autorisées à chanter. Les problèmes économiques de ce pays n’y sont pas étrangers, si cela peut leur permettre de s’en sortir économiquement. Il y a 30 ans, il n’y avait qu’une dizaine de chanteurs diphoniques. Aujourd’hui, il y en a des milliers ! Cela explose car il y a de la demande en Occident, on peut remplir des salles avec des groupes Touva.

Eurasie : Ce chant est-il figé ou évolue t-il ?

Tran Quang Hai : Il y a de la compétition donc il évolue. Aujourd’hui les chanteurs ont développé de nouvelles techniques de chant, il y a une véritable émulation. D’ailleurs, de jeunes chanteurs utilisent le chant diphonique dans la musique pop, dans le hip hop, et même certains groupes de hard rock.

Le DVD « Le chant diphonique »

Eurasie : Existe t-il un tel chant dans d’autres parties du monde ?

Tran Quang Hai : Oui. Même si on trouve le plus grand nombre de chanteurs diphoniques autour de la chaîne de l’Altaï dans les populations de Mongols, Touvas, Khakhash, Bachkirs. Ainsi, on en trouve au Rajastan en Inde, chez Xhosas en Afrique du Sud. Ces derniers ont copié le bruit que fait un coléoptère placé devant la bouche. Il y a aussi les moines tibétains des monastères Gyütö et Gyüme. Ils utilisaient une technique particulièrement violente pour se casser les cordes vocales et obtenir cette voix caverneuse qui les caractérise : ils mangeaient de la neige et se faisaient vomir, plusieurs heures par jour. À ce régime, les cordes vocales se gonflaient, s’enflammaient avant d’être cassées à vie.

Eurasie : Comment s’initier à ce domaine de chant ?

Tran Quang Hai : En suivant des cours ou des stages. Je peux aussi vous conseiller de vous inspirer de mon DVD « Le chant diphonique » édité par le CRDP de La Réunion, où je détaille les techniques de chants, et où l’on voit des chanteurs diphoniques du groupe Huun Huur Tu, faire une démonstration de ce chant.

Propos recueillis par Emmanuel Deslouis