JOHANNI CURTET : LE PROJET DÖRVÖN BERKH, MONGOLIE

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Le projet Dörvön Berkh

Dorvon-Berkh

Dörvön Berkh signifie en mongol le coup de jeu dans lequel les quatres faces différentes des osselets tombent en même temps. C’est un coup rare dans le jeu d’osselets (le shagai), qui porte chance et qui présage un bel avenir. Dans un sens figuré c’est aussi un terme qui symbolise l’ascension de quatre personnes ensemble vers un sommet de la réalisation sociale. 4 faces du jeu d’osselets, c’est aussi 4 faces du chant diphonique comme on ne l’a jamais entendu, on les lance ensemble pour le premier coup et si la chance les emporte, on y rejouera, sans doute…

Depuis 2004, Johanni Curtet, doctorant sur le chant diphonique Mongol, et Tsend-Ochirin Otgonbaatar, manageur, parcourent la Mongolie ensemble à la rencontre des chanteurs diphoniques. Ils ont monté avec des amis français en Février 2006 l’association Routes Nomades, qui a pour but de produire des concerts de musique traditionnelle mongole en France et en Europe. Le chant diphonique étant devenu leur passion commune, ils ont décidé pendant l’année 2006-2007, d’organiser en Mongolie à Ulaanbaatar, une rencontre de chanteurs sans précédent. Il existe plusieurs maîtres de xöömij en Mongolie et peu d’entre eux ont un jour partagé la même scène. Ils restent bien souvent concurrents les uns des autres. Après avoir proposé à quatre d’entre eux, qui font partie des plus célèbres du pays, de travailler autour d’une rencontre et d’une création d’un concert de chant diphonique, le projet est lancé. Chaque chanteur a montré un grand intérêt dans ce nouveau concept qui n’a jamais encore été joué en Mongolie. Ce projet a été créé à l’Auditorium de la Gallerie d’Art Moderne d’Oulan Bator les 7 et 8 avril 2007. Il a reçu l’aide financière de l’Alliance Française de Mongolie, l’association Routes Nomades, Global Design, la mairie de Chandman, la région de Xovd et le théâtre dramatique de Xovd.

Dorvon-BerkhNous voulons montrer à un large public ce qu’est l’art du xöömij (chant diphonique mongol), sa magie, ses acrobaties vocales, en réunissant quelques-uns des meilleurs chanteurs de Mongolie, capables d’imaginer un univers entre tradition et modernité. L’auditeur sera plongé dans le monde des harmoniques, des possibilités de la voix humaine et pourra le temps d’un concert, se laisser séduire par l’art xöömij.

Nanjidiin Sengedorj

SengedorjIl est né en 1948, une année de la souris, à Emgen, dans la province de Chandman, région de Xovd en Mongolie. Depuis 1975 il travaille au Théâtre dramatique de la ville de Xovd où il réside et y a exercé toutes les professions : de régisseur, il est passé par le métier de décorateur, celui de comédien, puis chanteur de xöömij pour finir directeur. Sengedorj, après le fameux chanteur Sundui est le deuxième chanteur de xöömij à avoir reçu une décoration du président de Mongolie pour son art.

Dès l’âge de six ans, il a appris le xöömij en imitant ses aïeux et en gardant les bêtes, dans le contexte de la vie nomade des bergers de l’Altaï. Comme Tserendavaa, il fait partie de ceux qui ont considérablement développé le chant diphonique dans les vingt dernières années. Il enseigne le chant diphonique dans son théâtre et dans une école de musique et de danse traditionnelle, ouverte à Xovd depuis deux ans.

Depuis les années 1980, il joue dans le monde entier : France, Allemagne, Grande-Bretagne, USA, Russie, Corée, Japon, Kazakhstan… Il pratique trois types de xöömij : le xarxiraa (xöömij profond), le xamriin xarxiraa (xöömij profond nasalisé), et le shingen xöömij (xöömij au ton clairsemé). Le « xöömij baryton » est le nom qu’il donne à son style personnel. Il s’accompagne du luth tovshuur à tête de cuiller zazal et joue de la flûte tsuur, un instrument spécifique à la région de l’Altaï que peu de musiciens pratiquent actuellement. Il a appris la tsuur auprès de Narantsogt, une référence incontestée en Mongolie.

 Discographie

 Mongolie: Musique et chants de l’Altai  (Orstom-Selaf Ceto 811, 1986, Paris)

Jargalant Altai. Xoomii and other vocal and instrumental music from Mongolia (Pan Records Pan 2050CD, 1996, Pays-Bas)

The spirit of the steppes: Throat-singing from Tuva and beyond(Nascente NSCD 058, 2000, Londres)

Mongol Nutgiin Calxi (MOCN-0102, 2001, Japon)

Tunganar Buyant (MOCN-0202, 2002, Japon)  

Baatariin Odsuren

OdsurenIl est né en 1949 au village d’Aladarxaan dans la région de Zavkhan, en Mongolie. Il réside actuellement à Oulan Bator où il est professeur de xöömij à l’université d’Art et de Culture et à l’université Nationale Mongole. Odsuren a appris le chant diphonique avec Jamtsiin Choyn. Il l’enseigne depuis les années 1988 et reste le seul à le transmettre dans un cadre universitaire.

Son père, qui était moine bouddhiste, lui a enseigné la voix de onzad, cette voix grave qui sert à réciter les prières. Il participe à des concerts internationaux, en soliste ou avec un ensemble: France, USA, Russie, Japon…

Il pratique douze types de xöömij dont certains sont de son invention: le xargia xöömij (xöömij profond), le gilsen xöömij, le tsuurai xöömij(xöömij échoïdal), le yelzsen tsuurai xöömij (xöömij échoïdal trillé), leshuluun tsuurai xöömij (xöömij échoïdal droit), le xamriin tsuurai xöömij(xöömij nasalisé droit), le dorgo xöömij (xöömij « gargarisé »), lexerxeree xöömij, l’isgeree xöömij (xöömij sifflé), le dangildax xöömij(xöömij rythmique monosyllabique), le doshgiraa xöömij (xöömij labial vibré) et le xosmoljin xöömij (xöömij combiné). Il s’accompagne de la vièle ekel, du luth tovshuur et joue des guimbardes xoson xuur (en bambou) et tömör xuur (en métal).

 Filmographie

 Les bardes de Gengis Khan (réal. Nadine Assoune Lewy, La Huit production/Audiovisuel Muzzik, 52mn couleur, 1998, France)

Dashdorjiin Tserendavaa

tserendavaaIl est né en 1955 dans la province de Chandman dans la région de Xovd, en Mongolie. Il réside à Chandman depuis toujours et vit comme éleveur nomade avec un millier de bêtes dans son cheptel (chevaux, chameaux, chèvres, moutons, vaches et yacks confondus). Son apprentissage du chant diphonique s’est fait à l’âge de six ans, dans le cadre pastoral par l’imitation de son entourage. Ses professeurs ont été Olmiibat, Maxanchuluun, Margat, Sundui et Tsedee. Dans sa famille, on est musicien depuis quatres générations. Il a commencé son métier de chanteur professionnel à l’âge de vingt-quatre ans. Depuis les années 1980, il joue dans le monde entier : France, Grande-Bretagne, Portugal, USA, Russie, Japon…

Il pratique sept types de xöömij : l’uruuliin xöömij (xöömij avec battements de lèvres), le tagnai xöömij (xöömij palatal trillé), lebagalzuuriin xöömij (xöömij de gorge), le xamriin xöömij (xöömij nasalisé), le tseejni xondiin xöömij (xöömij de poitrine), le xargia xöömij(xöömij profond), et le xosmoljin xöömij (xöömij combiné) qui est le nom qu’il donne à son style personnel. Tserendavaa s’accompagne du luthtovshuur et de la vièle ekel. Il transmet le xöömij à trois de ses enfants : deux de ses fils, Tsogtgerel (18 ans) et Xasha (10 ans), et une de ses filles, Otgonjargal (16 ans).
Suite

Nerguigiin Ganzorig

GanzorigNé en 1974 à Zuunxaraa dans la région de Selenge, il réside aujourd’hui à Oulan Bator. Ganzorig a appris le xöömij en autodidacte. En écoutant les chanteurs à la radio nationale mongole, il les imitait jusqu’à parvenir au meilleur résultat. Il commença par apprendre la vièle moriin xuur mais développa beaucoup plus la pratique diphonique, car des opportunités pour jouer à l’étranger se présentaient rapidement. Après avoir maîtrisé les styles principaux, lexarxiraa et l’isgeree xöömij, ainsi qui leurs variantes ornementales, il s’est spécialisé dans l’interprétation des chants de louanges magtaal. Très tôt, il se met à composer ses propres chants de louanges, calqués sur le modèle traditionnel mongol.

Son activité dans l’ensemble Altaï-Khangaï depuis 1996 l’a amené régulièrement à jouer dans de nombreux pays : quatre ans de résidence en Allemagne, trois ans en Hollande, et des concerts ponctuels en France, USA, Suisse, Autriche et Maroc. Il s’accompagne du luth tovshuur à tête de cygne et de la vièle à tête de cheval moriin xuur. Ganzorig représente la nouvelle génération de chanteurs diphoniques et reste l’un des meilleurs tant il a su combiner les styles de son pays mais aussi ceux de Touva.

Discographie d’Altai-Khangai

Naariits Bulye, Let’s Dance. Mongolian Khuuryn tatlaga (Pan Records Pan 2061, 1997, Pays Bas) 

Gone with the wind. Songs of mongolian steppes (Window to Europe WTE CD 002, 1998, Pays Bas) 

Melodious Tree (Autoproduction AKA09001, 2000, France) 

Naadam (Autoproduction, 2006, Mongolie)

 http://www.routesnomades.fr/le-projet-dorvon-berkh.html

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