TRAN QUANG HAI (review CD) : Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble

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Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble

Enregistrements (1995) d’Errol Mailbach et Christian Oestreicher, 1996
Trân Quang Hai
p. 345-346
Bibliographical referenceAfrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble.Enregistrements (1995) d’Errol Mailbach et Christian Oestreicher ; texte de présentation bilingue (français-anglais) de David Dargie ; photographies de Laurent Aubert, Isabelle Meister, Hélène Tobler et Blaise Kormann. 1 CD AIMP XLIV, VDE-879, 1996 (66’29’’).

Full text

1En 1984, j’ai été invité par l’Université de Cape Town en Afrique du Sud pour participer à un symposium international sur l’ethnomusicologie. J’y ai rencontré David Dargie pour la première fois. Il m’a fait écouter ses « découvertes » sur l’existence d’un style vocal avec des harmoniques chez les femmes xhosa. C’était un chant appelé umngqokolo ordinaire et un autre chant umngqokolo ngomqangi,interprétés et créés sans doute par NoWayilethi Mbizweni, la seule chanteuse xhosa qui maîtrisait parfaitement ce style vocal si singulier pouvant produire simultanément et distinctement le fondamental et les harmoniques.

  • 1  Voir notamment ses publications: « Some Recent Discoveries and Recordings in Xhosa Music », Papers (…)

2En 1995, le Ngqoko Women’s Ensemble est venu pour la deuxième fois (la première en 1986) en Europe avec un répertoire de chants très riche et de musique de danses très entraînante, et les Archives Internationales de Musique Populaire (AIMP), que dirige Laurent Aubert, ont profité de la présence de cet ensemble à Genève pour enregistrer les artistes xhosa. Le contenu de ce CD reflète merveilleusement la richesse musicale de l’ethnie Xhosa d’Afrique du Sud. Couvrant tous les aspects de la vie musicale du peuple xhosa, l’excellent texte de présentation a été rédigé par David Dargie, seule autorité de la musique des Xhosa depuis une trentaine d’années1.

3Dans ce CD, nous découvrons tout d’abord des chants avec harmoniquesumngqokolo ordinaire et umngqokolo ngomqangi inspirés par l’arc en boucheumrhubhe (plages 1 à 4). C’est une technique vocale singulière imitant l’arc en bouche umrhubhe frotté à l’aide d’une branche verte. Les deux fondamentaux (entre 110 Hz et 120 Hz) séparés d’un ton entier donnent deux séries d’harmoniques (entre harmonique 3 et harmonique 6, ne dépassant pas 1000 Hz). Comme la langue est en position de repos, la chanteuse module le dessin mélodique harmonique à l’aide de la variation de la cavité buccale, d’une façon proche du style kargiraa des Tuvins. L’emploi des syllabes weu, wou et wô détermine la hauteur de l’harmonique. Il paraît que les enfants xhosa s’amusent avec les coléoptères en faisant battre leurs ailes devant la bouche modulée pour faire sortir une mélodie harmonique. Madame Nowayilethi Mbizweni a pu transmettre cette technique vocale umngqokolo à d’autres chanteuses : No Samitingi Ntese, No Thembisile Ndlokoso et NoFirsti Lungisa.

4Dans le village de Ngqoko, les danses umtshotsho (plages 5 à 7) se pratiquent entre garçons et filles au cours des premières fêtes de danse traditionnelles du cycle de la vie. Pour les fêtes de la bière de sorgho les femmes dansent en battant les mains et marquent le rythme avec les pieds au son de l’arc en bouche uhadi (plage 8). Les danses sont à l’honneur dans toutes les festivités : chansons pour la danse des jeunes gens –Intlombe Yabafana – (plages 9 à 11), chants de groupe sur l’accompagnement de l’arc en bouche frotté umrhubhe (plages 13 à 15), chants de divination accompagnés par un tambour igubu et un tambour à friction usidiphu (plages 16 à 18), chants accompagnés par l’arc en boucheuhadi (plages 19 à 22), chants pour la danse umnqungqo pendant les rites initiatiques (plages 23 à 26). Un seul solo de l’arc en bouche frottéumrhubhe (plage 12) nous dévoile toute la richesse harmonique de l’instrument sans la présence des voix.

5Ce disque compact constitue le premier document sonore relatif aux Xhosa publié hors d’Afrique du Sud ; il nous révèle un art vocal, une polyphonie vocale et une polyrythmie d’une qualité exceptionnelle.

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Notes

1  Voir notamment ses publications: « Some Recent Discoveries and Recordings in Xhosa Music », Papers Presented at the Fifth Symposium 1984: 29-35, Grahamstown, International Library of African Music, Afrique du Sud, 1985; et:Xhosa Music: its Techniques and Instruments with a Collection of Songs, 235 pages, (ed.) David Philip Publisher Ltd, Claremont 7700, Afrique du Sud, 1988.

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References

Bibliographical reference

Trân Quang Hai, « Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble », Cahiers d’ethnomusicologie, 9 | 1996, 345-346.

Electronic reference

Trân Quang Hai, « Afrique du Sud : Le chant des femmes Xhosa. The Ngqoko Women’s Ensemble », Cahiers d’ethnomusicologie [Online], 9 | 1996, Online since 05 January 2012, connection on 29 December 2013. URL : http://ethnomusicologie.revues.org/1295

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